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8ème conférence nationale du parti URD : Restaurer l’espoir !

Les assisses  de la 8ème conférence nationale du parti URD ont débuté ce Samedi 18 novembre à Bamako  pour une durée  de deux jours. La cérémonie d’ouverture officielle des travaux de cette 8ème conférence  a enregistré la présence de plusieurs personnalités politiques. Occasion pour le président du parti  URD, l’honorable Soumaïla Cissé, de se prononcer sur  la situation  qu’il juge ‘‘ chaotique’’ du pays. 

L’un des moments forts de la cérémonie d’ouverture de ces assises a été  la projection d’une vidéo plusieurs minutes retraçant l’ensemble  du bilan de quatre ans de l’actuel régime.  Dans cette projection, l’URD dresse un tableau très sombre caractérisé par la crise sécuritaire, la situation sociale délibérante  et les différents scandales  financiers à répétition.

Selon l’honorable Soumaïla Cissé, c’est pour certainement discuter de cette situation  que se tiennent les assisses de cette conférence. « Nos présentes assises constituent une étape décisive dans la marche de notre parti. Y participent, cette année, en plus des délégués statutaires, les élus venus de toutes les communes du Mali. Nous les avons invités, pour un dialogue large et direct avec la direction du parti sur des sujets d'actualité qui seront débattus ces deux  jours durant en vue de restaurer l’espoir », a déclaré l’honorable Cissé

C’est autour de ce thème que se tient la 8ème conférence nationale de l’URD. A bien entendre l’honorable Soumaila Cissé, il s’agit désormais de restaurer  l’espoir  qu’a su récréer la jeunesse malienne ‘‘au moment où le pessimisme gagnait les cœurs et imposait le découragement à bon nombre de nos concitoyens’’ : « L'ESPOIR, nous vient de ce formidable mouvement social qui a regroupé des millions de Maliens de l'intérieur comme de la Diaspora. Mouvement qui a su dire NON au moment où la dérive totalitaire menaçait notre pays par la tentative de lui imposer un projet de constitution qui tendait à saper les fondements de notre démocratie », a dit l’élu de Nianfunké parlant bien entendu de la plateforme  ‘‘ANTE ABANA’’ qui a su dire non au processus de révision constitutionnelle.

Les jeunes du Mali, poursuit-il, se sont dressés comme un seul homme pour défendre la patrie en danger. Ils nous ont dit : "TROP C'EST TROP" ! Ils ont clamé haut et fort : " ÇA SUFFIT " et se sont regroupés en une force irrésistiblement victorieuse : ANTE ABANA. « Je vous salue Jeunes du Mali ! Je vous salue pour votre courage, votre détermination et votre civisme. Cette victoire est la vôtre », a lancé l’honorable Cissé.

A en croire à Soumaïla Cissé, au Mali la vraie question reste à savoir comment regrouper les hommes et les femmes porteurs d'une meilleure vision pour notre pays afin de lui assurer une gouvernance plus crédible ?

« A l’URD nous avons compris. Nous partageons vos inquiétudes et restons attentifs à vos interpellations! », a-t-il dit.

Face à la situation de la Libye, L’URD condamne et appelle le gouvernement malien à diligenter des actions…

« Nous apprenons avec une profonde indignation le trafic en Libye de migrants originaires d'Afrique subsaharienne parmi lesquels des Maliens », a dit l’honorable Soumaïla Cissé  sous cette tribune avant de poursuivre sur la même question : « Nous condamnons avec la dernière énergie ce trafic d'êtres humains et exhortons le gouvernement du Mali en relation avec l'Union Africaine et l'Organisation des Nations unies à diligenter les actions idoines pour mettre fin immédiatement à cette pratique d'un autre âge », a-t-il dit  tout en taclant de passage que les gouvernants actuels qui, dit-il,  ne  se sont pas encore prononcés sur la question qui enflamme actuellement la toile.

Djibi Samaké

mali24

 

 

Triste bilan au Mali: 10 717 enfants tués par la pneumonie en 2015

Sur les 920 000 enfants morts à la suite de la pneumonie courant l’année  2015 dans le monde, 10 717 appartiennent au Mali où  la survie de 2 110 autres enfants est menacée d’ici 2030 si rien n’est fait.  L’ONG ‘‘Save The children’’  a de nouveau tiré  sonnette d’alerte à Bamako, ce vendredi 17 novembre, lors de la cérémonie de présentation aux autorités maliennes le rapport  qui a donné ces chiffres.

 

Ledit rapport intitulé ‘‘A bout de souffle’’ est un  produit de l’ONG ‘‘Save The children’’. Le document a  été officiellement rendu public sur le plan international le 2  novembre dernier.  Au Mali, le point focal de l’ONG a souhaité coupler la cérémonie de présentation du rapport  à celle de la célébration de la prématurité. L’évènement a été présidé par Salif Samake,  le secrétaire du ministère de la santé et de l’hygiène publique, en présence de M. N’Dabumenye Protais, représentant de la directeur de ‘‘Save The children’’ et des représentants des  partenaires techniques et financiers dont l’USAID.

 

Le rapport ‘‘A bout de souffle’’ présenté par Saleck Ould Dah trace un tableau noir pour la petite enfance à travers  le monde, soit 920 000 enfants de moins de 5 ans  tués dans le monde par la pneumonie en 2015, soit deux décès chaque minute. Le même document craint 735 000 autres décès pour cause de la même maladie dans le monde  d’ici 2030 si rien n’est entrepris par les gouvernants.

 

Sur les 735 000 décès annoncés et liés à la  pneumonie d’ici 2030 sur le plan mondial, 2 110 appartiennent au Mali. Raison pour laquelle, les responsables de ‘‘Save The children’’, lors de la présentation du rapport n’ont pas raté l’occasion pour formuler des recommandations à des autorités du Mali en vue de palier à ce drame.

Au nombre de ces recommandations, ‘‘Save The children’’  a surtout exhorté  le gouvernement du Mali à  accélérer le processus d’opérationnalisation de la couverture maladie universelle en vue de couvrir ‘‘les plus vulnérables’’ ‘et bénéficier ‘‘des ressources nécessaires pour fournir un ensemble de services adéquat’’. ‘‘Save The children’’  recommande également à l’Etat malien  de renforcer  l’achat et l’approvisionnent de produits salvateurs tels que les antibiotiques et l’oxygène au niveau  communautaire et des établissements sanitaires.

En réponse à ces recommandations, le représentant du ministère de la santé et de l’hygiène publique, Dr Salif  Samaké, a indiqué qu’une reforme  en cours dans le secteur  de la santé, va très bientôt donner satisfaction à toutes ces préoccupations. Cette reforme, a-t-il dit, va surtout  permettre  de mettre en place une  prestation de services de qualité auprès des agents de santé communautaires.

Djibi Samaké

Mali24

 

Election communale et régionale du 17 décembre 2017 : L’UE promet son appui mais insiste sur la transparence du scrutin

Après avoir rencontré la classe politique (Majorité- Opposition) le mercredi 15 novembre dernier, le ministre de l’administration territoriale, Tiéman Hubert Coulibaly rencontrait hier jeudi 16 novembre 2017 à son département, les partenaires techniques et financiers (PTF). L’objectif de cette rencontre était de partager avec les partenaires les informations sur le processus électoral en cours au Mali. Le ministre a sollicité l’accompagnement des partenaires. Ces derniers à l’image du chef de la délégation de l’Union Européenne (UE) au Mali, Alain Holleville et de l’ambassadeur de France au Mali, Evelyne Decorps, ont insisté sur la transparence et la crédibilité des élections.

Hier matin, le ministre de l’administration territoriale, Tiéman Hubert Coulibaly recevait à son département les diplomates de l’Union Européenne au Mali pour les « briefer » du processus électoral en cours au Mali. Parmi ces diplomates, on notait la présence du chef de la délégation de l’Union Européenne au Mali, Alain Holleville, l’ambassadeur de France au Mali, Evelyne Decorps, l’Ambassadeur d’Allemagne au Mali et bien d’autres. Après un huis clos de deux heures du temps, les parties ont exprimé leur sentiment à la presse.

Selon le chef de la délégation de l’Union Européenne au Mali, Alain Holleville, le sens de cet échange était de s’informer et de transmettre un certains nombres de préoccupations. « L’UE est partenaire du Mali dans quasiment tous les domaines. Le processus électoral qui est devant le Mali sera en quelque sorte le cadre où doit s’installer la vie publique. Pour les partenaires que nous sommes, il était extrêmement important pour nous d’avoir la meilleure compréhension possible de la manière dont le cycle électoral se prépare et s’organise. Cette rencontre est normale et exceptionnelle dans la mesure où nous sommes en dialogue constant avec les autorités maliennes. A travers ces échanges, nous voulons recueillir un certain nombre d’information factuelle sur les conditions de préparation du processus électoral et exprimé à cette occasion par rapport à ce processus de souveraineté qui concerne l’Etat du Mali et les maliens eux-mêmes dans lequel nous n’avons pas à interférer, mais aussi exprimé à un certain nombre de nos attentes comme le souhaite tous les maliens, ces élections soient crédibles, transparentes, qu’elle contribue à la stabilité du pays et de la sous région qui sont exposés à de très nombreuses menaces de toutes sortes en particulier dans le domaine de l’insécurité », a déclaré Alain Holleville.

Selon lui, ce cycle électoral en cours au Mali permet de contribuer à renforcer la confiance. « Par nature, nous sommes les partenaires, nous accompagnons un processus. Il y a différente manière d’accompagner. Il y a un accompagnement politique qui consiste pour nous de parler à tout le monde et à dire la même chose, les acteurs politiques, la société civile, les mouvements qui sont des parties prenantes à l’accord. Le processus électoral est déjà lui-même complexe, la mise en œuvre de l’accord pour la réconciliation qui comporte une dimension électorale. Il peut y avoir de la part de certains d’entre nous un appui matériel, il peut y avoir une présence à travers une observation électorale si le pays en fait la demande », a-t-il dit. En outre, il a signalé qu’il y aura l’évaluation du processus électoral.

Pour sa part, le ministre Tiéman Hubert Coulibaly a précisé que l’échange a porté sur l’agenda électoral 2017 et 2018. « Nous avons fait le point de la préparation politique, logistique et évoqué les nécessités sécuritaires à ce processus. Le dialogue politique régulier est un outil de gestion efficace de la coopération. Les partenaires ont été rassurés de la solidité du processus. Je pense que nos amis sont repartis avec la certitude que le gouvernement tient bien ses affaires et que tout ce qui va suivre les jours, les semaines, les mois sera de nature à renforcer l’inclusivité du processus en général et renforcer la démarche qui consiste à mettre en œuvre l’accord pour la paix et la réconciliation », a souligné le ministre. Il a souhaité à ce que les partenaires tiennent leurs engagements. Aux dires du ministre, depuis que la crise a éclaté au Mali, un certain nombre de partenaires ont été constant dans leur appui.

Par ailleurs, le ministre Tièman Hubert Coulibaly a déploré le fait que les nouveaux majeurs ont peu d’engouement pour se faire enrôler dans le fichier électoral biométrique. Selon lui, moins de 5% des jeunes majeurs ont seulement répondu à l’appel. A cet effet, le ministre les a invités à se faire enrôler d’ici la fin de l’opération prévue au 30 novembre prochain.

Aguibou Sogodogo

Source: Le Républicain

Corruption: les vérités de Zahaby

Invité à témoigner, lors de l’atelier de dissémination des résultats de quatre études de cas conduites dans le cadre de l’initiative ‘’Engagement collectif pour renforcer la responsabilisation et la transparence dans les situations d’urgence, Zahaby Oul Sidi Mohamed, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de la Réconciliation et actuel président de la Commission DDR, a jugé le thème important.

Pour cet ancien fonctionnaire des Nations Unies, beaucoup de problèmes en Afrique, en général, et dans notre pays, en particulier, sont liés à la corruption, à la mauvaise gouvernance. C’est pourquoi, estime-t-il, le thème ne s’adresse pas uniquement aux dirigeants, mais à tout le monde.

En singularisant la question, l’ancien ministre assène que la crise au Nord découle de la mauvaise gouvernance.

« Elle n’est ni ethnique ni raciale », a-t-il martelé. Ce, d’autant plus que le Mali a toujours été un pays de diversité où les gens s’acceptent. Il en veut pour preuve, ce rappel du Président IBK qui dit que chaque sédentaire a son nomade dans une complémentarité économique.
Une autre preuve pour lui, c’est l’intervention de l’Association ‘’Ginna Dogon’’ qui a réussi à mettre autour de la même table les mouvements armés qui ne se parlaient pas. Ce, dans le cadre du ‘’Sinnakunya’’ qui est caractéristique de notre société et qui permet de désamorcer les situations les plus conflictuelles.

Sur sa lancée, le ministre Zahaby affirme que l’État a pourtant beaucoup investi, mais qu’il n’y a pas eu de trace de ses efforts, « parce que l’argent a été mal géré, malheureusement par des gens du Nord ». Et pourtant, c’est l’État qui est mis en cause, a-t-il relevé le paradoxe.

Poursuivant son argumentation, Zahaby Ould Sidi Mohamed a rappelé qu’à la fin de la rébellion des années 90, l’État a mis en place plusieurs programmes en faveur des régions du Nord et dans lesquels il a injecté d’importantes sommes. En l’absence d’impact, a-t-il soutenu, les gens sont partis en Libye et sont revenus avec des armes.

C’est au regard de cette mauvaise expérience, a assuré le conférencier, que le programme du DDR a fait de la bonne gouvernance son cheval de bataille. « Pas de projet fictif, aucun passe-droit ne passera », a promis le président de la Commission DDR qui fait savoir que le système est fait sur la base de la traçabilité et peut être audité à tout moment. Par exemple, a-t-il signalé, aucun combattant ne peut se faire enregistrer deux fois, en raison des données biométriques qui sont en place.

Aussi, aucun combattant qui ne présenterait pas d’arme ne sera enregistré.

Sur le plan financier, le président Zahaby a fait savoir qu’aucun chef de Bureau n’aura à manipuler l’argent. Les ex-combattants porteurs de projets devant ouvrir des comptes individuels dans lesquels seront versés leurs sous.

En définitive, pour l’invité de l’atelier, la corruption est un problème de société qui nécessite l’implication de tout le monde, pas seulement l’État, pour le combattre.

Cela, pour sortir des velléités du sous-développement. C’est pourquoi il a félicité le ministre SALL et ses partenaires pour l’initiative d’un tel atelier qui est de la plus haute importance.

M. Zahaby ne s’est pour autant pas départi de son habituel pragmatisme. Il soutient, en effet, qu’il serait illusoire de vouloir combattre la corruption si les gens ne sont pas bien payés.

« Les hommes ne sont pas des anges », a-t-il indiqué pour justifier le lien intrinsèque entre un bon traitement et une bonne conduite.

En parallèle de cette observation, l’ancien ministre a salué les immenses efforts fournis par le Gouvernement pour améliorer les conditions de ses agents, à travers la relecture des grilles salariales, et même la révision à la hausse des frais de mission qui permettent désormais de bien se prendre en charge.

Par Bertin DAKOUO

Source: Info-Matin

Insécurité au centre du Mali : De forts soupçons de collusion entre des élus et cadres de la région de Mopti et le Front de Libération du Macina d’Amadou Kouffa

Le tristement  célèbre Amadou kouffa est aujourd’hui le maitre incontesté du centre du Mali. La présence de ses commandos est signalée de part et d’autres  dans  les localités de la région de Mopti.

Ils sont certaines  sources, faciles à reconnaitre, habillés pour la plupart en boubous talibans, chéchia arabe, armes de guerre en bandoulière, barbes soigneusement laissées et en motos « Sanili » pour les rondes. Ils connaissent bien les contrées, nous explique un interlocuteur. Ce fait n’est plus nouveau dans le centre du Mali.  Mais une information de sources sures fait état d’une réelle connexion entre certains élus (maires et députés)  de la région, des responsables des partis politiques  et le mouvement de libération de Macina.   Pour cause, selon notre interlocuteur bien introduit dans la sphère de l’Etat explique qu’un député, élu dans la région de Mopti,dans la première décade du mois d’Octobre, aurait été  prise en flagrant délit, c’est-à-dire en détention illégale d’armes de guerre à destination d’un groupe qu’il entretiendrait dans ce même centre.   Aussitôt arrêté par les forces de contrôle  de la région de Mopti, les appels au haut niveau fussent de partout instruisant aux forces de l’ordre de le laisser partir tout en lui retirant les armes. L’appel qui lui laisse perplexe explique notre interlocuteur, c’est celui d’un haut cadre, président d’un parti politique, membre de la majorité présidentielle et  proche des oreilles présidentielles, qui sans management a instruit voire menacé les autorités sur place de le laisser partir.

Selon nos sources, ces élus qui seraient en collusion avec le mouvement d’amadou kouffa instruisent à leurs protégés de se préparer à toutes  éventualités. Pour ce faire, toutes les personnes ou localités qui les dénonceraient sont sévèrement punis.

Une autre source locale, vivant les réalités de très près, affirme que les  forces armées du mali basées dans une des localités de ce bastion aurait arrêté un présumé djihadiste qui soutient avoir reçu des armes de la part de certains élus de la région, comme nous l’avions dit plus haut.

La lutte contre le terrorisme ne peut être gagnée dans la différence ou dans le tri sur volet des coupables. L’Etat, doit à ce niveau revoir sa copie s’il veut efficacement lutter contre le fléau. En tout, s’il en prend garde, cela pose le germe d’un conflit inter ethnique. Nous reviendrons en détails sur cette information dans nos prochaines éditions.

Benjamin SANGALA

Source : L’Espérance

Niono : Enlèvement du président du tribunal de Niono par des hommes armés

Le président du tribunal de Niono, M. Soungalo Koné a été enlevé, le jeudi 16 novembre 2017, chez lui au quartier B5 à Niono, vers 20h 30, par des hommes armés à bord Toyota de couleur blanche. Les bandits qui ont enlevé le juge sans tiré aucun coup de feu sont repartis sans encombre vers N’débougou.

Autre acte des terroristes visant les représentants de l’appareil judiciaire, c’est l’enlèvement, le même jour, du véhicule du président du tribunal de grande instance de Gao par trois hommes armés, au quartier château de la ville.

mali24

Mali : les teinturiers du Bazin se révoltent contre l’inondation du marché par la contrefaçon chinoise

C’est le cri de cœur d’une centaine des femmes et d’hommes teinturiers du Mali qui dénoncent vigoureusement la contrefaçon chinoise du bazin sur le marché qui tue leur affaire.

Lors de la mise en place du bureau communal des teintureries et sérigraphe, le président national de l’association, Adama Sissoko, a saisi l’occasion pour dénoncer une concurrence déloyale du bazin chinois. C’était le samedi 11 novembre 2017 sur le terrain de Daoudabougou en présence du représentant du maire de la commune V, les chefs coutumiers et traditionnels.

« Aujourd’hui, le marché malien est inondé des bazins chinois teintés. Ce modèle de Bazin chinois est appelé en langue bambara « Touloumani » en français « bazin brillant ». Ce modèle est la contrefaçon du bazin fait par les teinturiers maliens. Depuis l’arrivée de ce modèle sur le marché malien, beaucoup de teinturiers sont en train de fermer boutiques faute de marché »,déplore Adama Sissoko, le président de l’association des teinturières.

Pour Korotoumou Sawadogo, porte-parole des femmes teinturières du Mali, c’est une concurrence déloyale qui risque de tuer toute la chaine qui intervient dans le bazin. « Auparavant, les chinois importaient que le bazin blanc, non teinté, mais aujourd’hui ils nous concurrencent avec bazin teinté. Une contrefaçon de nos propres modèles. A cause de la contrefaçon chinoise, beaucoup d’entre nous avons perdu des clients. Nous ne savons plus où donner nos têtes car nos emplois ont été tués par les chinoise », martèle la porte-parole des femmes teinturières du Mali.

Pour sauver les nombreux emplois que génère le bazin au Mali à savoir : teinture, sérigraphie, indigo etc., les premiers responsables appellent les autorités au secours afin de préserver leurs emplois contre les envahisseurs chinois sur le marché malien. « Nous ne sommes pas contre l’importation du bazin (tissu blanc), mais nous nous érigeons contre l’importation du bazin teinté qui fait vivre nos familles », plaide le président de l’association. Les teinturiers demandent à l’Etat de prendre des dispositions pour lutter contre les pirates.

M L Fofana

mali24

 

Mali : le Parc National innove avec une scène culturelle à l’aire libre pour les spectacles

La scène à l’aire libre du parc national du Mali a été inauguré le mardi dernier par le concert de Bassekou Kouyaté, le « N’goniste » à la réputation internationale. Etaient présents pour la circonstance, le ministre de la réconciliation nationale Mohamed Ould El Moctar et Nina Wallet Intalou, ministre de l’artisanat et du tourisme.

La réalisation de cette scène dans le parc national a été faite dansle cadre d’un partenariat avec le ministère des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne visant à renforcer la cohésion sociale au Mali. Elle est financée par le trust Aga Khan pour la culture grâce aux appuis de l’ambassade d’Allemagne.

La tribune de cette scène est accessible par deux escaliers et comprend 418 places assises sur le gradin, occupant une superficie de 236m2. Avec un plan d’ensemble combinant des formes circulaires, les constructions se présentent comme un théâtre ouvert sur les deux côtés, permettant une augmentation de capacité d’accueil jusqu’à plus de 600 personnes. La création de la scène à l’air libre complète avec succès les aménagements et activités proposés par le parc dans le domaine culturel et contribuera à la promotion des arts vivants au Mali.

Pour le directeur de la fondation Aga Khan, la création d’une scène culturelle au sein du parc a pour objectif d’accueillir des spectacles d’arts vivants qui s’appuient sur la tradition musicale et d’art de narration du Mali. « La vitalité des arts vivants et son impact populaire, notamment sur les jeunes générations, est un moyen efficace de promouvoir les échanges et la cohésion sociale ». Il a remercié le gouvernement malien pour sa franche collaboration dans l’aménagement du parc. C’est ainsi qu’il révèle que le parc national du Mali est unique dans la sous région. Il a profité pour annoncer la construction d’un parc national à Kaboul (Afganistan) grâce aux efforts du Mali et la fondation.

Quant à Dietrick Becker, Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, il a apprécié l’art malien dans toutes ses composantes avant de réaffirmer tout son soutien à la promotion de l’art malien.

La soirée était agrémentée par la troupe Bassekou Kouyaté et sa femme Ami Sacko.

Modibo L Fofana

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Les ménages africains sont les plus pauvres du monde, mais aussi les moins endettés, selon le Crédit Suisse

(Agence Ecofin) - Ce sont les ménages africains qui se sont les moins endettés dans le monde entre 2016 et 2017, a pu constater l'Agence Ecofin du rapport annuel publié par l'institut de recherche du groupe bancaire Crédit Suisse, sur la richesse dans le monde.

Le stock cumulé de leurs dettes s'est accru de seulement 18 milliards $ sur la période, contre 662 milliards $ pour les Européens et 657 milliards $ pour les Nord-Américains. 

Pourtant, l'Afrique dans ce classement demeure encore la région où la valeur globale de la richesse effective des ménages, qui est de 2500 milliards $ est le plus faible au monde.

Cet indicateur interpelle quand on apprend que, bien qu’ils soient constitués de près de 1,2 milliard de personnes, les ménages de la région n'ont produit que pour 22 milliards $ de richesses supplémentaires. Or, dans le même temps, le supplément de richesse généré par les ménages d'Amérique du nord a été de 9100 milliards $ dont près de 8500 milliards $ uniquement pour ceux des Etats-Unis.

Ce gap pose question car la région est célébrée pour la richesse de son sous-sol qui fournit une part importante des matières premières mondiales indispensables aux secteurs de la technologie, de la construction, ou encore de l'énergie. 

Le rapport pointe du doigt les variations des taux de change, qui ont plombé la hausse du stock de richesses des ménages de la région, lorsqu'il est évalué en dollar américain. Crédit Suisse estime en effet, que si les taux de change des pays africains étaient restés stables, leur stock de richesse aurait progressé de 6,1%, contre les 0,9% entre 2016 et 2017. 

Au delà de la pauvreté de l'Afrique, le rapport du Crédit Suisse apporte de nouveaux arguments au grand paradoxe du monde actuel qui n'a jamais été aussi riche, mais où le nombre des pauvres est tout aussi exceptionnel.  

Il ressort ainsi des éléments du document, que 37 millions de personnes qui représentent moins d'un pour cent de la population (0,7%), concentrent 45,9% de la richesse mondiale soit 128 700 milliards $.

Tandis qu'au plus bas de l'échelle, les 3,41 milliards de personnes les moins riches doivent se partager seulement 2,7% de la richesse mondiale, soit 7600 milliards de $.     

Le crédit Suisse estime même que la part des 0,7% de la population mondiale les plus riches, contrôlent selon une évolutions récente, au moins 50,1% de la richesse des menages dans le monde. Une situation qui montre bien que les inégalités continuent de s'aggraver dans le monde, et comme l'a prédit la CNUCED (Conférence des Nations Unis pour le Commerce et le Développement), avec elle, des risques d'instabilités sociales dans le monde.  

Idriss Linge

Source: Agence Ecofin

 

Une carrière près d’une école à Domba : Une filiale de Rangold met en danger les enfants

Une filiale du géant minier Rangold met en danger les enfants en exploitant une carrière située près d’une école à Domba dans le cercle de Bougouni au sud du Mali.

La société Morila-SA, une filiale du géant minier Rangold est au cœur d’un grand scandale dans la commune rurale de Domba. De sources concordantes, la carrière où Morila-SA vient d’extraire des minerais est située à moins de 10 mètres d’une école. Une digue de protection construite par la société minière est contiguë à l’établissement. C’est scandaleux, nous confie un responsable de l’administration scolaire en mission de supervision dans la zone. Ce responsable de l’administration scolaire imagine tous les désagréments que les bruits de gros camions peuvent avoir sur les enfants dans un endroit où doivent régner la tranquillité et la quiétude, indispensables à l’apprentissage. En exploitant cette carrière à proximité d’une école, la filiale de Rangold met sans aucun doute en danger les enfants et montre du coup son mépris à vis-à-vis de la protection humaine.

Cette situation interpelle non seulement le géant minier sud africain mais aussi le gouvernement de la République du Mali notamment les ministres des mines, Pr Tiémoko Sangaré et de l’éducation nationale, Mohamed Ag Erlaf.

C. Doumbia

Source: Le Challenger

Commune IV et V : La liste pilotée par Me Demba adoubée par les militants URD

Après la commune III du district de Bamako, la liste URD-CAP était, du dimanche au mardi dernier, chez les militants de la commune IV et VI. C’est bien à Lafiabougou en commune IV du district de Bamako que la délégation a été accueillie au siège de l’Union pour la République et la Démocratie (URD). Les femmes, les jeunes et sympathisants étaient tous présents à la rencontre des candidats et leurs bases dans le cadre de l’élection pour le district de Bamako.

Ici, Michel Diarra est le secrétaire général de la section et par ailleurs directeur de Campagne de Me Demba et colistiers pour l’élection du district de Bamako. Les mouvements des jeunes et des femmes ont rassuré les candidats de leur engagement et de leur forte mobilisation. Malgré l’enjeu important dans cette commune où il existe deux candidats de gros calibre, la section de la commune a donné son assurance.

Pour sa part, Maître Demba a remercié les militants pour leur présence massive à l’occasion de sa visite. Il a été clair en disant que la campagne n’est pas encore ouverte mais le but de ce déplacement c’est de remercier la base pour le choix porté sur lui et ses camarades. « Nous vous remercions pour nous avoir choisi pour cette élection. Certes, je suis tête de liste, je dirai que tout le monde est tête liste car un effort commun nous amènera à la mairie du district. Nous vous rassurons aussi que vous avez fait de bons choix », a déclaré la tête de liste.

L’occasion était bonne pour Maître Demba d’annoncer l’arrivée de Racine Thiam sur la liste URD-CAP. A ce niveau, Racine Thiam, ancien directeur de la communication du Président de la République déclare : « Nous avons choisi l’URD car c’est la voie éclairée dans la politique malienne. Nous avons choisi l’URD non seulement pour l’idéologie politique que le parti partage avec nous  mais aussi pour apprendre auprès de vous ».

Au niveau de la commune VI, la mobilisation était à la hauteur de l’attente où la troisième sur la liste est Mme Wadidie Salimata Dagnoko. Maître Demba a répété le même message aux militants de mener une campagne civilisée sans insultes ni violences verbales.

Modibo L. Fofana

Source: Le Challenger

Paris veut sortir « Barkhane » du piège malien

L’opération française va évoluer vers des missions de contrôle de zone pour tenter de rassurer les populations.

« Barkhane », l’opération militaire que mène la France au Sahel depuis 2014, effectue « un mandat charnière », selon les mots du général Bruno Guibert, qui la commande depuis N’Djamena, au Tchad. A Paris, des arbitrages pour réorganiser la force sont attendus, calés sur un rendez-vous majeur : le scrutin de l’été 2018 au Mali, au cours duquel le pré­sident, Ibrahim Boubacar Keïta, remet son mandat en jeu. Dans ce pays, où « Barkhane » possède sa base principale, tous les indicateurs sécuritaires, politiques, économiques, sont au rouge.

La plus importante opération extérieure française va rester déployée encore longtemps, les responsables français de la défense en conviennent. « Mais il ne s’agit pas non plus de rester trente ans au Mali », dit-on dans l’entourage de la ministre, Florence Parly. Aujourd’hui, « Barkhane » compte 4 500 hommes avec les forces spéciales (opération « Sabre »), 500 blindés, des moyens aéromobiles et de renseignement importants, et une logistique à flux tendus sur un territoire de la taille de l’Europe.

« Nous allons passer à une mission de contrôle de zone dans la durée », précise le général Guibert. Jusqu’alors, « Barkhane » remplissait sa mission de contre-terrorisme à grand renfort de renseignements techniques et d’opérations coups de poing lancées contre les groupes armés depuis plusieurs postes disséminés au nord du Sahel, en Mauritanie, au Mali, au Niger et au Tchad. Ce modèle, outre qu’il nécessite beaucoup de moyens, s’essouffle. Car « l’ennemi est beaucoup plus dilué, il a adapté ses actions, et nous avons du mal à identifier des katibas [groupes armés], réduites à une dizaine de combattants », souligne le commandant de la force. En outre, l’insécurité s’est enkystée au centre du Mali...lire l'article sur lemonde.fr

Source: Le Monde

Election régionale à Koulikoro : La liste RPM invalidée par le tribunal

Un coup dur pour le parti du rassemblement pour le Mali(RPM) , en effet  le tribunal administratif de la deuxième région du Mali invalide  la liste  RPM régionale pilotée par Nacouma Keita ancien ministre et non moins  membre influent du parti présidentiel. Et aussi la liste du conseil de cercle a été invalidée. L’information a été confirmée par un militant du RPM ce mercredi 15 novembre 2017.  En réplique, le parti RPM soutient qu’il fera appel car les preuves sont loin d’être fondées sur cette irrégularité. Par contre la liste ADEMA URD reste dans la course avec plus de chance de retrouver leur fauteuil du conseil régional.

Nous y reviendrons

Djibril Fofana

Source : Koulikoro.info

Le Zimbabwe se réveille dirigé par des militaires

Une partie de l’armée, qui dénie avoir fomenté un coup d’Etat, a pris le contrôle de la capitale, Hararé, précisant que le président Mugabe reste au pouvoir.

L’abcès a crevé en une nuit. Au Zimbabwe, un officier en uniforme camouflage est apparu à la télévision nationale, aux petites heures du matin pour annoncer gravement, béret vissé sur la tête, que l’armée contrôlait la situation dans le pays avant d’ajouter : « Nous voulons qu’il soit absolument clair que ceci n’est pas un coup d’Etat. » Voilà un genre qui avait disparu de la surface de la planète des coups de force militaires depuis plusieurs décennies. Mais, en raison sans doute de l’âge de son président, Robert Mugabe, 93 ans, le Zimbabwe entretient un rapport particulier avec le temps. Les militaires viennent donc de renouveler ce genre délicat du ceci-n’est-pas-un-coup-d’Etat, mercredi matin 15 novembre.

Juste avant l’aube, à Hararé, le général Sibusiso Moyo, porte-parole des Forces de défense du Zimbabwe (ZDF), apparaissait donc à la télévision nationale pour annoncer la nouvelle, emballée de mille précautions oratoires : « Ce que les ZDF sont en train de faire est de ramener le calme dans une situation politique, sociale et économique en train de dégénérer dans le pays, qui, si cela n’est pas fait, va se terminer en conflit violent. »

« Sécurité garantie »

En réalité, c’est la guerre de succession de Robert Mugabe qui vient de connaître une nouvelle phase brusque, sans que le président, dans l’immédiat, ne soit visé officiellement. Rhétoriquement, tout au moins, le vieillard frêle qui alterne moments de désarroi et extrême lucidité, est présenté comme le chef incontesté du pays et de ses institutions, y compris l’armée. « Nous voulons assurer la nation que son excellence, le président de la République du Zimbabwe, chef de l’Etat, du gouvernement et des forces défense du Zimbabwe, le camarade Robert Gabriel Mugabe et sa famille, sont sains et saufs, et leur sécurité garantie, a assuré le général Sibusiso Moyo. Nous ne visons que des criminels qui ont été à l’origine de nombreux crimes ayant entraîné des souffrances sociales et économiques dans le pays dans le but de les amener devant la justice. »

Robert Mugabe n’est pas intervenu publiquement depuis plusieurs jours. La veille, il tenait un conseil dans ses bureaux de la présidence. Mercredi matin, ces bureaux, comme ceux du Parlement, et différents points de Harare, étaient entourés par des blindés. On ignore l’état exact de sa situation en dehors de sa « sécurité garantie », signifiant par là qu’il n’a pas été tué dans l’opération, mais sans doute retenu contre son gré, ainsi que son épouse, Grace, qui avait poussé de toutes ses forces, ces dernières semaines, pour tenter de lui tordre le bras et prendre sa succession. Dans les milieux bien informés, on évoquait l’hypothèse d’une abdication potentielle du chef de l’Etat dans les prochains mois, au profit de son épouse, plus jeune que lui de quarante et un ans, qui limitait l’accès au seul dirigeant que le Zimbabwe ait connu depuis l’indépendance en 1980.

L’objet de l’opération militaire nocturne est, en premier lieu, de faire triompher, au sein du parti au pouvoir, la Zanu-PF, la faction des partisans du vice-président, Emmerson Mnangagwa, qui a été démis de ses fonctions et contraint de quitter le pays clandestinement, le 6 novembre, afin d’éviter une arrestation, face à celle de Madame Mugabe, et de ses alliés. Ces dernières semaines, la Génération 40 (G40), la faction de Grace (que la rue surnomme « Disgrâce » en raison de ses outrances, de ses dépenses et, dernièrement, de sa virulence inquiétante) avait opéré une offensive interne, obtenant de Robert Mugabe qu’il limoge le vice-président Mnangagwa, qui dirige la faction Lacoste, baptisée ainsi en raison du nom de son groupe de combattants pendant la guerre de libération, le « gang crocodile ». Reste que les alliés du « Crocodile « étaient nombreux, occupant des postes dans le gouvernement, l’administration, l’armée, et à la tête de certaines régions.

« A la poursuite de la démocratie authentique »

La « purge » déclenchée par leurs ennemis depuis une semaine n’était donc pas une affaire sans risque. Celle-ci a désormais échoué mais, inversement, il n’est pas certain que les partisans du G40, qui comptent des soutiens dans les forces de sécurité, admettent leur défaite. Mais les partisans du groupe Lacoste avaient passé des mois à se préparer, tissant de nombreux liens, y compris à l’extérieur du pays.

Emmerson Mnangagwa, pourtant impliqué dans de nombreux détournements (ses adversaires l’accusent même d’avoir volé 15 milliards de dollars) était parvenu à faire la démonstration qu’il serait la « meilleure chance des investisseurs au Zimbabwe » comme de nombreuses sources dans ce milieu l’affirmaient, notamment dans le secteur minier. L’une de ces sources, responsable Afrique d’un des grands groupes miniers, commentait ainsi, mercredi matin, l’évolution de la situation : « J’espère que ça va bouger positivement, on surveille le Zimbabwe avec beaucoup d’intérêt. »

Les ressources du sous-sol du pays, peu et mal explorées, sont l’un des derniers trésors cachés de la planète dans ce secteur. En parallèle, selon une source bien informée, Mnangagwa avait aussi fait jouer ses relations en Chine. Des groupes miniers chinois sont très présents au Zimbabwe, en liaison avec l’armée, à travers des montages souvent opaques, mais fortement rémunérateurs. En 2016, Robert Mugabe s’était fâché avec les investisseurs chinois, provoquant le départ de plusieurs compagnies (notamment la compagnie Anjin, pilier historique) et la colère de Pékin.

Beaucoup moins délicat dans la rhétorique que le porte-parole de l’armée, Christopher Mutsvangwa, le président de l’Association nationale des vétérans de la guerre de libération (ZNWLVA), en exil depuis quelques jours en Afrique du Sud et l’un des piliers de la faction Lacoste, commentait ainsi la situation : « Nous louons la dernière manifestation d’extrême courage et de ténacité de notre commandement militaire, dirigé par le général Chiwenga, qui a pris le pouvoir dans un coup d’Etat sans verser le sang. (…) Le Zimbabwe peut désormais commence une nouvelle page de son Histoire, à la poursuite de la démocratie authentique qui va mener à la prospérité tous ses habitants. »

Dans la nuit, il y avait eu une parenthèse de plusieurs heures d’un calme étrange à Hararé. L’aéroport n’avait pas été fermé, malgré les rumeurs de coups d’Etat, les blindés signalés à la périphérie, les menaces de violence émanant de deux factions opposées au sein du pouvoir. Le président, Robert Mugabe, était lui aussi silencieux. Il venait d’être défié par une partie de l’armée. Sur quelles forces pouvait-il encore compter ? Vers minuit, des buveurs terminaient une bière, en chuchotant à la buvette de l’aéroport, au sud de la ville. Employés, agents de renseignement subitement las de tout, la parole se libérait. « On a cru que c’était bon, cet après-midi, tout le monde était prêt à descendre dans la rue, pour célébrer la défaite de Grace Mugabe. On a été tellement patients, attendant gentiment la fin de Mugabe pour passer à autre chose, mais là, depuis qu’il veut nous imposer sa femme, c’est le coup de trop. On ne va jamais s’en sortir », glissait un mélancolique en retournant son téléphone dans l’attente de messages annonçant que quelque chose, finalement allait se produire. Le chef de l’armée, le général Chiwenga, entouré de près de cent officiers, n’avait-il pas annoncé depuis le quartier général des FDZ, lundi soir, que les militaires allaient « intervenir » ?

« S’abstenir de s’engager sur la voie de la violence »

Vers la ville, là où étaient passés de fantomatiques blindés quelques heures plus tôt, les avenues étaient désertes. Pas un barrage de la police en vue, pas un uniforme. Puis, vers une heure du matin, quelques tirs retentissaient, isolés. Hormis ces explosions, qui ne signifiaient pas le début du combat mais sonnaient comme une mise en garde, la capitale du Zimbabwe était silencieuse comme une tombe. Tandis qu’une pluie lente tombait avait commencé le grondement des véhicules militaires en train de se déployer après leur courte apparition de l’après-midi. Ils prenaient position en ville, et entraient à la télévision nationale, la ZBC. Des arrestations, au même moment, avaient lieu, notamment de ministres proches de la faction G40, de Grace Mugabe.

En quelques heures, le pouvoir avait changé de main au Zimbabwe. Il est encore trop tôt pour affirmer que la chaîne des événements est terminée, et du reste le discours s’accompagne d’une mise en garde à l’adresse des partis politiques : « Nous demandons à vos membres de vous abstenir de s’engager sur la voie de la violence. »

Le coup-d’Etat-qui-n’en-est-pas-un est avant tout une révolution de palais. L’opposition, pour l’heure, n’est pas associée à un changement de pouvoir qui s’opère… au sein du pouvoir. Emmerson Mnangagwa a été un proche de Robert Mugabe depuis les années de la guerre de libération. Puis il a été son proche collaborateur avant de prendre la direction des services de renseignement à l’indépendance. Il avait été au premier plan dans la politique d’écrasement du parti allié dirigé par Joshua Nkomo, la Zapu, et de l’opération sanglante contre la région qui était supposée le soutenir (encore aujourd’hui un tabou au Zimbabwe).

En dépit de cette évolution endogame, un fait est important : pour la première fois, un mouvement de libération au pouvoir en Afrique australe vient de connaître une transformation par la force. La région va-t-elle l’admettre ? C’est pour tenter de cimenter leur action que les responsables de la faction Lacoste tiennent tant à assurer qu’il ne s’agit pas d’un coup d’Etat, et que le président Mugabe reste au pouvoir. Mais, dans les capitales alentour, chacun a compris le message.

Par Jean-Philippe Rémy (Harare (Zimbabwe) envoyé spécial)

LE MONDE Le 15.11.2017 à 10h13 • Mis à jour le 15.11.2017 à 12h27

Affaires bérets rouges: La chambre d’accusation près la Cour d’Appel de Bamako a rejette la demande de liberté provisoire du Gal Amadou Haya Sanogo et coaccusés

Saisie par les avocats du Gal Sanogo et complices pour une mise en liberté provisoire de leurs clients dans le cadre de l’assassinat de 21 bérets rouges, la chambre d’accusation près la Cour d’Appel de Bamako, a rejeté mardi 14 novembre 2017, la demande de mise en liberté provisoire. En clair, Sanogo et coaccusés resteront en prison jusqu’à l’organisation d’un procès juste et équitable.

mali24

Le Capitaine Sanogo ou les larmes du «boucher» gréviste

Le célèbre général-capitaine de Kati, Amadou Haya Sanogo, est passé à une vitesse supérieure de son combat contre la justice malienne.  Depuis quelques temps en effet on parle avec insistance d’une grève de la faim qu’il a entamée pour protester contre le manque de diligence dans la conduite de son affaire, tant il a désormais hâte de connaître son sort. Pourquoi ce brusque changement de posture, est-on tenté de s’interroger, pour qui sait que le procès ouvert à Sikasso s’était enlisé dans le dilatoire par la faute des avocats de Sanogo et comparses eux-mêmes. Ce sont eux qui avaient occasionné en son temps une reprise de l’autopsie des dépouilles de leurs présumées victimes. Quoi qu’il en soit, l’ancien « boucher de Kati » étonne par ses exigences et surenchères carcérales quand on sait qu’elles viennent d’un homme qui n’avait aucun égard pour les droits de l’Homme du temps de sa toute puissance. Sous sa direction et peut-être même sous ses instructions, le CNRDRE s’était illustré comme une redoutable machine répressive contre des personnalités civiles et militaires  triées sur le volet pour subir des détentions arbitraires et extrajudiciaires ainsi que des traitements infrahumains inqualifiables. Et dire qu’à l’époque les organismes de défense des droits de l’Homme n’avaient même pas le droit de rendre visite aux séquestrés. Signe des temps, peut-on en déduire.

La Rédaction

Source: Le Témoin

 

 

Paix et sécurité en Afrique : le forum de Dakar planche sur les défis et solutions

Invité à prendre la parole à la tribune de cet important rendez-vous africain, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a expliqué en détails l’insécurité ambiante à laquelle le Mali doit faire face, tout en assurant que les terroristes ne réussiront pas à freiner le développement du pays

« Défis sécuritaires actuels en Afrique : pour des solutions intégrées », tel est le thème de la 4è édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique dont les travaux se sont ouverts hier au Centre international de conférences Abdou Diouf, en présence de trois chefs d’Etat : Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Paul Kagamé du Rwanda et Macky Sall du Sénégal. Il y avait également le Premier ministre du Tchad, Albert Pahimi Padacké, le ministre français des Armées, Florence Parly et le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat.

Ce sont plus de 400 invités qui sont présents cette année dans la capitale sénégalaise. Parmi eux figurent des autorités politiques et militaires, des experts et universitaires, des diplomates, des représentants d’organisations internationales, de la société civile et du secteur privé. Pendant deux jours, ces acteurs régionaux et internationaux vont débattre en plénières et en ateliers plusieurs sous-thèmes comme « Terrorisme : nécessité de réponses intégrées », « Continuum défense et sécurité : pour une approche intégrée », « Résilience et Etat de droit face au terrorisme et à l’extrémisme violent », « Lutte contre le financement du terrorisme », « Sécurité et sûreté maritime en Afrique: enjeux internationaux ».

Ces différentes réflexions doivent aboutir à l’élaboration de concepts et stratégies en vue de relever les nombreux défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée, en premier lieu la menace terroriste.

DISCOURS POIGNANT. La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs discours dont le plus attendu était certainement celui du président Ibrahim Boubacar Kéita en raison du fait que notre pays fait face actuellement à une insécurité ambiante caractérisée par des attaques terroristes quasi quotidiennes qui n’épargnent ni les civils, ni les militaires.

« Le terrorisme a pour vocation de nous faire peur mais nous ne céderons pas », a martelé le président de la République sous les ovations de l’assistance. Considérant que la sécurité et le développement sont intimement liés, le chef de l’Etat déclarera que les terroristes sont en train de tout faire pour saboter les actions de développement initiées par les autorités. A ce propos, il a évoqué l’attaque de la société chargée de la construction de la route Gomacoura-Tombouctou, attaque au cours de laquelle les terroristes ont brûlé 21 camions, stoppant net les travaux de construction.

Le président Kéita a aussi parlé de la construction du barrage de Taoussa qui a, en effet, une triple vocation pour le Mali : la production d’énergie, l’agriculture et la création d’emplois pour les jeunes des Régions du nord.

« Le barrage de Taoussa est vital pour le développement du Nord et pour la paix au Mali », a indiqué le président de la République avant de lancer un message clair aux terroristes : « Ils veulent nous empêcher d’avancer mais nous avancerons ». Pour le président IBK, le Mali avancera car il bénéficie de la solidarité internationale sans faille depuis 2013 avec l’intervention de la France pour stopper « les huns » qui prétendaient « nous islamiser ».

Par ailleurs, le président Kéita a dit sa fierté d’équiper l’armée malienne en la dotant de moyens aériens pour assurer sa mission de défense du territoire national. Il a aussi souligné qu’un seul pays ne peut pas faire face à la menace terroriste. C’est pourquoi le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Tchad, ont décidé de mutualiser leurs moyens en mettant en place le G5 Sahel, dont la force conjointe a aujourd’hui commencé ses opérations. Enfin, le chef de l’Etat a évoqué l’émigration irrégulière en précisant que ce phénomène peut être jugulé par le co-développement.

Dans son intervention, le président sénégalais a salué « le discours poignant du président Ibrahim Boubacar Kéita » sur la situation sécuritaire de son pays. Il l’a aussi salué pour ce qu’il fait pour la réconciliation nationale et pour que le G5 Sahel puisse atteindre ses objectifs.

Evoquant le thème central de la 4è édition du Forum international de Dakar, Macky Sall estime que les défis sécuritaires sont aujourd’hui nombreux et complexes. Selon lui, le premier défi à relever est de riposter militairement sur le terrain contre le terrorisme. « Cette riposte qui est inévitable doit être solidaire et globale car nous ne devons pas laisser un seul sanctuaire aux terroristes », a-t-il déclaré, ajoutant que nos forces armées doivent être suffisamment équipées pour la réussite de cette mission. Le deuxième défi à relever, selon le chef de l’Etat sénégalais, est de renforcer les échanges de renseignement entre les Etats. « Si ce défi n’est pas relevé, la bataille contre le terrorisme est perdue d’avance », a-t-il dit. Le président Sall notera que le défi à relever est de ne pas tourner le dos à « l’Etat failli » qui offre un sanctuaire de rêve pour les terrorismes et autres organisations criminelles comme les trafiquants d’êtres humains.

Le dernier défi à relever, a-t-il dit, est de réaliser le développement inclusif dans nos pays en mettant l’accent sur l’éducation, la formation, l’emploi. Selon le président du Sénégal, la pauvreté et l’ignorance sont sources de frustrations et d’injustice sociale qui peuvent emmener le chaos dans nos Etats. A ce propos, Macky Sall a cité les grands projets de développement que l’Etat sénégalais est en train de mettre en œuvre pour soulager la souffrance des populations.

Le ministre français des Armées a souligné l’utilité du Forum de Dakar qui est devenu d’année en année un rendez-vous très important pour débattre des « problèmes africains » par les Africains en vue de trouver des solutions durables. Florence Parly a assuré que son pays n’a aucune intention d’abandonner ses partenaires africains. « Nous allons continuer à œuvrer pour la paix et la sécurité en Afrique », a-t-elle déclaré, ajoutant que la lutte contre le terrorisme passe par le développement et la bonne gouvernance.

POUR LA CREATION DE PARTENARIATS STRATEGIQUES. Un point de vue partagé par le Premier ministre tchadien qui a précisé que la paix et la sécurité sont des conditions sine qua non pour que nos Etats puissent se développer. Albert Pahimi Padacké a rappelé les efforts que son pays est en en train de faire pour lutter contre le terrorisme à l’intérieur et dans d’autres pays africains en proie aux assauts des obscurantistes.

Il a appelé à la création de partenariats stratégiques pour venir à bout de ce fléau. A ce propos, M. Padacké s’est réjoui de la création de la Force multinationale de lutte contre Boko Haram dans le bassin du Tchad et de la Force conjointe du G5 Sahel. Face à la montée en puissance du terrorisme sur le continent, le Premier ministre tchadien estime que l’engagement de l’Afrique ne doit plus rester théorique pour apporter une réponse conséquente.

La cérémonie d’ouverture a été suivie par le panel des chefs d’Etat au cours duquel le président Ibrahim Boubacar Kéita a longuement expliqué le processus de paix au Mali avec la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. A ce sujet, le chef de l’Etat a parlé du retour du gouverneur à Kidal et de la mise en place des Autorités intérimaires de cette région. Toutes ces bonnes actions sont la preuve que les Maliens sont déterminés à faire la paix, a-t-il ajouté.

Le président Kéita a aussi évoqué le G5 Sahel dont il est le président en exercice. Il a mis l’accent de la Force conjointe du G5 Sahel dont l’opérationnalisation nécessite un financement de 300 millions d’euros alors que ce sont seulement 120 millions d’euros qui ont été mobilisés avec une contribution de l’Union européenne et des Etats-Unis d’Amérique.

Après la cérémonie d’ouverture, le président Ibrahim Boubacar Kéita a reçu en audience le ministre français des Armées, Florence Party. Les deux personnalités ont évoqué la coopération bilatérale et surtout la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Envoyé spécial
Madiba Keïta

Source: L'Essor

PRESIDENTIELLE 2018 : Voici pourquoi IBK n’aura pas un deuxième mandat

Nous voilà aujourd’hui face à la plus nette conclusion : IBK s’est bel et bien "foutu" des Maliens. L’homme, en vérité, ne s’est littéralement attelé qu’à produire l’exact contraire de tout ce qui était légitimement attendu de lui. Et ce, en mettant chaque fois en avant un argumentaire dont la vacuité intellectuelle et morale n’a d’égale que l’effarante incompétence qui caractérise le régime. Par conséquent, les actuels tenants de l’appareil public ne sont point sans savoir qu’ils sont désormais attendus de pied ferme au terminus de 2018, date à laquelle les Maliens sont plus que jamais impatients de les chasser du pouvoir après tant d’espoirs déçus. Tout porte donc à croire dorénavant que le président IBK ferait mieux de ne plus rêver à un second quinquennat !

 

Personne, sauf les plus avisés, n’avait cru que le Mali tomberait aussi bas sous le règne de celui qui a toujours adoré se faire appeler "Kankélétigui" (l’homme de parole et d’honneur, en bambara). Le peuple malien, en l’élisant à la tête du pays, ambitionnait tout d’abord de sauvegarder le peu de dignité qui lui restait et réussir ensuite à asseoir une certaine respectabilité de l’Etat aux yeux des autres nations.

Cependant, non seulement, la situation actuelle du pays est pire qu’en 2013, mais aussi, le "Kanfilatigui" (l’homme au double langage), n’ayant manifestement aucun plan de sortie de crise, s’est politiquement mis à pied d’œuvre en vue d’arracher un second mandat présidentiel plutôt que d’avoir l’humilité de reconnaître son incapacité à conduire le Mali là où il le fallait et se retirer humblement du pouvoir. Ce qui lui permettrait d’en sortir grand. Hélas, c’est royalement ignorer la boulimie du pouvoir d’un homme comme IBK !

 

Un président dissipateur et dilapidateur

Pour en venir aux faits à proprement parler, lorsqu’il a, en effet, été demandé une gestion transparente et parcimonieuse des deniers publics, ils n’ont fini que par nous servir un gouvernement pléthorique et budgétivore ouvrant la voie à une succession grossière de scandales financiers jamais constatés dans la vie de l’Etat. Le président élu sur fond d’une extraordinaire confiance n’a fait que se livrer aux prodigalités les plus folles teintées d’un goût démesuré pour la bougeotte.

Ensuite, quand les Maliens ont exigé la méritocratie et "Le Mali d’Abord", le régime n’a su que leur servir "La Famille d’Abord", couplée à une gérontocratie réactionnaire n’hésitant pas à "faire la guerre" à tous ceux dont le sang neuf pourrait constituer une force novatrice susceptible de faire bouger les choses.

Aux besoins liés à la sécurité alimentaire, les Maliens se sont plutôt vus servir une sous-alimentation aggravée prenant appui sur une politique agricole aussi fantaisiste que fallacieuse et une inondation du marché local par des denrées importées, dont certaines empoissonnées.

Quant à la sécurité physique, les quatre ans qu’Ibrahim Boubacar Kéita a passés à la tête du pays, sont restés incontestablement dominés par un "Far-West" et son corollaire de psychose généralisée avec, à sa base, un nombre incalculable de victimes.

En réponse à une éducation de qualité, nous nous sommes retrouvés avec une école de brigands, dirigée par des maltôtiers sans scrupule et des prévaricateurs affamés. Une institution sociale grossièrement politisée à des fins électoralistes par un régime visiblement arrivé à sa dernière révérence.

 

Accord d’Alger : l’à-plat-ventrisme le plus humiliant de l’Etat malien

Les Maliens s’étaient montrés intransigeants sur l’exercice de la souveraineté politique et institutionnelle de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Et le régime, dans sa suicidaire impuissance, nous a servis un Etat faiblard avec des institutions moribondes. Ce qui fut notamment matérialisé par la signature d’un document (accord d’Alger) incarnant l’à-plat-ventrisme le plus humiliant pour le Mali depuis l’accession du pays à l’indépendance.

L’accord pour la paix et la réconciliation nationale est un texte foncièrement diviseur, d’une dangerosité si rare que le contenu n’a jamais été clairement expliqué en langues vernaculaires à l’écrasante majorité des compatriotes. Par ailleurs, lorsque nous avons réclamé l’égalité des chances, nous fûmes énormément surpris de nous retrouver face à un élan de favoritisme fieffé et de népotisme à outrance conduisant inévitablement à une exacerbation des disparités sociales.

A ce propos, les "super institutions" que sont la famille présidentielle et le bureau politique national du parti pouvoir (RPM) ont durant tout ce temps gardé une main de fer sur les rouages du pouvoir à l’image d’un patrimoine dont elles peuvent disposer selon leur bon vouloir.

En outre, lorsque les Maliens ont exigé une institution militaire solide et efficace à la dimension d’une véritable défense nationale, ce régime incroyablement pathétique et ses concussionnaires de premier ordre se sont plutôt présentés avec une armée quotidiennement massacrée par l’ennemi et qui n’hésite point à prendre la poudre d’escampette, car, non seulement, mal formée et mal équipée, mais ne croyant quasiment plus en ce pour quoi elle est censée se battre. Une armée dont les meilleurs soldats ne sont sélectionnés et surentraînés que pour protéger les barons du régime au mépris de la sécurité publique.

 

Mensonge d’Etat sur l’emploi des jeunes

Plutôt que de mettre en place une politique d’emploi digne de ce nom en vue de lutter efficacement contre le chômage dont les conséquences sociales sont parfois d’une cruauté sans nom, une vaste campagne de démolition de micro-entreprises à travers les opérations de déguerpissements urbains pilotées par le gouverneur du district Amy Kane, sera enclenchée par le gouvernement, lequel occasionnera automatiquement une nouvelle hausse du taux de chômeurs.

L’immigration ou la recherche de l’Eldorado est de plus en plus vue par la jeunesse comme le meilleur tremplin social afin de mieux se soustraire à une vie d’enfer imposée par un système profondément inhumain.

Aussi, le gouvernement n’a pas hésité à étaler un mensonge des plus irrévérencieux à propos de 200 000 emplois prétendument offerts aux jeunes. Un comportement lâche et immoral qui n’a pas manqué de provoquer la colère d’une jeunesse qui, de plus en plus, devient pour le régime, une cible à abattre.

La criminalité à grande échelle et le désespoir poussant des milliers de bras valides à se jeter sur les eaux anthropophagiques de la Méditerranée ne sont autres que le résultat de la traitrise politicienne d’une élite mafieuse.

Sur un tout autre plan, au regard de la croisade vigoureusement annoncée par IBK contre la corruption et l’impunité aux premières heures de son installation à Koulouba, les Maliens s’attendaient franchement à une justice indépendante, équitable et responsable. Mais, au fil du temps, nous avons fini par nous retrouver avec une justice à géométrie variable.

Une institution d’Etat qui n’a essentiellement eu pour vocation que d’opprimer ou marginaliser des dignes fils de la nation, au profit d’abominables criminels et autres vagabonds de la République, tout en les inondant d’honneurs et privilèges.

Notre Justice est incapable de juger les auteurs des massacres perpétrés contre les soldats de l’armée malienne ou punir les responsables de différentes malversations financières de haute envergure (surfacturation de l’avion présidentiel, surfacturation de matériels militaires, achat d’engrais frelatés, surfacturation de tracteurs, surfacturation des travaux de bitumage, etc.) et qui ne sont autres que des proches du président de la République, mais elle est toujours bien outillée quand il s’agit d’écraser d’honnêtes citoyens, ceux-là qui n’ont juré que par la patrie. La gestion arbitraire et mensongère du procès de l’ex-chef de la junte, le général Amadou Haya Sanogo, coûtera également très cher au président IBK.

 

Intimidations, tortures et assassinats de journalistes

Jamais la liberté d’expression n’a été autant menacée au Mali depuis l’avènement du pluralisme politique après l’insurrection populaire de mars 1991. Le pouvoir en place n’a apparemment pas fini de démontrer à quel point il est allergique à la dénonciation. Les journalistes et autres acteurs de médias privés ayant clairement manifesté leur refus de se laisser corrompre par un régime frauduleux, dorment aujourd’hui d’un seul œil.

Presque tous les organes de la Sécurité d’Etat ont été mobilisés pour intimider, à foison, tous ceux dont l’influence médiatique constitue une menace pour la crédibilité du régime. Certains rédacteurs ont même carrément cessé de se rendre à des lieux de reportage au risque de se faire poignarder ou séquestrer par des inconnus à la solde de Koulouba. Le cas du journaliste Birama Touré, disparu depuis maintenant 2 ans, illustre à suffisance, la nature fascisante et les excès anti-démocratiques du régime qui nous gouverne.

Si, en effet, la mort dudit journaliste se confirme, il reste bien clair qu’IBK et ses suppôts l’auront, à jamais, sur leur conscience et n’auront point de paix tant que toute la lumière ne sera pas faite sur une affaire dont le silence inadmissible du gouvernement en dit déjà long sur sa part de responsabilité.

Mais, heureusement, nous avons très récemment acquis la certitude que les Maliens, dans toutes leurs composantes, restent désormais débout pour que toute la vérité soit enfin dite sur cette affaire qui n’a que trop duré. Ce qui explique bien la colère et le dégoût des Maliens vis-à-vis de cette nouvelle race de dirigeants.

 

Réforme de la trahison et insulte aux martyrs de la démocratie

La démocratie étant un processus évolutif et ascensionnel, les Maliens avaient fondé beaucoup d’espoirs (avec l’accession d’Ibrahim Boubacar Kéita à la magistrature suprême) sur des réformes démocratiques en profondeur. Un processus de réaménagement de notre Loi fondamentale qui donnerait une meilleure vitalité à notre démocratie, renforçant par-là même, l’exemplarité politique et institutionnelle de l’Etat dans la gestion des affaires publiques.

Cependant, IBK, ayant royalement sous-estimé l’intelligence de son peuple, s’est amplement offert le luxe d’un projet de loi constitutionnelle qui lui confère des pouvoirs exceptionnels et lui garantit inéluctablement un second quinquennat.

Un document à forte connotation dynastique scientifiquement élaboré par un expert étranger et qui n’avait pour essence que d’assurer à IBK et son clan, l’éternité au pouvoir. Ainsi, dans le cadre du passage en force d’un texte absolument illégal, la réponse du régime au "Non" catégorique du peuple, n’avait été qu’invectives, mépris et arrogance jusqu’au jour où le pouvoir s’est enfin décidé de voir la réalité en face et accepter d’entendre la voix d’un peuple à qui il voulait, à tout prix, arracher la souveraineté démocratique. Et ce, uniquement après avoir vu venir sa propre chute.

Voici fondamentalement ce pour quoi, le président IBK, élu en 2013 à plus de 77 % des suffrages exprimés, n’est malheureusement plus sur le point de se voir accorder un deuxième mandat par le même électorat après s’être intelligemment servi de la naïveté du Malien aux seules fins de ne réaliser que ses propres fantasmes.

L’élection d’Ibrahim Boubacar Kéita à la tête du Mali n’aura donc été qu’un douloureux échec. C’est en cela que chacun et tous se sont définitivement rendu compte que le bonheur des Maliens ne figurait qu’en dernière ligne du programme d’IBK et, de surcroît, en caractères invisibles. L’homme sait donc mieux que quiconque ce qui l’attend !

Dilika Touré

 La Sirène

Mouvement ‘‘IBK 2018’’ : Un premier chèque de 10 millions FCFA sera remis à IBK en décembre prochain

 

Dans sa logique de payer la caution d’IBK pour sa candidature à la présidentielle de 2018, le mouvement ‘‘IBK 2018 en marche’’ s’apprête à remettre à l’intéressé  un premier panier de 10 millions FCFA en décembre prochain. Pour ce faire la collecte des fonds a commencé samedi dernier 4 novembre en commune I. Comment ça se passe ?

 

Cette opération de collecte de fonds à travers une autre opération qui s’appelle ‘‘l’opération 5. 000 cartes Nina’’ lancée une semaine plutôt par le même mouvement. Il s’agit de sensibiliser d’abord la population à aller se procurer de leurs cartes Nina encore disponibles dans les magasins. Puis celui qui aura la conviction d’aller retirer sa carte Nina  sera ensuite sensibilisé pour adhérer aux idéaux d’IBK jusqu’à son propre il contribue financièrement à payer la caution IBK. ‘‘Ce payement n’est pas obligé, il est juste symbolique’’, nous rassure Abdoul Aziz Diallo, président du mouvement ‘IBK 2018 en marche’’. Selon lui tout va se dérouler en toute transparence.

 

Pourquoi ‘‘l’opération 5. 000 cartes Nina’’. La cotisation symbolique étant fixée à 2000 FCFA, cela donne mathématiquement 10 millions de FCFA (2000 FCFA pour 5000 cartes Nina). Une somme que le mouvement s’apprête à remettre au président IBK en décembre prochain à la faveur d’un grand meeting au palais de la culture. Le reste de la caution du président IBK (c’est désormais 25 millions FCFA avec la nouvelle loi électorale) sera récolté de la même manière à l’intérieur du pays avec comme première destination la région de Gao.

 

Le président du mouvement ‘‘IBK 2018 en marche’’ nous apprend que de nombreuses cartes Nina sont encore disponibles dans les magasins.  A la mairie de la Commune I,  par exemple, il y a plus de 34 000 cartes Nina non retirées. 

 

L’autre objectif à lui fixé par le mouvement ‘‘IBK 2018 en marche’’ est de contribuer à réélection d’IBK dès le premier tour.

 

Djibril Samaké

La Sirène

 

ARCANES POLITIQUES : Dramane Dembélé change le destin de l’Adéma en sept jours

Dramane Dembélé, ancien ministre et 2e vice-président de l’Adéma/PASJ, a séjourné en France du 23 au 29 octobre 2017 dans le cadre de la 9e édition de la "Nuit de la fraternité", un événement initié par la diaspora ouest-africaine et dont il était cette année le parrain. Au-delà de cette activité, objet de sa présence, Dramane Dembélé est intervenu sur des médias. Des interventions  à travers lesquelles lumière a été faite sur l’état d’âme du PASJ et surtout l’épineuse question de sa participation à la présidentielle de juillet 2018.

Des ondes de la Radio Africa n°1, en pansant sur la Radio France Internationale (Rfi), jusque dans la rubrique télévisée du site web d’informations générales "RPMédias", Dramane Dembélé, dans chacune de ses interventions, a tiré au peigne fin la situation politico-sécuritaire du Mali et la contribution de sa formation politique (Adéma/PASJ) à la gouvernance actuelle du pays.

A travers ces sorties médiatiques, une réponse adéquate a été donnée à la question relative à la participation de l’Adéma à la présidentielle de 2018. Des précisions qui n’avaient pas jusque-là pas été apportées par un cadre du parti.

"Bien sûr que l’Adéma/PASJ aura son candidat à la présidentielle de 2018. Le fait d’être dans le gouvernement ne doit pas nous en empêcher. C’est la même chose que le RPM avait faite étant dans le gouvernement sous ATT", a répondu Dramane Dembélé aux confrères de RPMédias dans la rubrique web télévisée "Bamankan-sur-Seine". Il avait tenu les mêmes propos sur Africa n°1 le 24 octobre au lendemain de son arrivée sur le sol français.

 

Fin des débats !

Ces déclarations publiques de Dramane Dembélé ont été faites à un moment où au plus haut sommet de l’Adéma/PASJ toutes les conditions étaient réunies pour mettre en cause la candidature interne du parti à la présidentielle de 2018.

Dans les coulisses, on y évoquait le plus souvent une situation budgétaire défavorable. Et, pour la même cause, un collectif appelé "SOS-Adéma" était prêt à soulever une rébellion politique pour exiger une candidature interne du parti. Cette bataille interne qui était soigneusement préparée par le "SOS-Adéma" risque ne plus avoir lieu, du moins à en croire à cette déclaration anonyme.

"Les jours sombres qui se préparaient pour l’Adéma/PASJ n’auront plus certainement lieu après ces sorties publiques de Dramane Dembélé en France. Et grâce à ses déclarations, il y a mille espoirs que l’Adéma/PASJ échappe au triste destin qui lui était tracé", nous confie-t-on au collectif "SOS-Adéma".

En somme, désormais la question n’est plus à savoir s’il y aura candidature interne ou pas au sein de l’Adéma, mais c’est de savoir qui pourra être le candidat idéal pour mieux défendre les couleurs du parti en 2018. Kalifa Sanogo, Dioncounda Traoré, Dramane Dembélé ou Moustaph Dicko ? Les paris sont ouverts.

D.Samaké

La Sirène

Coupe ISSA GUINDO : La grande mobilisation de Kalanbambougou

La finale de la coupe ISSA GUINDO s’est jouée le dimanche dernier sur le terrain de Kalanbambougou en commune IV du district de Bamako. Cette finale opposait les équipes de Manguerai et HERELA. Pour la circonstance tous les ténors du parti du rassemblement pour le Mali (RPM) étaient présents. A la fin de la partie, le parrain de l’évènement, l’ex-maire Issa Guindo, a remis le trophée au capitaine de l’équipe victorieuse sous l’ovation du public.

L’occasion était bonne pour les populations de ce quartier en commune IV de témoigner leur soutien, à travers une grande mobilisation, à l’ancien maire de la commune IV du district de Bamako, Issa Guindo, également candidat du parti au pouvoir aux élections du district de Bamako.

Déjà la candidature d’Issa Guindo suscite une motivation auprès de la jeunesse qui entend soutenir leur maire en guise de reconnaissance des actions réalisées par M. Guindo dans la commune quand il était aux affaires. Selon Seydou Doumbia un jeune leader du quartier, l’ancien maire Issa Guindo a beaucoup pour la jeunesse de la commune notamment la construction d’espaces de recréation, des salles de rencontres etc. Le moment est arrivé pour nous, dit-il, de lui rendre la monnaie aussi. « Nous serons au rendez-vous pour lui prouver que nous sommes reconnaissant envers l’homme ».

Dily Kane

mali24

 

Affaires dite bérets rouges : le collectif des épouses militaires et paramilitaires poursuivis réclame sans délai le jugement de leurs époux…

Lors d’une conférence de presse organisée à la maison de la presse, ce lundi 13 novembre, le collectif des épouses militaires et paramilitaires poursuivis dans l’affaire des bérets rouges s’est montré un peu plus impatient. Dans une déclaration, le collectif réclame sans délai le jugement de leurs époux à défaut leur mise en liberté provisoire. L’argument avancé par les femmes du collectif prend sa racine dans le code pénal malien qui stipule « qu’en matière de criminelle, le délai de détention provisoire ne peut excéder 3 ans ». « Nous réclamons le jugement immédiat de nos époux et à défaut, leur mise en liberté provisoire, car si cette détention devrait se prolonger, ce serait illégal », clame Mme Dembélé Madina Sissoko, présidente du collectif.

Les présumés auteurs de la disparition des 21 bérets rouges lors des évènements du 30 avril 2012 sont détenus au camp 1 de la gendarmerie de Bamako, Markala, Manantali et Sélingué. Les détenus ont observé une grève de la faim d’une semaine du 06 au 12 novembre pour le même motif à savoir leur jugement sans délai ou leur mise en liberté provisoire.

A rappeler qu’un premier procès avait été organisé à Sikasso, en décembre 2016. Mais le procès qui se promettait d’être explosif avait été reporté pour complément d’enquête.

Dily Kane

mali24

Tessit : Les 8 combattants de la CMA libérés hier à Gao

Les 8 combattants de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad de Tessit ont été libérés  hier dimanche à Gao. Ces combattants ont été arrêtés mercredi dernier à Tandarawel au cours d’une opération conjointe Barkhane-Force G5 sahel.

En effet, une mission de Barkhane et du G5-Sahel en patrouille dans la zone de Tandarewalle (Tessit) avait procédé mercredi dernier à l’arrestation d’un officier du MNLA, Idrissa Ag Ilyas et son équipe près de la base de la CMA à Tindjirindjiatane.

Cette arrestation est confirmée par la CMA, mais elle a estimé que les membres de l’équipe arrêtés ; à savoir : Idrissa Ag Ilyas, Hamza Ag Abdoulmalik, Kinanata Ag Matafa, Alyajid Ag Matafa, Hatar Ag Borgazal, Idwalinfa Ag Atta, Assalat Ag Erzagh et Ahmadou Ag Almahmoud étaient en service.

Les forces Barkhane et G5-Sahel ne se sont pas limitées aux arrestations de ces combattants soupçonnés de connivence avec les terroristes, la patrouille a également saisi leurs équipements et matériels. En procédant ainsi, Barkhane et G5 Sahel savent bien là où il faut aller pour traquer les terroristes et surtout leurs complices. Ces arrestations des éléments du MNLA ont été suscitées au sein de la CMA, Barkhane et G5-Sahel. Ceux-là n’ont pas cédé à la pression jusqu’à hier dimanche où ils ont finalement relâché les 8 éléments de la CMA.

AMC

Source: L'Indicateur du Renouveau

Mamadou Ismael Konaté: « Il est de l’intérêt de tous que le procès de Amadou Aya Sanogo aille jusqu’au bout »

Dans une interview qu’il nous a accordée, le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Mamadou Ismael Konaté, explique les raisons de la suspension des activités de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et les facteurs qui entravent la poursuite du procès Amadou Aya Sanogo et de ses codétenus qui ont entamé une grève de la faim depuis la semaine dernière

L’Essor : Après la grève du SYNTADE, le gouvernement a décidé une relecture de la loi portant prévention et répression de l’enrichissement illicite. De quoi s’agit-il ?

Mamadou Ismael Konaté : Les journées de cessation de travail sont toujours des moments de douleur pour les usagers du service public, mais aussi pour un Etat soucieux que les choses se déroulent le plus normalement du monde. Mais la grève a quelque chose de bien, en ce qu’elle oblige les partenaires à se concerter nécessairement, à échanger et à se parler par l’entremise de conciliateur dont le rôle et la mission visent à rapprocher les points de vue des parties tant que cela est possible. Dans tous les cas, l’intérêt général doit toujours prendre le pas sur toute autre considération. Le SYNTADE a mis en œuvre un préavis de grève en appelant à la cessation de travail durant quelques jours. L’occasion était bonne pour le SYNTADE d’expliciter au gouvernement les griefs que ces membres faisaient à la loi sur l’enrichissement illicite et la déclaration de biens dont sont assujettis certains fonctionnaires publics. Ces griefs ont été entendus et l’on ne saurait faire le reproche à un gouvernement qui entend les critiques venant de syndicat dont les membres sont concernés au premier chef par la mise en œuvre d’une loi qui vise à préserver les deniers publics. Le SYNTADE a dit et réitéré son adhésion de principe au combat contre la corruption et infractions assimilées, mené par le gouvernement. La lutte contre la corruption dans notre pays trouve sa source dans de nombreuses conventions internationales.

L’une de ces conventions est celle dite «Convention des Nations unies contre la corruption». Elle a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 31 octobre 2003 à son siège à New York. Notre pays l’a signée le 9 décembre 2003 et le Parlement malien l’a ratifiée le 18 avril 2008. Dès lors, la loi qui en découle a une valeur supérieure aux lois nationales. Dans ces conditions, notre pays est tenu de se conformer à l’ensemble des engagements souscrits au nombre desquels la «déclaration de patrimoine» par tous les «agents publics» et la prise d’acte d’incrimination de l’infraction d’enrichissement illicite.

Mais, une chose est de prendre une loi, une autre est d’être capable d’entendre et de prendre conscience des difficultés perçues par des syndicats, à l’occasion de la mise en œuvre de cette loi. Le SYNTADE a exprimé le souhait de voir plus de sécurité tout le long du processus de collecte des informations contenues dans les déclarations de patrimoine (DP), plus de confidentialité à l’occasion de la conservation des données, notamment à l’occasion du maniement des dossiers de déclarations de patrimoine. C’est bien tous ces points qui feront l’objet de discussions et d’échanges au sein de la commission instituée en vue d’y trouver des solutions idoines.

L’Essor : Certains Maliens pensent aujourd’hui que l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite est une structure mort-née, qu’est-ce que vous en dites ?

M. I. K : J’ai rappelé l’origine de cette loi et les exigences qui découlent de nos engagements internationaux. Cette loi et les textes subséquents ont donc tous la même source. L’office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) n’est pas une structure ex nihilo. Il est une autorité administrative indépendante, au même titre que le Bureau du vérificateur général (BVG). Il assure un rôle et une mission de première importance pour rendre plus efficaces les lois de répression en matière de corruption et infractions assimilées. Il n’est pas un organe de répression et elle ne se confond ni au parquet, ni au Bureau du vérificateur général. Il s’assure que les déclarations de patrimoine sont faites par les personnes qui y sont assujetties.
A l’occasion, il ouvre des enquêtes s’il y a lieu et lorsqu’il est saisi de dénonciations. Mais ses autres missions ne sont pas à négliger concernant l’élaboration de statistiques en matière de faits de corruption et d’enrichissement illicite, tout comme les études et analyses qu’il peut mener dans ces domaines en vue de juguler le phénomène au moyen de prise d’actes et/ou de correction des actes. L’OCLEI est bien utile et nécessaire dans le dispositif et le processus de lutte contre la corruption et infractions assimilées. C’est pour toutes ces raisons qu’il faut le maintenir et peut être l’adapter davantage.

L’Essor : Peut-on savoir l’avenir qui sera réservé à l’OCLEI à partir du moment où ses activités ont été suspendues ?

M. I. K : Seules ses activités publiques ont été suspendues. Il est plutôt bienséant que lorsque l’on cherche à régler des difficultés, il faut éviter de poursuivre autrement qu’en envisageant seulement des solutions. Alors que les points d’obstacles et de difficultés sont identifiés ou sont en passe de l’être, ce n’est peut-être pas le meilleur moment d’exiger des déclarations de patrimoine au sous-préfet de Ténenkou, de Labbezenga ou de Tinessako tant que l’on n’aura pas réglé la question de l’acheminement correct et sécurisé de leurs déclarations de patrimoine du lieu où ils sont à la Cour suprême. Tout comme ce n’est pas le meilleur moment pour adresser une mise en demeure à toutes ces personnes assujetties à déclaration de patrimoine et qui sont actuellement en fonction à Kidal ou à Abeybara. Ce sont là des difficultés opérationnelles que nul esprit ne pouvait prévoir ou anticiper avant la mise en œuvre de la loi. Ces questions qui se sont posées ailleurs que chez nous, sont à l’origine du ralentissement du processus de déclaration de patrimoine et d’ouverture des enquêtes dans de nombreux pays voisins dont le Burkina Faso, le Bénin et le Sénégal. La prise en charge de ces questions et la manière déterminante par le gouvernement de leur trouver des solutions constituent le défi qui nous engage en tant que gouvernement mais bien au-delà du gouvernement, toute la nation.

L’Essor : La lutte contre la corruption et l’enrichissement est un combat permanent au Mali. Qu’est-ce que vous avez à dire pour rassurer les partenaires au développement ?

M. I. K : Notre pays n’est pas différent des autres comme le Rwanda ou l’Ile Maurice, le Bhutan où la lutte contre la corruption constitue des objectifs politiques poursuivis et réussis grâce à l’engagement de tous. C’est une question de volonté politique en premier. Cette dynamique est confirmée du point de vue du gouvernement par la prise de textes législatifs et règlementaires contre la corruption, en parfaite liaison avec les engagements souscrits dans la Convention des Nations unies contre la corruption. Il reste maintenant pour le pays et la nation à observer ces textes et à les mettre en œuvre correctement et convenablement. Cette action doit être collective, elle concerne tout le monde et c’est l’affaire de tous. Tout le monde devrait s’engager dans la lutte contre la corruption et les infractions assimilées. Tout le monde devrait s’impliquer et jouer sa partition puisqu’il s’agit d’une «pandémie».

Sur ce plan, l’engagement doit être réellement citoyen. Il doit être plus nettement affirmé et les attitudes et les comportements de tous devraient s’en ressentir, évoluer et aller vers ce qu’il y a de mieux. Or, aujourd’hui, on assiste à une scène où tout le monde se jette la pierre à tout le monde en se cachant derrière les faits de corruption que nous ne cessons de diaboliser quand il s’agit des autres et banaliser lorsque l’on est soi-même concerné ou impliqué. Aujourd’hui, le phénomène de la corruption et de l’enrichissement illicite est mondial et doit être nécessairement jugulé.

D’aucuns prétendent que le phénomène est «naturel», mais même naturel, il est loin d’être légal. C’est pour cela qu’il faut manier autant d’actions de prévention que de répression. En l’absence de réaction, ceux qui se rendent coupables d’actes ou de faits de corruption finissent par banaliser leurs actes, pourtant graves et répréhensibles. Du coup, l’entourage direct, familial, professionnel et social ne retient plus que les gestes de largesse d’un «bien-faiseur» en faveur de tel chef de famille dans l’incapacité de lier les deux bouts d’une peine l’empêchant de régler le prix de la popote, vis-à-vis de cette pauvre mère de famille qui se voit soulagée de la charge d’une ordonnance médicale d’un enfant malade, sur le point de rendre l’âme, faute de soin et de médicaments, à l’égard d’une association de jeunes du quartier bénéficiant d’un complexe sportif de facture professionnelle mis à disposition, pour ce chef religieux qui reçoit d’importants fonds devant servir à ériger un bâtiment géant servant de lieu de culte…

Le danger de la corruption est partout et il est rampant. Aucun mérite autre que celui de l’argent illicite n’est reconnu et les règles de concurrence sont totalement bafouées en matière d’emploi, de commerce. Totalement pétris de richesses accumulées dans des conditions inacceptables, les coupables d’actes de corruption se consacrent à la constitution de groupes pour assurer leur propre sécurité dans un premier temps et glissent vers l’entretien de milices, pour tenir en respect tout ce qui peut venir contrarier leurs entreprises criminelles et funestes dans le pays. Dans ce lot, il y a les trafiquants en tous genres, d’armes à la drogue, des produits contrefaits à la fraude et au blanchiment. L’engagement du président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement est total et sans aucun répit contre ce fléau. Cette volonté est aussi celle qui a été exprimée sans ambages par le SYNTADE à l’occasion des négociations.
Alors, que tout le monde s’engage contre ce fléau.

L’Essor : Pourquoi le procès Amadou Aya Sanogo et autres prend-t-il autant de temps ?

M. I. K : Pas du tout. Ce procès attend les résultats des expertises sans lesquelles aucune procédure ne pourra se poursuivre convenablement. L’engagement du gouvernement est que dans cette affaire, la justice soit, dans ce cas-ci et dans d’autres. Les premières expertises ont fait l’objet de contestation vigoureuse de la part des accusés et de leurs conseils. De nouvelles expertises ont été ordonnées. Un juge, membre de la Cour d’assises l’ayant ordonné, a été désigné pour suivre l’évolution des choses. Le parquet général de Bamako avait reçu toutes les assurances que les résultats de ces expertises seraient disponibles à la fin du mois d’octobre. Visiblement en raison de difficultés «techniques», le laboratoire a prorogé ce délai sans que cela ne soit hors du raisonnable. L’objectif étant de rechercher la vérité, ce temps doit être mis à profit pour que cette vérité soit possible. Pour le reste, c’est une affaire de justice dans laquelle je ne voudrais pas, en tant que Garde des sceaux, prendre part. Je puis donner les assurances d’un procès équitable et conforme aux normes et standards internationaux où tous les droits seront respectés et préservés.

L’Essor : Les codétenus d’Amadou Aya Sanogo ont entamé une grève de la faim le 6 novembre 2017, qu’est-ce qui justifie cette grève ?

M. I. K : Rien à mes yeux ! Je regrette cette décision des personnes accusées dans le cadre de cette affaire. J’avais jusque-là loué leur comportement durant la détention. Le parquet général et les autorités chargées de leur sécurité mettent tout en œuvre en ce moment pour que cette détention se déroule dans les conditions conformes au droit et à la dignité. J’espère que ces personnes ne manqueront pas de revenir à de meilleurs sentiments pour cesser de s’alimenter pour que jamais aucune vie ne soit mise en danger.

L’Essor : Nous avons appris dans la presse que le procès ne sera plus en transport à Sikasso. Le confirmez-vous ?

M. I. K : Sikasso a été choisie la dernière fois pour des questions évidentes de recherche de sérénité, nécessaire pour un procès de ce genre et de cette nature. Cette affaire bien que spéciale est et reste une affaire comme une autre. La presse dit beaucoup de choses, souvent une chose et son contraire, ce qui n’est pas souvent très audible et très accessible pour un esprit raisonnable. Rien de tout cela n’est arrêté et le moment venu cela sera dit.

L’Essor : Est-ce que le procès Amadou Aya Sanogo et autres ira jusqu’à son terme ?

M. I. K : Il est de l’intérêt de tous que ce procès se tienne et qu’il aille jusqu’au bout. La vie d’un militaire d’un côté et l’honneur militaire de l’autre ont autant de sens et d’importance que seul un procès équitable pourrait laver et/ou rétablir le cas échéant cet honneur.

L’Essor : Votre mot de la fin ?

M. I. K : La justice, la justice et rien que la justice. Le premier et ultime remède à la crise qui menace la survie de notre pays et de sa nation réside dans la justice. Revenons à ce fondement de la vie qui est de soumettre les violations, les déviances et les contradictions à l’appréciation de la justice. Bien évidemment, la justice des hommes n’est pas la justice de Dieu.

C’est pour cela qu’elle est loin d’être parfaite et qu’elle n’est pas sans failles non seulement au plan de l’institution justice elle-même, mais également vis-à-vis des hommes de justice qui ne sont d’ailleurs pas à l’abri de la critique, y compris violente mais pourvu qu’elle soit aussi constructive.
Les critiques à l’égard de la justice ne doivent pas être vides de sens. Elles doivent émaner d’hommes et de femmes qui ont eux-mêmes le sens de la justice et de la responsabilité. Aucun juge ne peut être jeté en pâture fût-il pour le pire des crimes. Laisser se réaliser un tel dessein aboutirait à mettre en danger l’institution judiciaire elle-même. Les juges évoluent dans un état de droit et sont et demeurent justiciables pour tous leurs actes devant la justice.

Propos recueillis par Madiba KEITA

Source: L'Essor

Le chef de la Minusma devant les députés : « A quoi ont servi lesautorités intérimaires? »

Le chef de l'ONU au Mali était devant les parlementaires, jeudi 9 novembre, pour la traditionnelle séance de questions-réponses organisée chaque année pour que les Nations unies expliquent leurs actions devant les députés. Mahamat Saleh Annadif a été percutant face aux critiques des élus.

Sous une pluie de critiques, le représentant spécial de l'ONU n'a pas tardé à renvoyer dos à dos le gouvernement, les parlementaires et les groupes armés. « Sur la question de la dégradation de la sécurité dans le centre, dit-il, nous avons alerté tout le monde il y a un an. On nous a rétorqué : il n'y a pas de problème. »

Attaqué sur les actions de l'ONU dans cette partie du pays et sur le support qui sera apporté aux futures élections prévues en décembre, Mahamat Saleh Annadif contre-attaque. « Dans le Centre, nous savons que les routes ne sont pas sécurisées, il n’y a pas d’administration, pas de préfet, pas de sous-préfet. Est-ce que la Minusma va partir faire préfet ou sous-préfet dans ces régions ? Non, assure-t-il. Nous sommes prêts à accompagner le gouvernement et nous sommes vraiment en train de faire tout notre possible pour que les élections aient lieu, mais soyons réalistes. Nous avons quand même deux acteurs qui sont là, armés, qui sont dans une partie du territoire et qui disent ne pas vouloir des accords et des élections. »

Sur la question des autorités intérimaires, Mahamat Saleh Annadif est encore plus piquant. « A quoi ont-elles servi ? » questionne-t-il. Celles de Kidal ont été installées le 6 novembre 2017. Celles de Tombouctou n'ont jamais commencé à travailler. Pour le chef de l'ONU, la responsabilité incombe à la fois aux mouvements armés et au gouvernement.

NB : le surtitre et le titre sont de la rédaction

Source : Rfi

 

Election du district de Bamako : Les candidats de la liste URD-CAP remercient leurs bases pour leur choix

Dans le cadre des élections pour le district de Bamako, la liste URD-CAP, sous la houlette de Maître Demba Traoré, a été présentée aux militants de la commune III du district de Bamako le samedi 11 novembre 2017. C’est dans une atmosphère de camaraderie que la délégation de Maître Demba Traoré composée de Racine Thiam, Ba Kissima,  Mme Wadidié Salimata Dagnoko, et sa suite ont été accueillies au siège de la section III de l’Union pour la République et la Démocratie (URD).

Après un tour de table, le Secrétaire général de l’URD, Aly Bazzi de la  commune III a remercié la délégation pour le choix porté sur sa base, la première visitée par les candidats de la liste URD-CAP. « Nous sommes honorés de votre présence pour avoir choisi notre commune, la première base qui a reçu les candidats. A cet effet nous vous promettons une victoire éclatante du parti dans notre commune », soutient-il.

Pour sa part,  Maître Demba Traoré, tête de liste du parti vert et blanc, a indiqué que la campagne n’est pas encore ouverte, ce déplacement de sa délégation a pour but de présenter les candidats aux militants. « C’est un devoir pour nous de venir vous remercier pour votre choix en nos modestes personnes pour conduire les élections du district de Bamako. Le choix de votre commune pour entamer cette visite n’est pas gratuit car, c’est elle qui abrite la mairie du district et le palais présidentiel,  en bref vous avez le pouvoir ici », précise-t-il.

Par ailleurs,  Maître Demba Traoré a présenté son jeune frère et colistier, Racine Thiam, aux militants de la commune III. Dans un style à la limite humoristique, Me Demba a reconnu que ce n’est pas facile de quitter le sommet de l’Etat pour l’opposition, une vache maigre. « Racine Thiam l’a fait avec conviction et détermination », ajouté-t-il. Rappelons que Racine Thiam était le directeur de la communication du Président de la République.

Sous un tonnerre d’applaudissement, Me Demba a appelé les militants à une campagne apaisée, sans insultes ni violences verbales car, Dieu donne le pouvoir à qui il veut,  Dieu connait déjà, le maire du district de Bamako. « En tant que croyants, acceptons la volonté de Dieu », conclut-il. Un message qui a marqué les esprits dans la salle et fait dire à certains que le candidat Demba est un homme de foi malgré son jeune âge.

Après son intervention, Racine Thiam a expliqué son choix pour la liste URD  qui n’a d’ailleurs pas été  facile au regard de la pesanteur socio-politique.  Selon lui, ce choix a été fait avec conviction et responsabilité. « Notre parti CAP et l’URD partagent la même idéologie politique d’où notre choix pour le parti de la poignée des mains. Nous vous rassurons que le CAP jouera sa partition à cette élection à hauteur d’attente », dit Thiam.

Enfin, le candidat maître Demba a confié son jeune frère Thiam aux militants de l’URD en vue de son intégration dans la base du parti. La rencontre s’est terminée par la fatiha dirigée par le doyen de la liste. La prochaine visite est prévue en commune IV, II, V et VI et I.

Modibo L. Fofana

Election Présidentielle de 2018 au Mali : Paris, la « Mecque » des candidats ?

La capitale française est-elle devenue « La Mecque » pour les candidats à la magistrature suprême du Mali ? Le ballet des candidats potentiels à l’élection présidentielle de l’année prochaine donne à croire que Paris est incontournable dans la course pour monter sur la colline du pouvoir.

Soumaïla Cissé, Moussa Mara, Dramane Dembélé, Modibo Sidibé, tous se sont rendus à Paris, la capitale de la République française, à la recherche de soutien. Ils mettent en branle les réseaux de lobbying pour obtenir des rendez-vous à l’Elysée et au Quai d’Orsay, siège du ministère français des affaires étrangères. Des entretiens sont négociés avec les responsables politiques et ceux du monde économique. Le ballet de ces prétendants parmi d’autres à l’élection présidentielle donne l’impression que Paris est incontournable dans la course pour monter sur la colline du pouvoir. Il ne serait pas très exagéré de dire que la capitale française est devenue « La Mecque » des candidats à la magistrature suprême du Mali à l’exception de l’honorable Oumar Mariko de la Solidarité Africaine pour la démocratie et l’intégration (Sadi) et Soumana Sacko de la Convention nationale pour une Afrique Solidaire (Cnas Faso Hère). Ces derniers n’ont pas effectué ce petit pèlerinage à Paris.

Maïmouna  Berthé, stagiaire  

Source : Le Challenger

Affaire de la disparition des 23 bérets rouges : Les grévistes de la faim en souffrance

Une semaine jour pour jour, 17 militaires de l’ex junte d’Amadou Haya Sanogo de 2012, accusés d’assassinat de 21 bérets rouges retrouvés dans un charnier à Diago dans les environs de Kati, ont entamé une grève de la faim. Cette manifestation singulière ne semble pas avoir d’impact puisque le gouvernement n’a pas encore réagi à leur requête de la tenue rapide de leur procès ou leur mise en liberté après 3 ans de détention provisoire conformément au code de procédure pénale. 

C’est depuis lundi dernier que les 17 codétenus de l’ex junte d’Amadou Haya Sanogo de 2012, accusés d’assassinat de 21 bérets rouges retrouvés dans un charnier à Diago dans les environs de Kati, sont en grève. Cette manifestation ne semble pas avoir de résultats puisque le gouvernement n’a pas encore réagi à leur requête de la tenue rapide de leur procès ou leur mise en liberté après 3 ans de détention provisoire conformément au code de procédure pénaleD’ailleurs, elle a commencé à entamer leur santé. Déjà, un d’entre eux en la personne de l’adjudant-chef Fousseini Diarra grévistes,  a été hospitalisé  mercredi dernier au CHU du Point G. Ses proches confirment que son état a nécessité une intervention chirurgicale. Le lendemain, il a été ramené au camp 1 de la gendarmerie de Bamako. Les épouses des détenus confirment que certains de leurs maris sont déjà affaiblis par la grève de faim. Malheureusement, leur action  n’a pas permis de faire avancer le dossier.

Leur porte-parole, Madame Dembélé Madina Sissoko, épouse de l’ancien chef d’état-major des armées, Dahirou Démbélé, a expliqué sur les ondes de Studio Tamani que « rien n’a évolué. Avec l’âge et les maladies comme le diabète et la tension artérielle, nos maris souffrent ».  Elle a ajouté que le secrétaire général du ministère de la Justice a rencontré les avocats des grévistes, mais les choses n’ont pas évolué puisque les résultats des tests ADN faits sur les corps des 23 bérets rouges retrouvés dans un charnier à Kati ne sont pas toujours disponibles. Pourtant, le ministre garde des sceaux a promis de les rendre en fin de mois dernier tout comme le parquet de Bamako de tenir le procès au cours du premier trimestre de l’année en cours. Le procès avait démarré brièvement en novembre 2016  et a dû être reporté justement pour mauvaise organisation notamment l’absence de tests ADN.A travers cette grève de la faim, les prévenus veulent dénoncer la lenteur de la procédure judiciaire et l’expiration du délai légal de détention préventive. On dit que les choses vont évoluer cette semaine.

MD

Source : L’Indicateur du Renouveau

Dr Boubou Cissé sur le bilan des 4 ans du président IBK à Koulouba : “Nous sommes arrivés à réaliser des performances qui sont positives et reconnues”

Dans le cadre de la célébration des 4 ans du président Ibrahim Boubacar Kéita à Koulouba, le ministre de l’Economie et des Finances, Dr. Boubou Cissé, a bouclé la boucle du bilan de ces 4 années. Pragmatique, la tête sur les épaules, le ministre Boubou Cissé a impressionné de par sa maîtrise des sujets économiques.

Sur la qualité de la coopération du Mali avec ses Partenaires techniques et financiers, le ministre Boubou Cissé rassure que le Mali a de très bonnes relations avec ses partenaires. Et pour cela, il a cité la mise en place d’un cadre de concertation et de dialogue qui, à ses dires, marche bien et autour duquel le gouvernement, ses partenaires y compris la société civile, se retrouvent et arrivent à discuter de toutes les questions, sans tabou, dans la transparence. “Le partenariat entre les pays en développement et leurs partenaires financiers ont énormément évolué. Avec ces partenaires, nous ne parlons plus de conditionnalité. Nous voyons ce partenariat en termes d’accompagnement, de réformes que nous jugeons pertinentes. Nous partons vers ces partenaires pour les inviter à nous accompagner dans la mise en œuvre des réformes que nous proposons”, a-t-il dit.

En plus, il a indiqué que le Mali n’est pas un pays trop endetté car, selon lui, l’encourt de la dette du Mali est de 3 000 milliards de Fcfa qui est en deçà du critère communautaire en matière de risque d’endettement. “Ce qui est important, c’est le respect des normes et des standards internationaux. Nous sommes à 32 % de notre PIB (richesse nationale) et le ratio communautaire est à 70 %. Donc, premièrement, ce qui veut dire que le Mali n’est pas un pays à risque du point de vue endettement. Et deuxièmement, le Mali est un pays qui rembourse ses dettes. Pour le remboursement en matière du service de la dette, le Mali n’observe jamais un retard. Le Mali est un bon emprunteur”, a-t-il souligné, avant d’ajouter qu’il y a la confiance entre le Mali et ses partenaires techniques et financiers traditionnels et de nouveaux partenaires comme des banques de développement. “C’est pour dire que la signature du Mali est crédible sur le marché financier régional. Nous faisons tous les mois des émissions de bons de Trésor et il y a des souscriptions sur ces bons. Ce qui veut dire que le Mali a une signature crédible. Et nous travaillons pour maintenir cette signature crédible”, a-t-il promis.

La pauvreté existe malgré la croissance”, dixit le ministre de l’Economie et des Finances

Sur la santé de l’économie malienne, le ministre Cissé dira qu’elle se porte relativement bien. “Dans la zone Uémoa, le Mali est la 3e économie sur 8. Dans la Cédéao, le Mali est la 6e ou la 7e économique sur 15 pays. Tout cela est lié à la performance économique que le Mali arrive à réaliser dans un contexte très difficile d’insécurité et des chocs exogènes importants qui sont des facteurs qui affectent et impactent la croissance. En dehors de cela, nous avons pu maintenir un taux de croissance qui oscille entre 5 et 6 %. […] Les réformes qui sont engagées et le respect des engagements communautaires sur lesquels nous sommes engagés en termes de stabilité font qu’avec certains indicateurs macroéconomiques sur lesquels les évaluateurs se basent, nous sommes arrivés à réaliser des performances qui sont positives et reconnues”, a-t-il avancé comme argument.

Ce taux de croissance reflète-t-il le niveau de vie des Maliens ? Le ministre de l’Economie et des Finances répondra que cela reste pour lui le défi à relever. “Cela fait 3 ou 4 ans que nous réalisations un taux de croissance élevé. Mais, en même temps la pauvreté est là, elle existe. Ce que nous ne sommes pas arrivés à faire, c’est de réduire la pauvreté de la même ampleur. C’est un problème d’amplitude. La pauvreté n’a pas été réduite de la même ampleur que la croissance a été observée. C’est vrai que la croissance ne se mange pas. Mais il faut pouvoir la réaliser pour créer la richesse, créer les revenus qui seront distribués. Et tant que ces revenus ne sont pas créés, on ne peut pas parler de panier de la ménagère. Plus on réalise la croissance, plus on combat la pauvreté sur une longue durée de 7 à 10 ans. Donc, tout le travail que le gouvernement fait sur la base des orientations du président de la République, c’est de pouvoir maintenir pendant une durée de 10 ans le taux de croissance qui varie entre 5 et 6 %. Au bout de ce temps, l’impact de la croissance se verra sur la réduction de la pauvreté et l’augmentation de l’amélioration des conditions de vie des ménages et le panier de la ménagère. Et le fruit de cette croissance se ressent déjà pour ceux qui veulent bien le voir. Des efforts ont été faits par le gouvernement en matière d’amélioration des conditions de vie des Maliens. Mais ces efforts doivent être élargis à l’ensemble des populations maliennes”, a-t-il soutenu.

Il ajoutera que dans le cadre de cette amélioration des conditions de vie des Maliens, le président de la République a initié le Programme d’urgence sociale présidentielle pour sortir une bonne partie des couches de la population de cette trappe de pauvreté. Nous sommes en train de travailler sur ce programme présidentiel. Dans le budget d’Etat, près de 40 milliards de Fcfa y seront investis dans les secteurs où il y a de la vulnérabilité, la santé, l’éducation, des infrastructures de base.

Bonne gouvernance financière

Par rapport à la bonne gouvernance financière, il soutiendra qu’avec des réformes en cours, des efforts importants sont faits pour l’amélioration de l’environnement de la gouvernance économique et financière. Il s’agit de la transparence dans la gestion des finances publiques. Il dira que la création de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite et la corruption est une concrétisation d’un engagement pris par l’Etat au niveau communautaire en matière de bonne gouvernance.

Sur la mobilisation des ressources à l’interne, le Ministre soulignera que des efforts importants ont été faits dans ce sens. Pour cela, il a félicité les différents services intervenant dans cette mobilisation des recettes internes comme la Douane, les Impôts, le Trésor, la Direction nationale des domaines. “La mobilisation des ressources internes est liée au taux de croissance. Cette mobilisation des ressources n’est que le reflet de l’évolution de l’activité économique au Mali. Cela passe par des efforts et nous continuerons ces efforts. Il faudra une corrélation entre croissance et mobilisation des recettes internes”, a-t-il estimé.

Il a ensuite expliqué que le Budget programme est un passage dans une nouvelle ère en termes d’élaboration et d’exécution du budget.“Jusqu’à présent, nous étions dans le budget de moyens, un budget qui était présenté en termes de dépenses administratives. Maintenant, nous présentons le budget en termes de programmes“, a-t-il affirmé, avant de révéler que la baisse de l’aide budgétaire est liée au fait que certains bailleurs traditionnels du Mali ne sont plus dans l’aide budgétaire globale. “Mais nous arrivons à compenser cette aide budgétaire par les efforts qui sont faits par les services internes”, a-t-il dit. Puis il ajoute que le budget est un instrument politique qu’un pouvoir se donne pour mettre en œuvre sa politique.  “Dans la vision du président de la République, il y a relance économique. Depuis trois ans, beaucoup d’efforts ont été faits pour changer la structure du budget qui est orienté vers l’investissement public, structurel au dépend du budget de fonctionnement. Aujourd’hui, notre budget est à 60 % de fonctionnement et 40 % de budget d’investissement. Ce qui est la relance économique”, a-t-il affirmé.

“Le secteur des mines contribue à 20 % en termes de mobilisation de nos recettes fiscales et non fiscales ” :

Intervenant sur le secteur des Mines, Dr. Boubou Cissé dira que le gouvernement veut plus d’or pour satisfaire les besoins des citoyens maliens. Il a démenti les allégations selon lesquelles les mines ne contribuent pas beaucoup à l’économie malienne.  “Dire que les mines ne contribuent à notre économie n’est pas exact. C’est un secteur qui contribue pratiquement à 20 % en termes de mobilisation de nos recettes fiscales et non fiscales. Nous sommes à peu près à 1 400 milliards Fcfa de budget dont les 20 % proviennent des mines. Ce qui n’est pas négligeable. Cela est extrêmement important. Ce secteur des mines est un secteur créateur d’emplois, un secteur capitalistique. 7 000 emplois directs ont été créés dans les mines. Des stratégies sont mises en place pour aller à la diversification des mines pour sortir de la monoculture de l’or en allant vers d’autres substances minérales comme la bauxite, le manganèse, le phosphate et d’autres matières de construction dont nous n’avons pas tiré profit”, a-t-il confirmé, avant d’ajouter que l’or malien profite aux Maliens.

“La situation sécuritaire et la crise de 2012 ont fait arrêter brutalement la recherche pétrolière au Mali”, a regretté le Ministre

Sur la recherche pétrolière au nord du Mali, le ministre de l’Economie et des Finances a laissé entendre que la situation sécuritaire et la crise de 2012 ont fait arrêter brutalement la recherche pétrolière dans notre pays, alors qu’il y avait eu beaucoup d’avancées dans cette recherche de pétrole avec l’identification des gisements de pétrole et du gaz. “La recherche n’a pas eu le temps de savoir si exploiter ce qui a été découvert était économiquement rentable et commercialement viable. Malheureusement, la crise est arrivée et les sociétés qui étaient sur ces recherches ont malheureusement quitté le Mali. Et aujourd’hui, l’accès à ses zones est difficile. Avec le processus, les investisseurs vont revenir et la recherche va avancer. Il n’y a pas raison que le Mali aussi n’ait pas son pétrole dans quelques années. Il y a des investisseurs locaux qui commencent à s’intéresser au secteur pétrolier et qui ont des fonds de financement disponibles. Ils sont prêts à faire des recherches sur certains bloques. Des dossiers sont déjà en cours de traitement”, a-t-il espéré, avant d’ajouter qu’en termes de création d’entreprise, des progrès ont été faits à cause des réformes et surtout le plan accès financement avec la mise en place du fonds de garantie du secteur privé. Et le Forum des investissements est une opportunité pour les investisseurs de venir investir au Mali. ” Notre objectif est de permettre au secteur privé de créer beaucoup d’emplois. Pour atteindre cet objectif, nous le mettons dans des conditions d’un environnement favorable. Nous accompagnons un certain nombre d’unités pour leur permettre de pouvoir produire, mais aussi d’assurer un équilibre financier “, a-t-il affirmé

Le développement industriel :

Pour le ministre de l’Economie et des Finances, l’industrialisation du Mali est un objectif important pour le gouvernement. Mais, a-t-il reconnu, le processus d’industrialisation d’un pays ne se fait pas en un clin d’œil. A ses dires, la vision du président IBK est basée sur l’industrialisation pour passer de l’économie de pauvreté qui produit et exporte des matières premières à une économie de création de richesses qui va transformer les matières premières pour créer de la valeur pour transformer structurellement l’économie malienne. “Pour arriver à cela, il faut de l’énergie, des infrastructures routières et des facteurs de productions. Nous sommes en train de mettre sur place des conditions de cette industrialisation. Nous ambitionnons de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture industrielle. Pour cela, il faut des aménagements de 100 000 hectares, des aménagements hydro agricoles dans les différents offices du pays. C’est pour dire que nous sommes dans le processus d’industrialisation dans notre pays. Pour cela, nous voulons transformer nos commerçants en industriels comme le cas de M. Kéita qui est devenu un industriel”, a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il y a beaucoup d’initiatives en cours pour faire une substitution à l’importation.

L’économie numérique et la communication

L’Economie numérique et la communication a été abordé par le ministre de l’Economie et des Finances. Il a espéré que l’arrivée d’autres opérateurs téléphoniques sur le secteur va contribuer à faire baisser le prix de la communication. “Nous sommes en train d’aller vers une 4e licence, quand il y aura un 4e opérateur en 2018, tout va contribuer à améliorer la qualité du service et à réduire le coût de communication. Avec le secteur de l’économie numérique et de la communication, nous ne pouvons pas rester à la traîne”, a-t-il espéré.

Le ministre de l’Economie et des Finances est-il est super ministre ? Il répondra qu’il n’est pas un super ministre. “Le gouvernement est une équipe dans laquelle chaque ministre joue son rôle dans le principe de fonctionnement. Il y a un chef du gouvernement qui est le Premier ministre. Les membres du gouvernement sont complémentaires pour aller dans la même direction”, a-t-il réagi.                           

Siaka DOUMBIA

Source: Aujourd'hui Mali 

‘’Déclassement’’ de Niamakoro-Diallobougou de la zone aéroportuaire : Une propagande des spéculateurs fonciers

Depuis quelques semaines, des folles rumeurs persistantes faisant état du ‘’déclassement’’ de Niamakoro-Diallobougou de la zone aéroportuaire de Bamako empoisonnent la vie des populations à Niamakoro et ailleurs dans la Commune VI. Et pour donner du tonus à cette arnaque de la fin de mandat du président IBK, certains individus se faisant appeler « déguerpis de Niamakoro-Diallobougou » ont animé une conférence de presse le mois dernier pour, disent-ils, remercier le président de la République pour cette décision. Mais, après vérification et recoupement auprès des services domaniaux du District de Bamako, il s’est avéré que ce n’est qu’une simple vue de l’esprit, une propagande qui ne dit pas son nom pour mettre les autorités devant une situation de fait accompli. Ce sont des vrais spéculateurs fonciers, des professionnels en arnaque dans le domaine foncier qui chercheraient à endormir leurs proies et aduler le Chef de l’Etat qui est, peut-être, en besoin d’électeurs en ce moment. Le moment est donc bien choisi pour frapper le coup du siècle.

Selon nos sources, officiellement, il n’y a aucun document faisant cas du déclassement de cette partie de la zone aéroportuaire de Bamako, notamment en sa partie spécifique de Niamakoro- Diallobougou. Pourquoi donc cette partie et pas les autres ? C’est la question que les victimes de cette grosse machination devraient se poser. Car, le premier principe de l’administration est sa généralité. Il n’y a jamais une mesure particulière, si c’est le cas, celle-ci est définie par la réglementation qui justifie la décision. Donc, ce n’est qu’une question de bon sens, surtout qu’en 1993, c’est par cette zone que les opérations de déguerpissement ont commencé. Et en compensation, deux zones ont été aménagées pour recevoir les victimes. Il s’agit de Niamakoro-Kourani en Commune du District et ZRNI (Zone de recasement de Niamakoro) située entre Banankabougou-Bollé et Yirimadjo. Alors, comment et pourquoi le gouvernement va revenir en arrière en rétrocédant une partie de cette zone classée d’utilité publique à certains déguerpis et laisser ceux de Faladiè, Sénou, Yirimadjo et ailleurs ?

Si cette mesure doit avoir lieu, c’est le conseil des ministres qui est compétent pour le faire. Cette certitude s’est confirmée lorsque nous avons contacté un responsable du mouvement qui a récemment remercié le président de la République pour avoir déclassé Niamakoro-Diallobougou à travers une conférence de presse. Il s’agit de Abdoulaye Coulibaly qui nous a fait savoir qu’ils n’ont pas de document attestant que Niamakoro-Diallobougou a été déclassé de la zone officiellement mais qu’un processus est en cours dans ce sens. C’est-à-dire qu’officiellement, le quartier fait partie intégrante de la zone aéroportuaire. Leur conférence avait juste pour but de faire accélérer les choses.  Ce que beaucoup ne savent pas aussi, c’est qu’il n’y a pas qu’un seul mouvement au nom des déguerpis de Niamakoro-Diallobougou. Ils sont, à l’heure actuelle, deux mouvements au nom des déguerpis. Le premier, à l’origine du combat pour les droits de ces déguerpis est soutenu par l’actuel Maire de la commune VI, Alou Coulibaly et qui a demandé à Adama Sangaré, Maire du District de Bamako de se dessaisir de ce dossier au profit de la Commune VI. Quant au second mouvement, qui a animé une conférence de presse le mois dernier (octobre), il serait soutenu par des spéculateurs fonciers qui chercheraient à tirer profit eux aussi de cette situation au nom des déguerpis. Lorsque nous avons posé la question du pourquoi de la multiplication des mouvements de défense des intérêts des déguerpis de Niamakoro-Diallobougou  à Abdoulaye Coulibaly, il nous a indiqué qu’ils se battent tous deux pour le même but, à savoir les droits des victimes de déguerpissement de la zone aéroportuaire. Mais, sur le terrain, les choses ne sont pas comprises comme ça. Les deux mouvements ne se regardent pas d’un bon œil.

 

Qu’en est-il réellement de cette partie de la zone aéroportuaire ?

Il faut rappeler que le domaine aéroportuaire de Bamako-Sénou est classé depuis 1995 comme un «domaine à caractère d’utilité publique». Donc « inaccessible » et «inaliénable» selon le Code domanial et foncier du Mali. Plusieurs villages et quartiers périphériques de Bamako qui se trouvaient sur ledit site, comme Niamakoro-Diallobougou ont été déguerpis. En échange, d’autres sites leur ont été attribués (Niamakoro-Kourani et ZRNI).

Quelques années plus tard (2002), un décret fut pris pour autoriser des occupations temporaires du domaine pour des raisons économiques. C’est malheureusement cette nouvelle mesure qui a servi de couverture surtout en 2012 à certaines autorités (anciens ministres, autorités coutumières et élus locaux) pour  procéder au morcellement de l’espace qui couvre une superficie de 7194 ha mais convoité de tous les côtés (Faladié, Diallobougou, Kalabancoro, etc.). On y voit des constructions à usage d’habitation (Kidalbougou), des bases militaires, des usines (de Togouna Agro-Industrie). A ce jour, l’intensité des convoitises des spéculateurs a semblé baisser quelque peu d’ardeur au niveau du secteur de Faladié. Cela du fait de la méfiance des potentiels acquéreurs, qui ont été suffisamment alertés par la série de communiqués diffusés par le Ministère en charge des Domaines et du Cadastre, réaffirmant le non déclassement de la zone comme certains spéculateurs fonciers et leurs complices maires avaient tenté de le faire croire à la population. Par contre, dans les zones comme Niamakoro-Diallobougou, les spéculateurs sont à l’œuvre en rependant des fausses nouvelles selon lesquelles, cette partie du domaine serait déclassée et coupée du reste de la zone aéroportuaire.

L’information a été vigoureusement démentie par une source proche du département chargé des Domaines. Il ressort de l’entretien que cette source nous a accordé sous le couvert de l’anonymat, que le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et des Affaires Foncières, Me Mohamed Ali Bathily, n’a jamais porté une telle initiative devant le Conseil des ministres, seul organe délibérant pouvant statuer sur le cas.

Affaire à suivre donc.

M. D.S

Source: Tjikan

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