Majorité Présidentielle :Les incohérences de Poulo

Le Président de la CODEM, non moins ministre des sports, est embarrassé par la présence de son parti au sein de la majorité présidentielle et surtout dans la perspective du soutien à une éventuelle candidature d’IBK en 2018. La CODEM est-elle à l’abri d’une implosion ? Son Président court-il le risque d’une destitution ? Le parti de la quenouille est en proie à un véritable malaise.  

La CODEM, en ce moment, est de plus en plus ménaçante face au gouvernement malgré son appartenance à la majorité présidentielle. Ce qui donne parfois l’impression que la Codem est dans la majorité malgré elle-même. Tout laisse  penser que les responsables de la Codem ne sont pas satisfaits de leur part dans la distribution des postes au sein de l’équipe gouvernementale. Lors du dernier remaniement, ils s’attendaient  à deux ou trois départements en conformité avec leur poids politique sur l’échiquier national. « Nous ne pouvons pas comprendre que l’Adema, 3ème force politique, a quatre ministres alors que la CODEM qui est la quatrième force s’en sort avec un département. Cela nous pose des problèmes », fustige un cadre de la CODEM.

Au sein du parti de la quenouille, ce n’est pas la grande cohésion. Le Président du parti serait sérieusement menacé par certains ténors considérés comme les bras financiers. Ceux-ci influent énormément sur l’orientation politique de la CODEM au point que certains observateurs concluent que Poulo est un président sans pouvoir réel.   

Le ministre Poulo martèle que son parti joue loyalement sa partition dans la majorité présidentielle. La Codem, a-t-il dit, respectera son contrat de mandature jusqu’à la fin du mandat du Président de la République Ibrahima Boubacar Keita ». Et après ? Sauf qu’il va demander à ses militants d’évaluer leur participation à la majorité présidentielle, d’en tirer tout objectivement les enseignements et de définir l’orientation du parti aux élections présidentielles de 2018.

Cela veut dire que la CODEM n’est pas dans la même logique que certains partis de la majorité qui ont déjà déclaré leur soutien au Président IBK s’il est candidat à sa propre succession en 2018. Il est facile de déceler dans la démarche de l’ancien député du Rassemblement pour le Mali des incohérences notoires. La déclaration qu’il vient de faire est une menace à peine voilée de retrait de la majorité présidentielle. Au-delà, c’est une invite aux militants de la CODEM à prendre leur destin en main en 2018.

Et dire que le même Poulo taclait l’ancien Premier ministre, Moussa Mara, qui avait déclaré sa candidature à l’élection présidentielle de 2018. « Dans la parution du journal Le Combat du 12 mai 2016 n°1318, l’ancien Premier ministre Monsieur Moussa Mara aurait déclaré : "Je suis prêt à me lancer dans la bataille présidentielle de 2018…". Si cette déclaration est vraie, elle ressemble à une véritable fuite en avant de sa part, car les maliens de l’intérieur comme ceux de l’extérieur attendent les conclusions de l’enquête parlementaire déclenchée suite aux événements malheureux de Kidal dont les responsabilités doivent être situées dans la justice et la réconciliation », avait écrit Housseini Amion Guindo sur sa page facebook, le 13 mai 2016. Quelle incohérence !

Modibo L. Fofana

 Le challenger

 

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