Blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : Les Notaires à pied d’œuvre pour lutter contre le phénomène

L’hôtel Millenium de Bamako a servi de cadre, le mardi 24 novembre 2020, à la tenue des travaux de l’atelier de formation et de sensibilisation à l’intention des Notaires sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La cérémonie d’ouverture de cet atelier organisé par la Cellule nationale du traitement des informations financières (CENTIF), était présidée par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mohamed Sida Dicko, en présence de la représentante du président de la CENTIF, Mme TOURE Aminata Dembélé, secrétaire générale de la cellule, du président de l’ordre des Notaires du Mali, Yacouba M. Keïta et d’autres personnalités.

Dans son discours, la représentante du président de la Cellule nationale du traitement des informations financières (CENTIF), Mme TOURE Aminata Dembélé, secrétaire générale de la cellule, a fait savoir que les Notaires constituent un maillon privilégié, mais hélas absent, dans le dispositif de la lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBCFT) au Mali. A cet effet, elle a souhaité une synergie d’action entre les Notaires et la CENTIF pour gagner le difficile pari contre les criminels financiers. Quant au président de l’ordre des Notaires du Mali, Yacouba Massama Keïta, il espère qu’au sortir de cet atelier, les notaires seront suffisamment armés en vue d’une application judicieuse de la loi du 17 mars 2016 portant Loi Uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mohamed Sida Dicko, a précisé que les Notaires occupent une place de choix parmi les assujettis de la Loi, en raison de la nature des opérations et de l’importance des flux financiers qui passent par leurs cabinets. « Une telle formation à l’intention de cette corporation me semble parfaitement justifiée, permettant, d’une part, à ses membres d’être à jour par rapport au contenu de la loi, et d’autre part, à la CENTIF d’accéder à une base substantielle de renseignements. Ce séminaire offre, non seulement, un cadre de dialogue entre la CENTIF et la corporation notariale, mais aussi une occasion pour les Notaires de s’approprier désormais la Loi pour en assurer une saine application », a souligné le ministre. A ses dires, le blanchiment est défini comme un délit ou un crime qui consiste à faciliter, par tout moyen, la justification mensongère de l’origine des biens ou des revenus de l’auteur d’un crime ou d’un délit ayant procuré à celui-ci un profit direct ou indirect. « Au regard de la qualité des formateurs, je ne doute point que les objectifs de cet atelier soient atteints afin de créer les conditions permettant aux Notaires d’être des acteurs majeurs dans la chaîne de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme ainsi que les autres infractions connexes », a déclaré le ministre. Selon lui, le gouvernement est engagé à lutter contre la corruption et la délinquance économique et financière qui constituent des infractions sous-jacentes au blanchiment de capitaux. « La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est un devoir pour nous, dans un pays durement frappé par les conséquences d’actes en lien avec ces phénomènes. Il l’est davantage pour des entreprises ou des structures nommément désignées par la Loi, au regard, notamment, de leurs secteurs d’intervention ou de la nature de leurs activités », a conclu le ministre de la justice.

Aguibou Sogodogo

Source: Le Républicain

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