CEDEAO : Qui pour parler à Alpha Condé ?

Qui parmi les chefs de l’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour parler à Alpha Condé ? Faut-il attendre encore une fois que du sang coule pour dépêcher des pompiers à Conakry ?

Le jeudi 24 octobre 2019, une marée humaine a pris d’assaut les rues de Conakry à l’appel du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). La coalition composée de partis politiques d’opposition, de syndicats et d’organisations de la société civile, mène la contestation contre le projet de révision de la Constitution initié par le président Alpha Condé et son gouvernement. Ils disent ‘’Non à la présidence à vie !’’ et réclament la libération des dirigeants du FNDC condamnés le 22 octobre 2019 par une justice aux ordres, à des peines allant de six mois à un an de prison ferme.

De nombreux manifestants étaient habillés en rouge, conformément aux consignes du FNDC. Le rouge symbolise le sang des manifestants tués la semaine dernière par les forces de sécurité aux ordres du président Alpha Condé. La colère monte contre l’arrestation et la condamnation des dizaines de militants du Front de refus du changement de Constitution.

La mobilisation a été exceptionnelle. La marche s’est déroulée sans incident. Dans un message diffusé par voie de presse, la Première dame de la Guinée a lancé un appel au calme et à la paix. Elle a appelé ses sœurs à se joindre à elle pour véhiculer un message de paix et de tolérance.

Devant des milliers de personnes, l’occasion était bonne pour le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, de battre en brèche des thèses véhiculées par le président Alpha Condé et les faucons de son régime. « Je voudrais que nous restions mobilisés. Alpha Condé a toujours tendance à accuser le FNDC de vouloir le renverser. Qui est-ce qui aurait pu résister à cette marée humaine ? Quel est le PA, quel est le bataillon de gendarmerie qui pouvait résister à cette marée humaine ? Si notre intention était de prendre le pouvoir, est-ce qu’on ne l’aurait pas pris ? Nous sommes des républicains. Nous voulons qu’il renonce à son projet et qu’il fasse organiser des élections libres et transparentes pour vous permettre de choisir votre prochain président dans la transparence.

Nous ne voulons pas faire un coup d’Etat comme ces barons essaient de le démontrer. Ils sont en train de monter des complots pour dire que le FNDC, M. Sanoh voulait le renverser. Ce n’est pas notre intention. Sinon, aujourd’hui, qui peut résister à cette marée humaine ? Personne ! Nous prenons à témoin l’opinion internationale. Notre intention n’était pas de renverser Alpha Condé, sinon aujourd’hui on aurait continué sur ‘’Sékhoutouréya’’ (Ndlr….). Ce n’est pas Balla Samoura et ses gendarmes ou Baffoe qui auraient pu nous arrêter. Mais ce n’est pas notre objectif. Ils auraient tué peut-être dix, cent, mais ils n’auraient jamais pu tuer tout ce peuple. Donc, il faut que le peuple de Guinée comprenne. Il faut que la communauté internationale comprenne que notre ambition, c’est bâtir une démocratie apaisée, respectueuse des règles et principes d’un Etat de droit, réconcilier les Guinéens autour des questions essentielles », a souligné l’homme politique dont les propos sont rapportés par «Guinéenews».

Au regard de ce qui se passe le président Alpha Condé, qui minimise les forces de mobilisation de ses opposants, a engagé une épreuve de force à l’issue plus qu’incertaine. Tout va dépendre de l’ampleur de la mobilisation et de la contestation. Si les manifestations du FNDC continuent à drainer des marées humaines, l’opposant historique à Sékou Touré et au général Lassana Conté n’aura d’autre choix que d’abdiquer. Sinon son entêtement va causer sa perte et plonger la Guinée dans une crise sans précédent. Qui parmi les chefs de l’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour parler à Alpha Condé ? Faut-il attendre encore une fois que du sang coule pour dépêcher des pompiers à Conakry ?

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