L’équation Iyad et Kouffa

La Conférence d’Entente Nationale déroulée du 27 mars au 02 avril 2017 au Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba, a proposé dans son rapport général au chapitre des recommandations générales de « négocier avec les belligérants du centre en l’occurrence Ahmadou Koufa et les extrémistes religieux du nord en l’occurrence Iyad Ag Agali tout en préservant le caractère laïc de l’Etat ». Avant, des voix comme celles de Tiébilé Dramé du Parena, Mahmound Dicko du Haut conseil islamique, Mohamed Ag Intallah, l’amenokal de Kidal,  s’étaient levées pour appeler les pouvoirs publics à négocier avec les djihadistes maliens qui constituent un obstacle majeur à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger.

C’est maintenant vers le centre que les attaques se concentrent contre les forces armées de défense et de sécurité du Mali. Ce déplacement du phénomène terroriste ou d’insécurité relève d’un acte volontaire des semeurs de désordre qui veulent délibérément provoquer un repli des Fama et des forces internationales vers ce nouvel épicentre du mal, jusque là, oublié par les radars des grandes puissances. Cela semble être compris par les experts militaires, car depuis quelques semaines, la force française Barkhane, en collaboration avec des unités d’élites de l’armée malienne, multiplie des opérations contre les groupes terroristes au centre du Mali. Le 6 avril dernier, dans la zone d’Hombori, le caporal-chef Julien Barbé du 6ème régiment de génie d’Angers a trouvé la mort dans une attaque contre leur convoi. Deux autres soldats ont été blessés au cours de cette opération. Cette attaque a  été revendiquée dans un communiqué reçu à Alakhbar, un site mauritanien, par le nouveau groupe djihadiste Nusrat Al-Islam Wal Muslimin créé par Iyad Ag Ghali. Quelques jours avant, le même groupe avait revendiqué l’attaque contre un poste de sécurité à Boulkéssi, une localité objet d’attaques régulières de la part des groupes djihadistes.  

Il faut absolument que les autorités maliennes cherchent à s’affranchir de la tutelle internationale pour dégager une voie pouvant conduire le pays vers une paix durable. A l’état actuel des choses, il est difficile de concevoir une paix durable et définitive sans ceux-là qui mènent des attaques de façon permanente. Il est possible de négocier avec Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa. Des mécanismes locaux existent pour convaincre tous ceux qui ont opté pour le djihadisme, d’intégrer les rangs de la République. Cela ne sera pas une première dans l’histoire. La Mauritanie a réussi à emprunter ce chemin qui a conduit à une certaine accalmie. Actuellement, selon le site Mondafrique, « Sanda Ould Bouamama, ancien porte-parole du groupe terroriste malien Ansar-Dine, réside toujours dans ce pays où il bénéficie d’une liberté totale ». L’Algérie, qui a exporté ses problèmes internes, a accordé son pardon aux islamistes dont les mains sont entachées du sang des innocents. Le Nigéria avait tenté, par le biais du Tchad, de prendre langue avec les extrémistes de Boko-Harm.

Le Président de la République peut aller dans le sens des recommandations générales de la conférence d’entente nationale en confiant cette mission de dialogue avec Iyad et Amadou à un comité d’érudits, élargi aux notabilités traditionnels. Ayons le courage de refuser de suivre aveuglement les partenaires occidentaux qui ne sont pas étrangers à l’instrumentalisation de ceux qu’ils qualifient de terroristes pour ouvrir et maintenir des foyers de tension. Pour des raisons stratégiques et d’intérêts occultes.

C.D

Le Challenger

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