Billet : Gifle diplomatique !

La mesure était tellement inattendue que beaucoup de Maliens à la lecture du document annonçant une “autorisation électronique de voyage pour le Maroc, ont voulu croire à un canular. Fake news? Il aura juste fallu 24 heures pour qu’un communiqué de l’ambassade du Royaume chérifien vienne enlever tout doute. Désormais tout Malien désirant se rendre à Casa aura besoin d’un sésame nommé AEV délivré via Internet et une plateforme dédiée.
Qu’avons-nous fait au bon Dieu pour qu’un pays que tout Malien considère comme une seconde patrie en vienne à nous imposer un visa d’entrée même dans une forme édulcorée ? Les mots ne sauraient masquer la réalité ; après tout, le cheminement indiqué pour l’obtention de l’autorisation ressemble fortement au visa électronique pour Dubaï aux Emirats arabes unis.
Cette restriction imposée par le Maroc aux voyageurs maliens a tout l’air d’une mesure de représailles politiques ou diplomatiques dont nous profanes ignorons les raisons. Elle intervient deux ou trois ans après la décision du Cameroun d’instaurer un visa d’entrée pour nos ressortissants, mettant ainsi fin à une convention conclue par les présidents Ahidjo et Modibo KEITA au lendemain des indépendances. Jusqu’à cette date, les Africains du Centre avaient besoin d’un visa pour se rendre au pays de Roger Milla, mais pas les Maliens. Le Cameroun, touché par la spirale meurtrière du mouvement Bokko Haram, avait justifié sa décision par des exigences sécuritaires.

Pour le Maroc, peut-être aurions-nous droit à quelque explication de Kamissa Camara  qui peine encore à marquer sa présence.

Pendant ce temps d’autres enfants du Mali subissent les pires sévices en Angola attestés par des images insoutenables sur les réseaux sociaux. Cela va apprendre à ces fils déserteurs de ne pas regarder le pays avec les yeux De ce ministre qui, dans une crise aiguë de narcissisme proclame avec un large sourire “Le Mali, notre Eldorado”.

Le fil rouge qui relie ces différents faits, c’est l’affaissement de notre diplomatie qui n’inspire plus aucun respect.

Et pourtant, malgré ces gifles à répétition, le slogan reste que “notre Maliba avance”! A ce rythme, prions ensemble pour que notre “Maliba ne recule”, sinon il nous sera exigé plus que des visas d’entrée. Yako, nos frères et sœurs à l’extérieur !

Sambou Diarra

Source: L’Aube

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