L'Iran et la Russie condamnent les frappes américaines en Syrie

Les réactions internationales se succèdent après les frappes américaines, dans la nuit de jeudi à vendredi, contre une base aérienne de l'armée syrienne. L'Iran et la Russie condamnent l'intervention de Washington, tandis que les alliés des Etats-Unis apportent leur soutien total à l'initiative.

Des dizaines de missiles américains ont frappé une base aérienne syrienne dans la nuit de jeudi à vendredi, en réponse à l'attaque chimique attribuée au régime de Bachar el-Assad mardi. Ce revirement spectaculaire opéré par Donald Trump, le président américain, ne manque pas de faire réagir partout dans le monde.

Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé une « agression contre un Etat souverain », estimant que ces frappes américaines causaient un « préjudice considérable » aux relations entre Moscou et Washington. « Mais surtout, estime Poutine, cette action ne nous rapproche pas de l'objectif final de la lutte contre le terrorisme international, mais dresse au contraire de sérieux obstacles pour la constitution d'une coalition internationale pour la lutte contre [le terrorisme]. »

La Russie a ainsi annoncé la suspension de l'accord avec Washington qui visait à empêcher des incidents entre avions des deux pays en Syrie, et a appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après les frappes américaines qui constituent selon Moscou « une menace à la sécurité internationale ».

Même son de cloche du côté de l'Iran, qui « condamne vigoureusement » cette intervention américaine. « Nous condamnons toute action unilatérale et l'attaque [...] contre la base aérienne d'Al-Chaayrate sous prétexte d'une attaque chimique suspecte mardi à Khan Cheikhoun », a déclaré Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Londres et Tel Aviv au diapason

Allié historique des Etats-Unis, Israël a apporté son soutien « total » aux frappes américaines, un « message fort » que devraient entendre l'Iran et la Corée du Nord, selon le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahu, informé à l'avance de l'opération. « Par la parole et par les actes, le président Trump a délivré un message fort et clair : on ne tolèrera pas l'usage et la propagation des armes chimiques », explique un communiqué.

L'Arabie saoudite a elle aussi salué la « décision courageuse » du président Donald Trump dans sa réponse à l'utilisation présumée d'armes chimiques par le régime syrien. La Turquie considère ces frappes comme une bonne chose, a indiqué le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus. Dans un entretien sur la chaîne Fox TV turque, Kurtulmus a affirmé que la communauté internationale devait exprimer sa position face à la « barbarie » du régime syrien.

Côté européen, le gouvernement britannique soutient totalement l’action américaine qu’il estime « être une réponse appropriée à l’attaque barbare lancée par le régime syrien et qui a pour but de dissuader de nouvelles attaques », a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, estime pour sa part qu’il s’agit d’un « avertissement », et une forme de « condamnation » du « régime criminel » de Bachar el-Assad.

Pour François Hollande et Angela Merkel, le président syrien Bachar el-Assad porte « l'entière responsabilité » des frappes américaines. « Son recours continu aux armes chimiques et aux crimes de masse ne peut en effet rester impuni. C’est ce que la France avait demandé à l'été 2013 au lendemain de l’attaque chimique de la Ghouta », affirment-ils.

RFI

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