Bissi Sangaré, Président du RDP : L’héritier et le flambeau…

La rénovation et la dynamisation des structures du parti en ligne de mire.

Le Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès(RDP) est une formation politique née au lendemain du big-bang démocratique de mars 91. Il a été fondé par le regretté Almamy Sylla, un des premiers acteurs de l’ère démocratique pluraliste dans notre pays. Pour la petite histoire, ce parti est arrivé 4ème lors des élections présidentielles de 1992, marquées par la victoire d’Alpha Oumar Konaré, candidat de l’ADEMA-PASJ.

Depuis quelques années, ce flambeau de la lutte démocratique a été courageusement  repris par Bissi Sangaré, un jeune opérateur économique de la place très passionné de football, lequel ne cache pas sa réelle volonté à redonner un nouveau souffle au parti, à recréer de nouvelles conditions viables pour attirer de nombreux jeunes vers cette formation. Une tâche qui n’est pas facile, au regard du climat général de décomposition interne et de la transhumance politique qui fragilise la vie des partis. Ce qui devrait être l’exception est devenue la règle.

Lors des dernières élections présidentielles, le parti était membre de la Plateforme «Ensemble pour le Mali » et ardent défenseur de la candidature d’IBK. Actuellement, les réflexions sont en cours pour la tenue d’un nouveau congrès, le 6ème du genre.  Il aura pour but  de mettre en place un nouveau bureau, d’élire un nouveau président et de procéder ensuite à une relecture des textes du parti…

Sur le plan général, le parti se porte relativement bien et participe à toutes les élections. « C’est dans la même dynamique que nous comptons participer de manière plus visible aux prochaines élections législatives. Avant les assises du congrès, nous allons commencer par renouveler d’abord toutes les structures du parti, en vue de lui redonner un nouveau souffle, une nouvelle vitalité pour le grand bonheur de tous ses militants et sympathisants ».

Il se dit très satisfait de ses relations avec la majorité présidentielle, car dit-il : « Contrairement à ce que racontent nos détracteurs, nous ne sommes pas oubliés par la majorité, car nous sommes informés et  invités à toutes ses réunions. Moi-même, j’ai participé à quelques rencontres. Notre problème, c’est que nous sommes un parti « extraparlementaire » et comme vous le savez, cela représente un handicap souvent sérieux, pour aller au  bout de certaines actions. Sur un  tout autre plan, nous sommes en train de réfléchir sur la nécessité d’une véritable fusion entre plusieurs formations politiques de la place. Cela est d’autant plus opportun que nous pensons qu’il y a trop de partis  et si on arrivait à développer une réflexion commune autour de la question, ce serait une bonne chose. Pour notre part, nous avions déjà fait un premier pas en direction de cinq à six partis politiques, dans la perspective d’une vraie fusion, mais le projet n’a pas abouti, tout au moins pour l’instant. Et pourtant, quand on y regarde de près, nous avons presque les mêmes projets de société. Je suis encore prêt à relancer cette même initiative. Il faut avouer que  dans notre pays, beaucoup de problèmes sont souvent liés à un manque régulier de suivi des projets ou d’approches sur des questions particulières et sensibles »  déplore Bissi Sangaré.

Actuellement, il continue de réfléchir à la mise en place de nouvelles stratégies capables d’attirer des  jeunes cadres vers le parti : « Le problème est pourtant simple. Quand le parti arrivera à bien s’implanter et à se faire représenter dans la sphère gouvernementale, les cadres vont accourir vers nous. C’est bien dommage de le dire, beaucoup de cadres ne veulent pas s’engager dans un projet d’animation du parti, car au bout il y a trop d’efforts à faire, trop de contraintes à subir. Mais toutes ces dérives ont sans doute un même dénominateur : le rôle de plus en plus croissant de l’argent-roi ».

BC

Source: Le Challenger

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