Lutte contre la malnutrition : Un pas franchi dans le cercle de Kita

Cause de 45% de décès des enfants de moins de 5 ans, 33 communes du cercle de Kita se sont engagées à accorder une attention particulière dans leurs Programmes de développement économique social et culturel (PDSEC) à la lutte contre la malnutrition. Cet engagement a été possible grâce aux plaidoyers de «Action Contre la Faim» qui a réussi à réunir des acteurs et responsables du cercle sur la problématique du financement de la nutrition. C'était le 19 septembre dernier.

Le rôle principal des collectivités locales et des communautés à la base dans la gestion des questions de santé et nutrition est unanimement reconnu et promu aux niveaux national, régional et local notamment dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action national multisectoriel de nutrition (PAMN) 2014-2018.

Des élus communaux, des préfets, des sous-préfets, des responsables de comités de gestions des ASACO, des représentants du personnel sanitaire, des notabilités du cercle de Kati ont pris part à la rencontre initiée par « Action contre la Faim » dont l’objectif a été d’orienter les acteurs locaux sur la problématique de la malnutrition des enfants et ses implications sur le développement local. Elle visait également à identifier les opportunités économiques et budgétaires au niveau communal ou local pouvant favoriser la prise en charge des questions relatives à la malnutrition des enfants à Kita.

A l’issue de la rencontre de plaidoyer, 33 communes du cercle de Kita, à travers leurs élus communaux, ont signé un document d’engagement de prise en charge des questions de la nutrition dans leur PDSEC à partir de 2018. Ces communes ayant apposé leur signature sur le document sont, entre autres, celles de Badia, de Kita Nord, de Djougoun, de Bendougouba, de Kourouninkoto, de Madina, de Dindanko, de Senko, de Gadougou I, de Sirakoro, de Kita Ouest, de Séféto Nord, de Djidian, de Kokofata, de Kassaro, de Gadougou II, de Tambaga, de Bougaribaya, de Kobiri, de Guémoucouraba, de Boudofo, de Kita Urbaine, de Kotouba, de Saboula, de Sébékoro, de Souransan Tomoto, de Koulou, de Séféto Ouest, de Niantanso, de Toukoto, de Benkady-Founia, de Namala Guimbala et enfin de Makono.

Dans ce document, assumant leur responsabilité dans la gestion des questions de sécurité nutritionnelle dans leurs communes respectives, elles se sont engagées de continuer à explorer et à saisir toutes les opportunités de financement dans leurs budgets communaux (recettes, appuis externes) pour la prise en charge des questions liées à la sécurité nutritionnelle. En outre, ont-elles promis d’intégrer dans leurs PDSEC, à partir de l’année prochaine, une ligne de dépense en faveur de la sécurité nutritionnelle et alimentaire. Toutefois, elles sollicitent au partenaire « Action Contre la Faim » leur implication dans toutes les initiatives visant à faire la promotion (accès et la gestion) de la nutrition, de la sécurité alimentaire, de l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans leurs communes respectives.

Kassim KOROMA, chef de base de « Action Contre la Faim », s’est réjoui de cette décision des 33 communes du cercle de Kati qui est le fruit d’un long processus de plaidoyer bien articulé. Aussi, est-elle une avancée pour notre pays dans la prise en charge de la nutrition par les collectivités et les communautés à la base. Il pense également que le pays ne peut pas réduire significativement le taux de la malnutrition jugé très élevé sans la participation et la contribution des collectivités et communes à la base. Ainsi, la malnutrition est un fléau contre lequel il faut des approches de lutte au niveau local, a-t-il soutenu.

Selon les dernières enquêtes nutritionnelles SMART 2016, au Mali, la malnutrition est l'une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Selon ces enquêtes, 26,2% des enfants ont été touchés par une malnutrition chronique. Ce taux est supérieur au seuil de précarité défini par l’OMS (20%). Action Contre la Faim à travers son intervention à Kayes, Kita et Gao a appuyé la prise en charge d’environ 11 218 enfants malnutris de janvier à juillet 2017.

S Bah

Source : Mali24

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