Comment le M5-RFP veut paralyser le pays à partir du 10 juillet

Après ses manifestations des 5 et 19 juin, le M5-RFP a trouvé stratégique de renoncer officiellement à son exigence de démission du président de la République pour contenter les médiateurs nationaux et internationaux qui jugent dévastatrices les conséquences d’une démission d’IBK. En revanche, le M5-RFP a publié un mémorandum au ton très agressif qui prévoit un régime de Transition dirigé par un Premier ministre doté de pleins pouvoirs.

« Ces exigences ne sont pas à négocier », prévient Mohamed Aly Bathily, l’un des leaders du M5-RFP. Il ajoute: « Si IBK ne se plie pas à ce mémorandum, nous entamerons à partir du 10 juillet la désobéissance civile. Et là, les jeunes du M5-RFP passeront à l’action pour paralyser le pays, prendre possession des locaux de l’administration et empêcher le régime de travailler ».

Invité sur AFRICABLE le e 4 juillet, Choguel Maiga, autre leader du M5-RFP, confirme que le 10 juillet, le peuple engagera des actions de désobéissance civile.

Alertés par ces annonces qui laissent entendre le début d’une confrontation généralisée avec les forces de l’ordre, nous avons interrogé des stratèges du M5-RFP sur le contenu réel des actions que ce mouvement entend mener pour obliger IBK à quitter le pouvoir. Les réponses font frémir. Selon nos interlocuteurs, il s’agira de poser les actes suivants:

  • présenter des lettres individuelles demandant au président IBK de démissionner;
  • ne plus utiliser le mot «président» pour désigner IBK;
  • porter des habits, des foulards et des casquettes portant la mention « IBK-démission »;
  • inonder toutes les pages officielles (Facebook, site web, Twitter) de l’administration (présidence, primature, ministères, etc.) et y laisser le commentaire suivant: «Le peuple exige la démission d’IBK»;
  • rompre tous les contacts avec les autorités locales et les ministres;
  • bloquer les voies empruntées par les officiels du régime;
  • occuper des lieux névralgiques déterminés (rues, bureaux administratifs, etc.);
  • empêcher le trafic interurbain en déposant des troncs d’arbres sur toutes les routes principales;
  • engager les Maliens de la diaspora à arrêter les transactions vers le Mali jusqu’à la démission d’IBK;
  • faire des manifestations spontanées et quotidiennes pour mobiliser au maximum les services anti-émeutes;
  • paralyser les villes au moins 3 fois par semaine;
  • inciter les populations au non-paiement des impôts et taxes;
  • déclarer des journées « ville morte » à travers tout le pays;
  • inciter les forces de sécurité à désobéir aux ordres de la hiérarchie;
  • occuper les locaux de l’ORTM, de l’Assemblée Nationale, de l’aéroport de Senou, le palais de Koulouba et la résidence présidentielle de Sebenicoro…

Ces actions ne sont pas exhaustives, nous dit-on. Elles sont destinées à empêcher le régime de gouverner, de payer les salaires des fonctionnaires et de percevoir des revenus. Elles visent aussi à brouiller le régime avec ses partenaires étrangers, en particulier avec les forces de Barkhane et de la MINUSMA dont les mouvements seront fortement gênés à travers le pays.

Les actions entraîneront inévitablement une riposte répressive du pouvoir et risquent de plonger le pays dans un chaos total. C’est pourquoi il urge de trouver un compromis rapide à la crise avant qu’il ne soit trop tard.

Sourrce: Procès Verbal

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