Forum de Doha : Le chef de l’État plaide pour la solidarité envers les victimes des crises

Ibrahim Boubacar Keita a soutenu que la situation particulière des réfugiés interpelle la conscience humaine et exige d’accentuer notre attention sur la dignité de l’homme

Le 17è Forum de Doha s’est ouvert hier au Sheraton hôtel de la capitale du Qatar. Véritable opportunité d’échanges, entre dirigeants des pays, notamment chefs d’Etat, ministres, experts, universitaires, hommes politiques et d’affaires et acteurs de la société civile, la rencontre aborde les grandes questions de développement et de stabilité dans le monde. La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’émir du Qatar, Sheihk Tamim Bin Hamad Al Thani, en présence du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, accompagné de son épouse, Mme Keita Aminata Maïga, et du ministre de la Solidarité et de l’Action sociale, Hamadoun Konaté. On notait aussi la présence du président soudanais Oumar el-Béchir et de nombreuses autres personnalités.

Le Forum de Doha qui réunit plus de 470 participants, venus de différents continents, notamment l’Europe, l’Asie, l’Amérique et l’Afrique, s’impose, de plus en plus, dans l’agenda des chefs d’Etat et autres décideurs qui refusent de voir le monde sombrer dans le chaos du fait de la violence et de l’arbitraire des plus puissants. Le thème de cette année : « Développement, stabilité et crise de réfugiés » s’inscrit dans la vision globale de cette rencontre internationale dont l’objectif est de résoudre par le dialogue, la solidarité et les propositions de solutions, les conflits économiques, politiques, voire militaires.

Le Qatar, riche émirat du Golfe, est vraiment en mesure de se faire entendre dans le concert des nations grâce à ses relations privilégiées avec tous les grands pays. Ce rendez-vous d’échanges sur les questions vitales, est inspiré de l’idée que l’humanité doit pouvoir, globalement, s’exprimer dans une vision partagée de la stabilité et de la paix. Les questions de développement économique, de gestion des crises politiques et de réfugiés, les conséquences des conflits, sont les grands thèmes du Forum de Doha.

Au cœur des débats, le paysage politique mondial en mutation, les relations avec l’Iran, les crises politiques et leurs implications sur la stabilité du Moyen Orient et la gestion des réfugiés. En outre, les participants ont échangé sur les relations entre les Etats-Unis, la Russie et l’Union européenne (UE). Les rapports entre ces grands du monde ont une grande influence sur la politique au Moyen Orient et sur l’ensemble de la planète. Aussi, les questions économiques liées à l’avenir des accords internationaux ont-ils alimenté les discussions au cours de ce forum.

L’émir du Qatar a donné le ton des débats lors de son intervention à l’ouverture des travaux. Sheihk Tamim Bin Hamad Al Thani a exprimé la fierté de son pays à accueillir ce forum, devenu une tradition. Pour lui, les notions de développement et de sécurité sont vraiment liées. Il a ensuite réitéré la détermination de son pays à accompagner toutes les initiatives louables, en termes de gestion des crises et d’accompagnement des pays durement affectés par des crises humanitaires. Pour le président soudanais, il y a urgence et nécessité pour le monde de s’intéresser à la sécurité et la stabilité qui représentent de réels gages de développement de l’humanité. Il s’est ensuite étendu sur les graves conséquences des crises avec leur cortège de réfugiés.

Dans son intervention, le président Ibrahim Boubacar Keïta a su mettre de l’intensité et une dose d’émotion pour marquer les esprits. Le chef de l’Etat a exprimé sa gratitude et son encouragement à l’émir de la presqu’île du Golfe persique avant de souligner que l’initiative du Qatar est une expression de la présence de ce pays dans le monde où l’humain reste l’essentiel. Le président Keita a aussi livré son avis sur le thème du forum.

Selon lui, celui-ci traduit, éloquemment, la désolante situation d’un monde dont les turbulences conduisent inexorablement à l’accentuation de la pauvreté et de l’insécurité. Sur les grands défis qui compromettent les avancées de l’humanité, le président Keita a brossé un tableau qui reflète bien la réalité.

« De nombreux défis compromettent le développement et la stabilité de nos pays, notamment la pauvreté, la migration et la crise des réfugiés. La situation particulière de la crise des réfugiés interpelle la conscience humaine et exige un devoir de solidarité. C’est pourquoi nous devrons accentuer notre attention sur la dignité de l’homme. Oui ! Qu’il vienne du Sud ou du Nord, de l’Orient ou de l’Occident, tout homme est homme. Qu’il soit riche ou pauvre, jaune, noir, blanc ou rouge, tout homme est homme. Qu’il ait fui les guerres ou la misère, l’ignorance ou la persécution, tout homme est homme », a développé Ibrahim Boubacar Keita.

Le thème de la migration qui s’invite pratiquement à toutes les grandes rencontres internationales a été aussi abordé par le chef de l’Etat qui a estimé que c’est un défi qui interpelle l’humanité entière. Pour lui, nul ne saurait rester indifférent devant le drame de millions d’hommes, de femmes et d’enfants réfugiés, affamés, pourchassés, reclus dans des zones insalubres, expulsés au gré des politiques et des intérêts. Par ailleurs, le président Keita a exprimé ce qu’il ressent face à la gestion des conséquences de certaines crises ou catastrophes naturelles et rappelé que la solidarité est un devoir de génération. « Chaque homme, partout sur cette planète, a un devoir de solidarité envers tous les autres, surtout envers ceux qui, contraints, fuient l’esclavage, la terreur ou la faim. C’est ainsi que la solidarité internationale aura tout son sens en vue de conforter le bien-être des populations », a souligné le chef de l’Etat.

Le président de République a aussi rappelé les efforts accomplis par notre pays dans la lutte contre le terrorisme et plaidé pour une solidarité internationale mais aussi un accompagnement du Qatar dans cette lutte. Cela est une exigence pour la stabilité de l’humanité parce que le terrorisme demeure toujours une réelle menace pour tous les pays. A ce propos, Ibrahim Boubacar Keita a souligné que le terrorisme constitue une grande menace pour la dignité humaine, la stabilité et la paix mondiale.

La lutte contre ce fléau implique, en plus des sacrifices humains et matériels, des coûts financiers difficiles à supporter par nos Etats pris individuellement, a encore souligné le président Keita. Par ailleurs, il a insisté sur le cas spécifique de notre pays qui consacre ses maigres ressources à la lutte contre le terrorisme. Il a rappelé que le terrorisme est devenu une menace globale contre le développement socio-économique.

« Conscient de la nécessité d’une réponse globale et d’une approche intégrée, le G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et le Tchad) que j’ai l’honneur de présider a décidé de mettre en place une force conjointe pour lutter efficacement contre le terrorisme », a annoncé le chef de l’Etat.

Envoyé spécial
Bréhima DOUMBIA

Source : L’Essor

 

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