Un tissu de mensonge !

« L’azawad est une réalité dans la région de Taoudénit. Je suis de Kidal. L’azawad ne me concerne pas. Je ne suis pas azawadien. Je suis kidalois. Je suis malien. Tant que c’est une entité géographique comme dans n’importe quelle région du Mali, tant que l’Azawad n’est pas une république, ça ne me gênera pas. Je ne me reconnaîtrai jamais dans une république qui s’appelle Azawad. Je n’ai jamais trahi ce serment…. Disons-nous la vérité. Vous voulez la paix, faisons la paix. Nous voulons tous la paix…. Arrêtons de nous mentir ! Disons la vérité. Vous nous faites perdre du temps. Arrêtons de jouer cette comédie. Nous en avons marre…. Une minorité ne peut pas passer toute sa vie à en imposer à la majorité…. Le Problème est né à Kidal et doit être résolu à Kidal. L’Etat a imposé une minorité à la majorité. N’ayons pas peur de poser de problème. On ne peut pas continuer à mener tout un pays, à peu près 17 millions de maliens, et briser le rêve des enfants de Kidal…. Hier, j’ai entendu quelque chose qui est une insulte pour nous. Vous ne connaissez pas une insulte. L’insulte, c’est quand une mère vous met au monde après neuf mois, elle vous nourrit, elle veille sur vous pendant toute la nuit quand vous êtes malade, elle vous envoie à l’école, elle vous donne à manger. Après vous la traitez de raciste et vous l’abandonnez. Vous avez abandonné le Mali. Vous n’avez pas raison d’abandonner le Mali ». Voilà un extrait de l’intervention d’un jeune kidalois proche du Gatia à la tribune de la conférence d’entente nationale.

Une intervention véridique qui tranche avec le langage traditionnel tenu par les protagonistes de la crise au nord du Mali. Autour de la crise, il n’y a qu’un tissu de mensonge. La communauté internationale dont le slogan est d’aider le peuple malien à relever la tête, se cache derrière un mur de mensonge. Combien de multinationales ont vu leur business fleurir depuis l’éclatement de la crise ? On ne peut pas construire une paix sur la base du mensonge. On ne peut pas non plus acheter la paix avec des mallettes remplies d’argent offerts à une caste d’apatrides. Ayant mesuré le degré de faiblesse, voire de défaillance de l’Etat malien, ceux qui se disent amis du Mali n’hésitent pas à imposer ce qu’ils n’auront jamais accepté de faire chez eux. Ils veulent imposer une solution dont l’échec est patent. Ils soutiennent une bande de petits aventuriers trempés tirant l’essentiel de leurs revenus des activités mafieuses comme le trafic de drogue contre tout un peuple qui aspire à vivre dans un environnement harmonieux et prospère. On masque la réalité en privant de milliers d’enfants de leurs droits élémentaires à la santé et à l’éducation. De Bamako à New York en passant par Paris, Bruxelles, aucune action concrète n’est entreprise pour libérer ces enfants pris en otage par ceux-là qui affirment agir en leur nom.   

Tout le monde parle du Mali mais personne ne s’occupe du Mali. C’est ‘’le chacun pour soi et personne pour le Mali’’. L’appât du gain facile, la satisfaction des ambitions personnelles relèguent en arrière plan la défense des intérêts supérieurs de la nation. Les dignitaires religieux qui sont censés être le dernier rempart, souffrent d’une véritable crise de crédibilité au regard des agissements de certains d’entre eux qui ont fait fi de leur devoir de neutralité pour choisir leur camp. Incapable de mobiliser toutes les composantes autour de cette question cruciale pour le devenir de la nation, l’élite gouvernante verse dans le déni de la réalité en fermant ses yeux et en bouchant les oreilles pour ne rien voir ni entendre.

Un tissu de mensonge ne peut pas bâtir la paix à plus forte raison construire un pays.

Le Challenger

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