Beyla en Guinée Conakry : Des bergers pris pour des rebelles touaregs maliens

L’arrivée d’un groupe de bergers d’origine malienne crée la confusion dans la préfecture de Beyla en Guinée-Conakry. Certains jurent la main sur le cœur que ces bergers ne sont autres que des rebelles touaregs maliens.

Le site guinéen, leverificateur.net, qui rapporte les propos du leader du Rassemblement pour la reconnaissance et le développement (RRD), Abdoulaye Kourouma, fait des révélations troublantes.

A en croire le jeune leader politique, Abdoulaye Kourouma, les autorités préfectorales de Beyla hébergent présentement  des  rebelles touaregs  qui se font passer pour des bergers et qui sont en train d’élever des zébus volés au nord du Mali.

“Le sous-préfet de Karala, Fodé Camara, et le préfet ont reçu une forte somme venant de ces Touaregs pour s’installer à Karala avec leurs troupeaux. Le sous-préfet m’a dit qu’il a été obligé par l’autorité d’héberger ces Touaregs. Si les autorités ne prennent pas des dispositions, les rebelles maliens risquent  d’envahir la Guinée”, a-t-il lancé.

Ni les autorités maliennes ni celles de la Guinée n’ont pu confirmer la présence de ce groupe de bergers ou rebelles touaregs. L’on peut également s’interroger sur quelle base les autorités préfectorales de Beyla en Guinée ont accepté aussi facilement d’héberger ce groupe présenté comme des bergers. Et depuis le début de la crise au nord, il n’y jamais eu cas de l’existence d’un camp de réfugiés dans ce pays voisin.

Par quel moyen, ils ont rallié la Guinée ? Et quelle leur zone de provenance ? Pourquoi, choisir la Guinée ? Des questions qui n’ont pas jusqu’ici de réponses dans la mesure où la Guinée ne fait pas frontière avec les zones où habitent les bergers ou rebelles touaregs.

Si cette information se confirme, c’est la première fois que la Guinée-Conakry accueille un tel contingent de rebelles ou berges touaregs.

A. M. C.

L'Indicateur du Renouveau

 

Aéroport international Modibo Keita de Bamako-Senou Un gendarme surpris dans une tentative de vol de 60 boules de cocaïne

Depuis quelques semaines, une affaire de vol de cocaïne se tramait au niveau de l'aéroport international Modibo Keita de Bamako-Senou. Les faits remontent à fin janvier, plus précisément le 29 janvier 2017.

C’est à cette date que l'antenne de l'office central des stupéfiants de l'aéroport international Modibo Keita a fait une saisie de cocaïne sur un Nigérian, en provenance du Brésil via Casablanca. La quantité saisie est de 1kg soit une soixantaine de boules de cocaïne.


C'est un gendarme, chef de brigade de l'office, qui a tenté d'échanger ces boules avec de la poudre blanche. Mais cette tentative, selon nos sources, a échoué. Et pour cause : un policier a informé la hiérarchie de l'intention de leur chef de voler des boules de cocaïne et de les échanger avec de la poudre blanche. Ordre a alors été donné de le suivre dans son intention.


Le gendarme incriminé, pour faire sa tentative de recyclage des 60 boules de cocaïne, est rentré en contact avec un autre Nigérian spécialiste dans la vente de drogues. Il n’en fallait pas plus pour que les responsables entrent dans la danse, d’autant que c'est le Nigérian qui devrait faire des fausses boules de poudre blanche pour remplacer les vraies boules de cocaïne. Le Nigérian a été filé pour empêcher le transfert. C'est grâce à des appels téléphoniques que le Nigérian a été identifié, lequel a fini par fuir le 9 février 2017. Mais il sera identifié le 13 janvier passé dans son pays.


L'enquête a par ailleurs permis de savoir que la tentative d'échange a commencé le 29 janvier 2017. Pendant toute l'enquête, le chef de brigade a cherché à mystifier les enquêteurs. Il finira par reconnaître les faits, et n’a pas bénéficié de circonstances atténuantes, lui qui est à deux ans de la retraite. Il retourna en outre à son corps d'origine.


L'office central des stupéfiants n'est pas son premier coup. Il n’y a pas longtemps, le chef de sa cellule de Tombouctou, un commissaire, a été renvoyé à son corps d'origine pour faute grave. Idem pour un sergent-chef de police à l'antenne de Ségou. Il faut préciser que la valeur marchande de la quantité de drogue saisie est estimée de 40 à 60 millions FCFA.


Sinaly KEITA

Source: Le Reporter

Détournement de 2 milliards 289 millions à la mutuelle de la gendarmerie: Le général Salifou Koné couvre Balla Koné et Cie

Le détournement des fonds de la mutuelle et de la coopérative d’habitat de la gendarmerie a pris une nouvelle tournure, avec le soutien non dissimulé du secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants, le général de brigade Salifou Koné. Ce dernier, selon plusieurs gendarmes, couvre les 4 gendarmes qui ont dilapidé leurs ressources financières. Pendant 10 ans, de 2004 à 2014, en moyenne, la mutuelle prélevait 5000 Fcfa sur le salaire de chacun de ses adhérents, et a pu ainsi mobiliser 2 milliards 289 millions de Fcfa. Cette faramineuse somme a été «maraudée» par 4 gendarmes avec leur tête un certain Balla Koné qui est apparenté au secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants.

 

Pour faire dans le dilatoire, le général Salifou Koné veutordonner une nouvelle enquête pour produire un rapport biaisé, dénaturer les faits et innocenter ses protégés détourneurs de fonds de la mutuelle et de la coopérative de la gendarmerie. Le secrétaire général s’oppose alors à de jeunes gendarmes, des victimes et ayant-droits qui ne veulent plus se laisser faire. Ces derniers tiennent à organiser une assemblée générale extraordinaire de la mutuelle.

 

Evidemment, le général de brigade Salifou Koné s’y oppose. Mais il semble ne pas mesurer le travail abattu pour en arriver à épingler les quatre gendarmes qui ont volontairement soustrait de l’argent des caisses de leur mutuelle et de la coopérative d’habit. Plusieurs enquêtes ouvertes par leur hiérarchie, avec les meilleurs limiers de la boîte, ont déjà mis à nu les pratiques délictueuses des protégés du général, à en croire certains gendarmes interrogés par nos soins. En plus d’un audit d’expertise en bonne et due forme.

 

Ces différentes enquêtes sont parvenues aux mêmes conclusions. Lesquelles auraient dû parvenir au ministre de la Défense et des Anciens combattants, si le général de brigade Salifou Koné ne les gardait pas dans son tiroir. En clair, il n’a jamais voulu donner les conclusions de ces enquêtes à son ministre. Et il fait pire que cela, selon nos sources, puisqu’il a incité les quatre détourneurs de fonds à prendre connaissance du contenu de la sanction qui devait leur être infligée par leur hiérarchie, mais de ne jamais rien signer. Les rassurant, au demeurant, que les propositions de sanctions relèvent de la compétence du ministère de la Défense. Et Balla Koné le dit à qui veut l’entendre : «le Segal nous a dit de prendre connaissance du document mais de ne rien signer». Excepté Boubacar Diawara, au nombre des gendarmes fautifs, tous les autres s’y sont refusés.

 

Selon plusieurs gendarmes et victimes de cette situation,un rapport d’expertise prouve que la mutuelle de la gendarmerie (créée en 2003) a toujours été excédentaire. Pour rappel, elle prélevait en moyenne 5000 Fcfa sur le salaire de chacun de ses adhérents, soit 19 millions Fcfa par mois. Ceci donne sur les 12 mois de l’année, de 2004 à 2014, un joli pactole de 2 milliards 289 millions de Fcfa. Et la mutuelle ne reverse aux partants à la retraite et ayant-droits que 100 millions Fcfa par an. Ce qui représente, sur les 10 ans, la somme d’un milliard de Fcfa. Où est alors passé le reste du pactole (1 milliard 289 millions de Fcfa), se demandent les gendarmes.

 

En plus d’avoir caché au ministre les résultats de l’expertise sur les détournements de fonds à la mutuelle et à la coopérative de l’habitat, le général Salifou Koné s’oppose à la tenue d’une assemblée générale extraordinaire devant statuer sur la question. D’où la colère des gendarmes. Salifou Koné contrecarre ainsi la volonté des responsables de la gendarmerie de mettre de l’ordre au sein de la mutuelle. Selon plusieurs victimes et jeunes gendarmes en colère, le ministre de la Défense ne serait pas au courant du fond de cette crise, «tout lui a été caché parce qu’il ne peut être au courant d’un tel détournement et soutenir son secrétaire général».

 

Par ailleurs, selon nos informations, beaucoup de gendarmes disent ne pas comprendre que le département en soit encore à vouloir envoyer une mission d’inspection pour analyser la situation, situer les responsabilités. Et pour prendre les mesures nécessaires pour le redressement et le meilleur fonctionnement de la mutuelle, alors que les faits ont été constatés et les responsables sont connus.

 

L’importance de l’assemblée générale extraordinaire de la mutuelle

L’avantage de la gendarmerie, c’est qu’elle est un corps d’élite, un corps complet avec beaucoup de compétences en son sein. Nos investigations nous ont conduits auprès de certains gendarmes avisés, lesquels conseillent par ailleurs les jeunes gendarmes en colère contre le général de brigade Salifou Koné.

Pour ces personnes ressources, la gestion, la création et le fonctionnement de la mutuelle trouvent leur fondement dans la loi spéciale sur la mutualité au Mali. Pour convoquer une assemblée générale, disent-ils, le bureau de la mutuelle ne peut se contenter que de ses seuls responsables physiques ou membres du conseil d’administration. C’est pourquoi les autres membres ont été informés de la tenue de l’assemblée générale extraordinaire. 

Cette loi spéciale régissant la mutualité au Mali stipule en son article 55 qu’ «en cas de dysfonctionnement constaté, l’autorité administrative peut procéder ou faire procéder à une inspection par enquête sur la constitution, le fonctionnement et la situation financière des structures mutualistes afin de s’assurer qu’elles se conforment aux dispositions de la présente loi». En application de cette disposition pertinente, une enquête a été ouverte, sur le litige opposant les adhérents de la coopérative et le bureau de l’organe de cession immobilière «Maison du Gendarme». Elle a permis d’établir des connexions troublantes et d’énormes complicités entre plusieurs acteurs au nombre desquels certains membres du bureau de la Mutuelle du gendarme.  

C’est pour toutes ces raisons qu’il avait instruit à la commission d’enquête, mise en place, d’élargir les investigations aux cas de malversations, de décaissements frauduleux, de sorties non autorisées et injustifiées de sommes d’argent ayant plongé la Mutuelle dans une crise de trésorerie. À la lumière de ces faits infractionnels avérés, ayant été reconnus en tout ou partie par les personnes en cause, il est apparu nécessaire de prendre des mesures conservatoires et d’infliger des sanctions. Et c’est bien de cela dont il est question à travers l’organisation d’une assemblée extraordinaire.

Cette instance de décision est la seule compétente pour examiner les faits aussi gravissimes que ceux relevés avec preuves à l’appui, contre un groupuscule qui aurait mieux fait d’émouvoir les milliers de victime en faisant dignement et humblement amende honorable, plutôt que de continuer à vouloir les exaspérer en procédant par des tentatives désespérées et dilatoires, et d’interprétations erronées, au sujet de la tenue de l’assemblée générale extraordinaire. La session projetée n’a d’autre objet que de créer un cadre approprié pour faire prévaloir le droit des membres de la mutuelle à l’information saine, la clarification sans ambages des faits, et l’orientation précise à donner par l’instance suprême de décision qu’elle représente.

Malgré tout cela, le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants, le général de brigade Salifou Koné, veut encore envoyer une mission pour sauver son parent Balla Koné et ses 3 autres complices. Puisque leur assemblée extraordinaire (prévue la semaine prochaine) est opportune et ne viole aucune loi en République du Mali, lesmembres de la mutuelle sont déterminés à l’organiser, et n’entendent pas se laisser distraire par l’arrivée d’aucune nouvelle mission d’inspection. Laquelle ne viendrait produire «que» des rapports biaisés.

Sinaly KEITA

 Le REPORTER       

Procès Assemblée Nationale contre le Figaro du Mali : L’audience reprend le 22 mars 2017 après le paiement de 3 200 000 FCFA par les plaignants

Hier, mercredi 15 mars 2017, le procès opposant l’Assemblée nationale du Mali au journal Le Figaro du Mali a démarré au tribunal de grande instance de la commune I du district de Bamako. L’audience avait pour but de fixer le montant des consignations à payer par les plaignants qui sont aux nombres de trois, à savoir, l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, président de l’Assemblée nationale et Mme Konaté Djénébou Coulibaly, secrétaire à l’Assemblée nationale du Mali. Au moment où les avocats de la partie civile, à l’image de Me Maliki Djibrilla, demandaient 15 000 FCFA en guise de consignation, ceux de la défense dont Me Alassane Diop, réclamaient 30 millions pour les trois plaignants. Dans son verdict, le juge a invité les plaignants à payer 3 200 000 FCFA (2 millions pour l’Assemblée nationale, 1 million de FCFA pour Issaka Sidibé, président de l’Hémicycle et 200 000 FCFA pour Mme Konaté Djénébou Coulibaly, secrétaire à l’Assemblée nationale) au plus tard le 21 mars 2017 au greffe du tribunal. Le juge a, ensuite, précisé que la reprise de l’audience est prévue le 22 mars 2017 à 9 heures.

Hier mercredi 15 mars, les journalistes ont pris d’assaut le tribunal de la commune I de Bamako pour non seulement couvrir le procès mais aussi, pour soutenir leur confrère Ammy Baba Cissé, directeur de publication de l’hebdomadaire le Figaro du Mali. Mais peu de responsables de presse étaient visibles sur les lieux. Un responsable politique, Nouhoum Togo du PDES, était présent pour soutenir le journaliste Ammy Baba Cissé.

A l’entame de l’audience, à 9h 05 minutes, le juge ordonna aux avocats de remplir certaines formalités. C’est ainsi que l’on apprend que les avocats qui se sont constitués pour plaider la cause de la partie civile sont: Me Maliki Djibrilla, Me Ladji Traoré, Me Baber Gano et Me Arouna Keïta. Et les avocats qui assurent la défense sont: Me Alassane Diop, Me Boubacar Coulibaly, Me Ben Mamata Touré... Après ces formalités, le ministère public a fait savoir que le tribunal a été saisi d’une citation directe contre Ammy Baba Cissé, directeur de publication du journal le Figaro du Mali pour « des faits de présumé diffamation ». Avant de requérir la recevabilité des plaintes. S’agissant du montant pour la consignation, le ministère public s’en est remis à la décision du juge. Les avocats de la partie civile ont souhaité que la consignation soit fixée à 15 000 FCFA, soit 5 000 FCFA par plaignant. Il n’en fallait pas plus pour provoquer les courroux de Me Alassane Diop de la défense qui souligne que le montant que la partie civile vient d’annoncer est une injure. A cet effet, il a souhaité à ce que la consignation soit fixée à 30 millions de FCFA, soit 10 millions de FCFA par plaignant. « Cette affaire a été faite pour contourner le parquet et il doit prendre ses responsabilités. La consignation est fixée par le parquet », a précisé Me Alassane Diop. Quant a Me Maliki Djibrilla de la partie civile, il appartient au tribunal de fixer la consignation. « La consignation de 10 millions par plaignant relève du dilatoire », a-t-il dit.

Le juge a dû suspendre l’audience pour délibérer. Ainsi dans son verdict, il ordonna aux plaignants le paiement de la somme de 3 200 000 FCFA (2 millions pour l’Assemblée nationale, 1 million de FCFA pour Issaka Sidibé, président de l’Hémicycle et 200 000 FCFA pour Mme Konaté Djénébou Coulibaly, secrétaire à l’Assemblée nationale) au plus tard le 21 mars 2017 au greffe du tribunal. Avant de préciser que la reprise de l’audience est prévue le 22 mars 2017 à 9 heures.

Les impressions des deux parties

Pour Me Alassane Diop de la défense, ses impressions sont bonnes dans l’ensemble « Aujourd’hui, il était simplement prévu de fixer le montant de la consignation. On est dans une procédure de citation directe. La loi dit que la partie civile qui contourne l’assistance du parquet pour l’instruction d’un dossier est tenue de payer une consignation. Dans le cas d’espèce, la consignation sert à couvrir non seulement les frais de procédure mais aussi à garantir d’éventuelle condamnation qui serait prononcée. Ceux qui ont assigné le directeur de publication du journal Le Figaro du Mali on proposé un montant symbolique mais nous avons pensé qu’en matière de citation directe, il n’y a pas de consignation symbolique. C’est ainsi que le tribunal, dans sa sagesse, nous a entendus. Au lieu d’un montant de 15 000 FCFA proposé par la partie civile, le tribunal a fixé le montant en tenant compte de la particularité des différents plaignants. Pour l’Assemblée nationale, le juge dans sa sagacité a fixé le montant à 2 millions de FCFA, le président de l’Assemblée nationale, intuitu personae, la somme de 1 million de FCFA et pour Madame la somme de 200 000 FCFA. Nous sommes satisfaits de cette décision», a déclaré Me Alassane Diop.

Préférant attendre l’audience sur le fonds pour donner ses impressions, Me Maliki Djibrilla de la partie civile a tout de même souligné que les plaignants payeront les montants fixés par le juge afin que les débats de fond puissent commencer.

A rappeler que ce procès fait suite à la publication d'un article dans le journal Le Figaro du Mali le 7 février 2017, mettant en cause la moralité du Président de l'Assemblée nationale, l’honorable Issaka Sidibé.

Aguibou Sogodogo

Source: Lerepublicainmali

Nord-Mali: ces gouverneurs fantômes qui gouvernent du vent et du sable

La répartition des Autorités dites intérimaires ne change rien à la triste situation de l’Etat malien au nord. Tout d’abord, l’Etat sort bredouille du partage des Autorités puisque la région de Tombouctou a été attribuée aux représentants de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) et la région de Gao aux représentants de la Plateforme (milices d’autodéfense). Bien que, sur le papier, la région de Kidal ait été confiée au gouvernement malien, elle est revenue de fait à la CMA: l’Etat malien, qui ne peut y mettre les pieds, s’est vu obliger de nommer à la tête de l’Autorité intérimaire régionale de Kidal le colonel Hassan Ag Fagaga, un des pères du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Quant aux régions de Ménaka et de Taoudeni, non seulement elles ne reviennent pas au Mali mais en outre, elles n’ont de régions que le nom, étant dépourvues de toute infrastructure administrative et économique digne de ce nom…

Gouverneurs errants

Le pire est ailleurs: malgré la désignation des Autorités intérimaires, l’Etat n’arrive à se réinstaller nulle part. Et rien ne permet de croire que cela changera à bref délai. Ainsi, le gouverneur en titre de Kidal, contesté par la CMA, a prudemment ouvert ses bureaux à…Gao, à 1000 kilomètres de son lieu d’affectation. N’ayant aucune troupe armée pour régner sur la cité des Ifoghas, il va devoir écrire des courriers à Gao et faire du tourisme entre cette ville et Bamako. En un mot, il ne gouverne que lui-même. Et il serait plus juste de le qualifier d’ambassadeur du Mali à Kidal avec résidence à Gao. Le plus drôle, c’est qu’il porte un nom respectable en ces hautes contrées séparatistes: Sidi Mohamed Ag Ichrach. Qu’en irait-il s’il se nommait Bakary Coulibaly ou Bougadary Diabaté ?

Le gouverneur de Ménaka  se trouve dans la même situation d’errance. Il s’appelle Daouda Maiga, professeur d’enseignement supérieur de son état. Le pauvre ferait bien de retourner en classe. Il n’y a pas de gouvernorat à proprement parler à Ménaka, cette misérable bourgade de quelques mètres carrés qui ressemble beaucoup plus à un poste de gendarmerie qu’à un chef-lieu régional. Daouda Maiga passe donc le plus clair de son temps à Bamako. Quand il y a une cérémonie à Ménaka, il s’y rend avec le moins d’empressement possible, après avoir passé la nuit en prières…

Le gouverneur de Taoudeni s’appelle Abdoulaye Alkadi. Il détient un doctorat en droit constitutionnel mais, hélas !, ce genre de papier ne présente aucune espèce d’utilité dans les localités proches de l’Azawad où seuls comptent les détenteurs de canons. Monsieur le gouverneur vit donc le plus souvent à Bamako plutôt qu’à Taoudeni, une localité dont la principale infrastructure est un vieux bagne fermé depuis belle lurette.

Bien sûr, dès lors que les gouverneurs ne peuvent physiquement gouverner, il ne faut pas compter sur les préfets et sous-préfets pour le faire à leur place. Surtout après que 7 d’entre ces administrateurs eurent été égorgés à Kidal en 2014.

Tiékorobani

 Source: Procès Verbal

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