CHOGUEL KOKALLA MAIGA SUR LE DECOUPAGE ADMINISTRATIF: « Il ya un véritable risque de voir le Nord du Mali devenir, comme le Soudan du Sud »

Dans une récente interview qu’il a accordée à notre confrère du « Le Sphinx », le co-auteur du livre intitulé « Rébellions au Nord du Mali, des origines à nos jours », Dr Choguel Kokalla Maïga, Président du MPR, et non-moins ancien ministre de l’économie numérique, de l’information et de la communication exprime de nouveau ses inquiétudes sur la crise malienne. Il accuse le Gouvernement actuel d’être complice avec les mouvements armés pour préparer une éventuelle partition de notre pays à travers le nouveau projet de découpage administratif du territoire national.
Dr Choguel a d’abord soutenu que : « pour qui observe bien et avec attention les faits et gestes des autorités, on voit en filigrane qu’elles sont en train de mettre en place, en douceur, par doses homéopathiques, les instruments politiques et administratives pour rendre irréversible le processus qui conduira à l’Autonomisation des régions du nord, avec comme finalité à moyen et long terme la Partition pure et simple du Mali ». Le président du MPR d’ajouter à cet effet qu’: « il ya un véritable risque de voir le Nord du Mali devenir, Dieu nous en préserve, comme le Soudan du Sud ». A en croire Dr Choguel, quand ce jour arrivera les Maliens n’auront que leurs yeux pour pleurer. Il a soutenu que : « ceux qui, aujourd’hui, sont en train de mettre en place ce processus, ne seront plus là pour répondre de leurs actes : certains seront à la retraite politique ou recasés dans des organisations internationales pour services rendus, d’autres seront à la retraite administrative dans leurs champs, ou peut-être ne seront plus de ce monde.
Dire la vérité aux Maliens !
Pour lui, dès à présent, il est impératif que les Maliens exigent des autorités toute la vérité et la transparence dans la gestion du dossier du nord. Le Tigre en chef a ensuite noté que : « si les Maliens doivent faire de leur République, composée de Régions autonomes, une République fédérale ou toutes autres formes d’organisation administrative, on doit le dire ouvertement et clairement au peuple malien et obtenir son accord et ce, à la suite d’un débat démocratique sans tabou, ouvert à toutes les composantes de la Nation. Si c’est la voie pour arriver à une solution définitive à la crise du nord, les Autorités doivent avoir l’honnêteté de le dire aux Maliens et l’assumer courageusement, au lieu de manigancer dans les coulisses de l’Etat ce qu’on ne peut assumer publiquement et décider de l’avenir du Mali et du sort des Maliens à leur insu ». Aux dires de l’ancien porte-parole du Gouvernement, il ne peut y avoir de Maliens de différentes catégories, gérés par des règles différentes, suivant qu’ils soient de Kayes, Sikasso, Koulikoro, Segou, Mopti ou de Gao, Tombouctou ou Kidal.
IBK, un Président trompé ?
Selon Choguel, les Maliens ne doivent plus permettre aux autorités de faire comme en 2016, lorsque, en violation de la loi sur les collectivités votée par les députés le 31 mars et promulguée le 10 mai 2016, deux ministres avec la complicité du Premier ministre, en trompant le Président et à l’insu du Gouvernement, se sont entendus, en catimini, avec les groupes armés, en interprétant de façon abusive l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, pour conclure une entente et dissoudre les Conseils de Régions et Cercles démocratiquement élus dans les Régions du nord, pour les remplacer par les Autorités intérimaires, dont les membres sont désignés arbitrairement et sans aucune légitimité ni la moindre enquête de moralité, sont par endroits des gens qui avaient fait subir en 2012 aux populations du nord et aux militaires maliens toutes sortes d’exactions et de violences, et qui non seulement n’ont pas encore prêté allégeance et fidélité à l’Etat malien mais ne sont ni repentis ni amnistiés ».
Se faisant, Dr Choguel a souligné qu’à son avis, la bonne santé et le bon fonctionnement d’une démocratie se mesurent à trois choses : à savoir le caractère transparent et démocratique des décisions du gouvernement, la loi de la majorité, mais aussi et surtout le respect des droits des minorités. A l’entendre, c’est la seule voie pour ramener la paix définitive au Mali, et non celle suivie par les autorités, qui consiste à prendre, en coulisse et dans une totale opacité, des décisions qui engagent la vie de la nation sous l’influence des lobbies séparatistes, leurs soutiens et relais tapis dans les plus hautes sphères de l’Etat malien qui se trouve du coup littéralement pris en otage, manipulé et trahi de l’intérieur.
L’appel aux politiques et aux groupes armés !
Pour ce faire, le président du MPR a estimé que les acteurs politiques doivent se convaincre que nous avons tous intérêts à préserver le Mali en paix et en sécurité. L’ancien ministre de l’économie numérique, de l’information et de la communication, a affirmé que : « C’est le seul bien que nous avons tous en commun et en partage. Nous devons donc nous parler, nous écouter, nous respecter mutuellement et nous faire des concessions pour préserver notre pays ». Aux frères des Mouvements armés, il a lancé un appel pressant : « ils n e doivent pas se mettre au service d’agendas étrangers. Ce qui est arrivé à ceux d’entre eux qui sont rentrés de Lybie en 2011, après des années passées au service de ce pays, doit leur servir d’exemple. Leur seule et unique patrie, c’est le Mali ». Il a fait comprendre que : « les pays qui les manipulent pour déstabiliser le Mali à des fins inavouables, se débarrasseront d’eux dès qu’ils ne leur seront plus utiles. Leur avenir n’est à l’étranger ni dans un Mali divisé déchiré ou vassalisé ».
Rassemblés par Jean Goïta

La Lettre du Peuple

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