8 mars : Le folklore, encore ?

Le Mali célèbre demain vendredi, à l’instar des autres pays du monde, le 8 mars, Journée internationale de la femme. Une journée instituée en hommage aux combats menés par les travailleuses des usines textiles de Chicago, aux Etats-Unis d’Amérique pour réclamer leurs droits. Le thème national retenu cette année est : « L’autonomisation des femmes et des filles à travers l’engagement de tous contre les violences basées sur le genre ».

Au Mali comme ailleurs, la célébration du 8 mars est l’occasion pour les femmes de mesurer le chemin dans le respect de leurs droits. Elle est aussi une tribune pour dénoncer les abus dont le sexe féminin est victime. Enfin, elle est une tribune idoine pour interpeller les décideurs mondiaux afin qu’ils accordent une attention toute particulière aux conditions des femmes.

Reste que sous nos cieux, les actions folkloriques ont pris le pas sur le concret dans la commémoration du 8 mars. Le combat pour l’amélioration des conditions de vie de la gent féminine est devenu un marchepied, un escalier pour des femmes qui n’ont que faire des préoccupations de leurs sœurs vivant dans une pauvreté totale. La situation qui prévaut au niveau de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO) depuis plus d’un an en est la parfaite illustration.

Les associations et mouvements qui prétendent défendre les femmes brillent par leur silence sur les préoccupations importantes de l’heure qui devraient pourtant les interpeler au premier chef en leur qualité de mères. Comme la grève des syndicats de l’éducation ! Ou, encore, la situation des déplacés du centre !

En effet depuis le début de cette maudite grève, qui n’a de cesse d’hypothéquer l’avenir des milliers d’enfants, nul n’a entendu les associations et mouvements féminins donner de la voix. Ne serait-ce que pour dénoncer ou condamner. A fortiori lancer l’appel à la mobilisation pour sortir massivement, et interpeler énergiquement les responsables de cette situation, comme elles le devraient ! Parce que la cause des enfants en vaut la peine !

Si à  Sikasso et Kayes les femmes ont manifesté leur ras-le-bol à travers une marche, à Bamako, les défenseuses autoproclamées des femmes n’osent rien entreprendre. Les autorités et les syndicats des enseignants de l’éducation peuvent continuer à se foutre de l’avenir des enfants que cela ne leur ferait ni chaud ni froid. Indifférence a priori incompréhensible de la part de femmes qui se disent ‘’leaders’’ face à une question aussi importante ! Ou alors, faut-il donner raison à ceux qui soutiennent mordicus que les princes du jour et leurs complices passives n’en ont cure, puisque papou et bijou étudient déjà hors du pays ! Dans des écoles de référence !

La même indifférence est affichée vis-à-vis des déplacés du centre qui ont pris leur quartier général à la périphérie de Bamako dans des conditions infrahumaines. Ces personnes ayant fui les affrontements intercommunautaires avec leurs  progénitures n’ont reçu la visite d’aucune responsable d’association ou mouvement de défense des droits de la femme, à plus forte raison celle du ministre en charge de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille. Les souffrances de ces femmes déplacées comme d’autres personnes subissant les affres au centre du pays sont loin d’être dans l’agenda des porteuses de gros foulards plutôt habituées des salles climatisées de Bamako.       

La célébration du 8 mars occulte le sort des femmes qui parcourent des kilomètres à la recherche d’eau potable. Elle ne prend pas en compte les souffrances de celles qui sont transportées par charrette, vélo ou moto pour joindre les centres de santé afin de donner la vie.

Il est temps que nos chères ‘’E.T.’’ (Extraterrestres) redescendent de leur planète Mars. Qu’elles Arrêtent d’aller remplir les salles rien que pour des discours creux sur fond de folklores !

C.D
Source: Le Challenger

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