Chronique du Mali : La paix si loin si proche, reprise du CSA, le DNI a pignon sur rue

Si vis pacem, para bellum (« Si tu veux la paix, prépare la guerre ») ou encore celui qui veut la paix prépare la guerre. Une citation de Jules César (général d’armée, homme politique et écrivain romain) qui a encore toute sa dynamique, mais qui n’est certainement pas antinomique de dialogue, quand celui-ci est pour sceller la fin des conflits : la paix. Le 59ème anniversaire de l’armée malienne, le 20 janvier 2020, a été célébré dans un contexte de reprise du Comité de suivi de l’accord de paix d’Alger (CSA), qui s’est réuni la veille à Bamako, pour sa 4ème Session de Haut niveau avec toutes les parties concernées. Cette reprise du CSA, après une suspension sur fond de divergence de cinq mois, s’inscrit dans la droite ligne de la mise en œuvre des conclusions du Dialogue national inclusif, tenu à Bamako du 14 au 22 décembre 2019 ; ce qui lui imprime une importance particulière, avec en ligne de mire, le redéploiement de l’armée reconstituée sur toutes les régions du nord du Mali, particulièrement à Kidal.  

Le sommet de Pau (France) tenu le 13 janvier 2020, entre le Président français et ses homologues du G5 Sahel, est à tout point de vue, pour mener une guerre cinglante et sans merci au terrorisme, et autant qu’on puisse faire le distinguo entre terroristes, djihadistes et signataires de l’accord d’Alger, cette guerre ne sera pas antinomique du processus de dialogue national, dont la 4ème session de Haut niveau du CSA, qui prépare l’exercice de la souveraineté de l’Etat malien sur l’ensemble du territoire, n’est qu’un prolongement. La mise en œuvre des conclusions du Dialogue national inclusif (DNI), seul baromètre de sa réussite, est plus que jamais à l’ordre du jour, avec la tenue à Bamako, le week-end dernier et en présence du Premier ministre Boubou Cissé, de l’atelier de validation des orientations dudit dialogue national inclusif. Autant d’initiatives qui contribuent à la paix.

Les signataires de l’accord politique de gouvernance, conviés par le Premier ministre Boubou Cissé, ont établi les priorités du pays à travers l’atelier de validation des orientations du dialogue national inclusif.

La participation effective du Premier ministre aux échanges du début à la fin, est un indicateur sur le caractère décisif et la ferme volonté de mettre en œuvre les conclusions du DNI, avec en ligne de mire, les problèmes du pays : la société, la gouvernance, la sécurité, l’école et le panier de la ménagère, tels que les a égrainés le Dr Ibrahim Boubacar Bah, coordinateur scientifique de la mise en œuvre des conclusions du Dialogue national. Ainsi la feuille de route sortie des deux jours d’échanges identifie les actions à mener pour ramener la sécurité dans le nord et le centre du pays, en envisageant des mesures urgentes concernant la crise scolaire, l’organisation des élections législatives et autres scrutins dont le chronogramme serait en cours d’élaboration. Pendant ce temps, à quelques centaines de mètres du Centre international de conférences, à l’Hôtel de l’Amitié, où se tenait la 4ème Session de Haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord (CSA), était au cœur des échanges, le redéploiement de l’armée reconstituée à Kidal. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé était entouré de ses collègues du gouvernement malien, des membres de la médiation et de la communauté internationale, des mouvements signataires de l’accord pour la paix au Mali (Plateforme-CMA). « Ce comité de suivi de l’accord de haut niveau est décisif pour le processus de stabilisation du Mali » fit remarquer le ministre malien.

Tenu après 5 mois de suspension, ce CSA a enregistré la participation des ministres, des représentants des pays voisins du Mali et qui sont vice-présidents du comité de suivi de l’accord que l’Algérie préside.

L’ordre du jour pouvait se résumer ainsi, « les résolutions du dialogue national inclusif qui ont un lien direct avec la feuille de route du processus de paix et de stabilisation du Mali », a souligné le chef de la diplomatie malienne, Tiébilé Dramé. Le ministre était d’autant plus à l’aise pour le dire que le Dialogue National Inclusif (DNI) a vu la participation de tous les mouvements signataires de l’accord de paix. Cette reprise du CSA indique donc que le dialogue se poursuivait sans relâche avec la CMA, malgré une longue suspension du CSA.

Le ministre a été bien inspiré d’exprimer le besoin d’avoir le soutien de tout le monde au moment d’entrer dans cette phase décisive, notamment, « de tous nos amis pour aborder cette étape du redéploiement des forces reconstituées de la nouvelle armée malienne reflétant la diversité nationale de notre pays».

Etaient présents, Fahad Ag Almahmoud de la Plateforme, Bilal Ag Acherif de la CMA, le président de séance de la rencontre, représentant du président du CSA, Rachid BALDEHANE, secrétaire d’Etat Algérien chargé de la communauté nationale et des compétences à l’étranger, le Ministre des affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, Alpha Barry, selon lequel, «à partir d’aujourd’hui, s’enclenche un processus irréversible de paix et de réconciliation au Mali ». Un commentaire certifié par le Représentant du Secrétaire Général des Nations-Unies au Mali, chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif. Selon lui, cette session se tient à un moment crucial pour la relance du processus de paix au Mali, mais aussi pour la paix au Sahel. Comment ne pas lui croire, quand il rappelle le Dialogue national inclusif tenu à Bamako en décembre 2019 et le sommet de Pau (France) en janvier 2020, des initiatives qui contribuent à la paix.

B.Daou

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