Affaire dite de tentative de déstabilisation des Institutions de Transition : Pourquoi la justice doit accélérer le traitement du dossier ?

Le Tribunal de Grande instance de la commune III du district de Bamako  où est instruite l’affaire dite de tentative de déstabilisation des Institutions de Transition doit accélérer la procédure afin que l’opinion nationale et internationale puisse connaître rapidement la vérité.  Cette affaire continue de défrayer la chronique au Mali et ailleurs.

Pour plusieurs raisons, le juge d’instruction en charge du dossier, doit mettre le pied sur l’accélérateur en commençant les interrogatoires au fond des personnes inculpées et placées sous mandat de dépôt depuis le 31 décembre 2020.

Première raison : une opinion largement répandue voit en cette affaire un montage des mains invisibles pour instrumentaliser la justice dans le but d’écarter certains adversaires politiques et d’éloigner d’autres pour leur liberté de ton gênante. Les termes contenus dans le réquisitoire introductif du Procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de la Commune III et surtout la grande prudence de ce magistrat semblent semer davantage le doute dans les esprits. Un traitement diligent de ce dossier permettra de rabattre le caquet non seulement à ceux ou celles qui doutent encore de l’indépendance de la justice mais aussi à ceux ou celles qui veulent se servir de l’appareil judiciaire pour régler leurs comptes. 

Deuxième raison : cette affaire intervient dans un contexte marqué par un regain de confiance des populations à l’endroit de la justice. Cette flamme d’espoir allumée par une nouvelle race d’animateurs de la justice doit être maintenue. Et le traitement rapide et impartial des affaires sensibles comme celle dite de déstabilisation des institutions de la Transition peut largement contribuer à renforcer le crédit de la justice auprès de l’opinion nationale et internationale. Selon Michel Audiard, « La justice, c’est comme la Sainte Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s’installe ».

Troisième raison : la crédibilité du Mali est fortement liée au traitement juste et équitable de ce dossier sur la scène internationale. Dans son communiqué du 12 janvier 2021, la Mission d’évaluation de la CEDEAO par rapport à la transition en cours au Mali, a fait part de ses inquiétudes face aux interpellations récentes liées à une tentative présumée de déstabilisation et d’atteinte à la sureté de l’Etat.  La délégation de la Cedeao a invité au respect des procédures légales en vigueur en toute transparente dans le respect des droits humains.

Il faut travailler rapidement pour que la vérité éclate au grand jour. Car, selon une formule célèbre de Martin Luther King : « Une injustice, où qu’elle se produise, est une menace pour la justice partout ailleurs, car nous sommes tous pris dans un tissu de relations mutuelles ».

Abdoulaye Doumbia

Mali24

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