Centre du Mali : La décision de Dr Boubou Cissé de démanteler les cheickpoints du mouvement d’autodéfense soulève un vent de révolte

Le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, lors de sa visite de terrain effectuée les 22 et 23 février 2020, dans plusieurs localités de la région de Mopti, avait indiqué que la persistance des check-points érigés et tenus par des hommes en armes sur l’axe reliant Sévaré à Bankass et sur d’autres axes étaient illégaux et constituaient une atteinte grave à la souveraineté de l’Etat et sont des points d’insécurité pour les populations, dont la liberté de circulation se trouve ainsi entravée. Par conséquent, le Premier ministre a instruit aux ministres de la Défense et de la Sécurité, que toutes les mesures légales soient prises pour rétablir l’autorité de l’Etat sur ces axes routiers et assurer la sécurité de toutes les populations civiles, dont les activités s’en trouvent impactées

Cette décision du premier ministre Dr Cissé est rejetée avec véhémence par les populations à commencer par le mouvement d’auto-défense Dan Na Ambassagou qui dans un communiqué a conditionné le démantèlement des cheick-points au retour des forces de défense et de sécurité dans toutes les localités.

Le collectif des députés élus dans le pays dogon, a son tour a désapprouvé la décision du premier ministre. Dans une correspondance adressée au Premier ministre, les élus rappellent que la présence des cheick-points comble le vide laissé par l’Etat dans le cadre de la sécurisation des personnes et de leurs biens. « Nous ne saurons donner notre approbation à votre décision. Nous vous conseillons de privilégier la voie du dialogue », prévienent-ils.

Le ton est beaucoup plus martial chez la plateforme des organisations de jeunes du pays Dogon composée du collectif des associations de jeunes du pays Dogon (CAJPD), la jeunesse Ginna Dogon (JGD), Mouvement Baguine So (MBS) et l’association des jeunes Dogon du Mali (AJDM).

Dans une déclaration en date du 25 février 2020, cette plateforme appelle à les jeunes du pays Dogon à se tenir prêts en attendant le mot d’ordre de mobilisation générale en vue de déclencher des actions historiques visant à contrer toute velléité d’agression contre les valeurs ancestrales venant de qui que ce soit. « A partir de cet instant, la plateforme des organisations des jeunes du pays Dogon s’inscrit dans la logique de la désobéissance civile et n’acceptera pas le démantèlement du mouvement d’auto-défense sans que le retour des forces armées et de sécurité ne soit effectif », menacent-ils.

DTK

Source: mali24.info

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