Emmanuel Macron attendu au Mali : Que pourra-t-il faire ?

Le nouveau Président de la République française, 8ème de la cinquième République, Emmanuel Macron, est attendu au Mali, ce jeudi ou vendredi, pour y rencontrer la troupe française de l’opération Barkhane, engagée dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Si ce déplacement du Président Macron est symbolique au regard de l’engagement de la France contre le terrorisme, au Mali où la paix se fait encore désirer, deux ans après la signature de l’Accord, les Maliens impatients de recouvrer l’intégrité du territoire national, s’interrogent sur ce qui pourrait changer ? Que peut faire le jeune Emmanuel Macron, qui préside aux destinées de la France à seulement 39 ans ?

Après la visite ‘’rituelle’’ en Allemagne, au lendemain de son investiture, (15 mai), le Président de la République française, élu le 07 mai dernier, Emmanuel Macron, est attendu au Mali, ce jeudi 18 mai, ou le jour suivant, selon les médias français. Il se rendra auprès des troupes françaises de l’opération Barkhane.

Comme son prédécesseur, François Hollande qui s’était rendu auprès des troupes françaises en Afghanistan, Emmanuel Macron avait annoncé dès son élection qu'il effectuerait rapidement une visite auprès des troupes françaises engagées sur une opération extérieure. Ainsi, en respectant cet engagement, le nouveau Président réaffirme la détermination de son pays à poursuivre le combat contre le terrorisme à travers le monde et singulièrement au Sahel.

La force Barkhane qui mobilise 4.000 soldats français sur cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie), a pour mission d'appuyer les forces armées des pays partenaires" dans leur lutte contre les groupes djihadistes et de favoriser une appropriation africaine de la gestion des crises", souligne le communiqué. A rappeler que l’intervention française au Mali depuis son début a fait 19 victimes.

Au-delà, ce premier déplacement d’Emmanuel Macron en terre malienne anime les débats tant les attentes du peuple malien sont énormes au regard de la situation sécuritaire caractérisée par l’absence de l’Etat dans certaines parties du territoire national notamment la région de Kidal, un ‘’territoire’’ interdit à l’administration malienne. Inutile de le rappeler, cette situation existe depuis 2013, juste après la reconquête par la force Serval et l’armée malienne, des régions du nord du pays, tombées en 2012, aux mains des djihadistes, terroristes et autres narcotrafiquants. Kidal a été formellement interdit d’accès à l’armée malienne par les forces françaises. Plus de quatre ans après, la capitale de l’Adrar des Ifoghass reste incontrôlable à l’Etat du Mali.

Le Président François Hollande, précurseur de l’opération qui a sauvé le Mali de l’invasion djihadiste, n’a rien fait pour changer cette situation malgré la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et la volonté maintes fois répétée par le Mali de voir Kidal revenir dans le giron de la République.

Emmanuel Macron, dans une interview accordée à RFI, le 5 avril dernier, s’exprimant sur sa vision de la politique étrangère, notamment africaine, a clairement indiqué qu’il faut sortir de la rémanence de la françafrique pour avoir une autre forme de diplomatie de transformation africaine. « Nous avons un rôle, c’est d’assurer la paix et la sécurité en lien avec les Etats, avec l’Union africaine en partenariat avec les armées africaines. Cela est une initiative française et européenne. Le Mali en est un bon exemple », avait-il dit, avant d’affirmer craindre l’enlisement. « Je crains non seulement l’enlisement, mais aussi le développement dans cet arc électrique qui reprend la route des touaregs en effet de plusieurs mouvements djihadistes. On sait que c’est là et donc les prochaines années nous conduiront à réintervenir au niveau européen ».

Que pourrait changer Emmanuel Macron ? Fera-t-il mieux que M. Hollande dans la résolution de la crise au Mali ? Pour l’écrasante majorité des Maliens, qui se fondent sur la ligne traditionnelle de la politique étrangère de la France (basée sur la défense des intérêts français), la politique de M. Macron sera la continuité de celle de M. Hollande.

Daouda Konaté

 Le challenger

 

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