Le nouveau gouvernement d’IBK : Un message fort et symbolique de l’Etat…..

Le tout nouveau Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, homme du sérail, non moins cadre bon teint du RPM, a  nommé cinq ministres touaregs dans l’actuel gouvernement. A travers lui, l’Etat malien adresse un message fort et symbolique à la communauté touarègue, notamment aux Touaregs irrédentistes, de vouloir bien changer de fusil d’épaule, en rentrant dans les rangs.

En dépit de la volonté de la coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) de ne pas figurer dans le nouveau gouvernement, une analyse de cette énième équipe gouvernementale fait ressortir des efforts d’ouverture du Président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga. Et cela conformément à l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. L’attelage gouvernemental compte cinq ministres appartenant aux communautés touareg et arabe. Ce sont ceux en charge de l’Education Nationale, Mohamed Ag Erlaf, de la Décentralisation et de la Fiscalité locale, Alhassane Ag Hamed Moussa, du Développement industriel, Mohamed Aly Ag Ibrahim, de l’Artisanat et du Tourisme, Nina Walet Intalou enfin celui de la Réconciliation nationale, Mohamed El Moctar.

A titre de rappel, Mohamed Ag Erlaf, ancien Directeur de l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales (ANICT) et Coordinateur du Programme spécial pour la paix et la sécurité et le développement du Nord-Mali (PSPDN) a fait partie de la première vague des Touaregs nommés ministres après la signature du Pacte national.

Touaregs irrédentistes : changer de fusil d’épaule !

Par ailleurs, dans l’actuel gouvernement, six autres ministres sont des ressortissants du Nord, bien qu’ils ne soient pas Touaregs. Une discrimination positive ! L’Etat malien adresse un message fort et symbolique à la communauté touarègue, notamment aux Touaregs irrédentistes, de vouloir bien changer de fusil d’épaule, en rentrant dans les rangs. Voilà une preuve supplémentaire qu’aucune communauté n’est marginalisée au Mali contrairement aux chants de sirène des responsables du Mouvement national pour la libération de l’azawad (Mnla) qui multiplient les opérations de mauvaise foi.

Car à  décrypter les actes terroristes qui ont émaillé le septentrion et le centre du pays, de janvier à maintenant, on devient sceptique. Depuis la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, le Mali n’a pas été un long fleuve tranquille encore moins un havre de paix, pour ce qui est du septentrion et du centre du pays.

Du coup, nos certitudes s’envolent et la thèse de gage de stabilité qui nous tenait à cœur, fond comme neige au soleil : à l’appui de notre thèse l’attentat à la voiture piégée du 18 janvier 2017 contre le Camp du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à Gao fut un véritable carnage, voire une boucherie, le bilan officiel provisoire faisait état de 60 morts et 115 blessés.

A Douentza, notamment dans la localité de Boulikessi, les forces armées maliennes ont subi une attaque. Plusieurs de nos soldats sont morts  et d’autres blessés après une farouche résistance.

La ville de Ménaka a été le théâtre de l’assassinat du chef militaire local du Groupe d’autodéfense touareg Imgad et alliés (Gatia), en la personne d’Almahadi Ag Lengach. C’était dans la nuit du 16 au 17 mars dernier, à son domicile par des inconnus. Deux suspects ont été arrêtés par les forces armées maliennes (les Fama). Pis, nous sommes les impuissants témoins  dans la mise en œuvre du programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR). Les patrouilles mixtes se font très timidement avec les autres groupes armés, contrairement aux éléments de la CMA, qui ont toujours renvoyé aux calendes grecques les leurs. Et pourtant, le comité de suivi de l’application des termes de l’Accord est bel et bien présent.

En tout état de cause, une minorité ne peut pas passer toute sa vie à en imposer à la majorité, fut-elle armée. Hélas, c’est l’Etat malien même qui est responsable de cet anachronisme qui prévaut.

Autour de la résolution de cette crise malienne, disons-le sans détour, il y a un halo de tissu de mensonge : comment comprendre que le bras droit de Bahanga,  bourreau d’hier, Hassane Ag Fagaga, déserteur de l’armée malienne, membre influent du MNLA, devienne le président de l’autorité intérimaire de Kidal ? Ça pue la trahison de toute une nation.

Au moment où notre armée est déclarée persona non grata à Kidal, au moment où le drapeau malien et celui de l’Azawad trônaient côte à côte dans une salle à Kidal, lors d’une rencontre, a contrario, à Bamako, les représentants des groupes armés arrivés pour prendre part à la conférence d’entente nationale du 27 mars au 2 avril étaient logés dans un  hôtel luxueux de  la place dans l’un des quartiers huppés de la capitale. Le ridicule ne tue pas !

La démission de la société civile, des partis politiques notamment, nous a fait tomber des nues, quand il nous est revenu qu’il a été demandé de négocier avec les djihadistes maliens, en l’occurrence le gourou d’Ansar Eddine, l’ennemi public n°1, Iyad AG Ghaly, puisque c’est de lui qu’il s’agit. Quelle hérésie !  Au nom de quel principe doit-on négocier avec les fous de Dieu. La vérité ? C’est un aveu de capitulation et de trahison pour tous ces morts. Quel aveu  d’impuissance pour un Etat qui passe pour souverain !  Le capitaine Dibi Syllas Diarra, bête noire des rebelles, va encore se retourner dans sa tombe, à cause de notre attitude, face à la cause nationale.

Qu’une localité s’érige en ville frondeuse, est universel

Kidal est l’exemple malien : ce sont certains Touaregs  de cette localité, à travers le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui ont organisé la guerre sécessionniste en 2012 en vue de la création d’un Etat fantomatique dénommé république de l’Azawad. Ce phénomène n’est pas l’apanage du Mali.

Kidal,  ville frondeuse est encline au séparatisme. Ce phénomène  existe ou a existé ailleurs. Le Sénégal a le sien : la Casamance. Idem pour l’Angola : l’Enclave de Cabinda en est une  parfaite illustration. Le Nigéria  a connu la guerre du Biafra dans les années 1970. Le Cameroun anglophone a tenté de se séparer du reste du pays, en pure perte.  En son temps, la Corse a rendu la vie difficile aux autorités françaises. Idem pour l’armée irlandaise républicaine (IRA) au Royaume-Uni, etc. Mais les hauts responsables de ces pays concernés n’ont pas badiné avec la fermeté vis-à-vis des rebelles. Ces Etats se sont assumés entièrement, en faisant fi de la langue de bois.

Quant à nous, nous continuons à nous leurrer comme si c’est l’idéalisme qui fera bouillir la marmite, en refusant de prendre le taureau par les cornes, en confiant notre destin à la communauté internationale : Minsuma, Cedeao,  Opération Barkhane.

Mohamed Koné

Le Challenger

Ajouter un Commentaire


© Copyright MALI 24 – Avenir Média/Mali 2013. Tous droits réservés