COVID-19 pourrait rendre à néant les progrès réalisés pour les enfants africains, avertit Save the Children

AddisAbeba, 8 juin 2020 : La pandémie COVID-19 menace de ramener en arrière les progrès réalisés pour les enfants en Afrique depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies, avec des répercussions économiques qui risquent de plonger 33 millions d’enfants supplémentaires dans la pauvreté, selon Save the Children.

Avec des niveauxde paludisme qui devraient atteindre ceux observés il y a une vingtaine d’années, 262.5 millions d’enfants qui ne sont pas scolarisés à cause de COVID-19, et une insécurité alimentaire grandissante, la pandémie devrait avoir un impact à long terme sur les enfants, malgré les mesures décisives prises rapidement par de nombreux pays africains.

Save the Children a lancé aujourd’hui un rapport panafricain intituléComment protéger une génération à risque« , qui analyse les effets primaires et secondaires de COVID-19 sur les enfants africains. L’organisation avertit que si les enfants ne constituent pas le groupe le plus à risque en termes de décès directs, il faut prendre davantage de mesures dès à présent pour éviter que la pandémie n’ait des répercussions importantes sur les droits et le bien-être des enfants africains, aujourd’hui et sur le long terme.

« COVID-19 a d’énormes implications sur l’éducation, la santé, la nutrition et la protection de millions d’enfants en Afrique. Cette crise sanitaire pourrait compromettre les résultats scolaires des enfants pendant une génération, les filles étant particulièrement exposées au risque de ne plus être scolarisées. En effet, avec leur éducation soudainement interrompue, 262,5 millions d’enfants sont hors de l’école et des millions d’entre eux risquent de ne pas retourner à l’école, en particulier les filles », a déclaré Doris Mpoumou, Directrice du bureau de liaison à l’Union Africaine pour Save the Children

« L’épidémie de COVID-19 exacerbe les vulnérabilités existantes et exerce une pression sur les systèmes de santé déjà faibles du continent et perturbe les services de santé habituels, ce qui risque d’augmenter la mortalité infantile due à des maladies évitables et traitables. En outre, la pandémie arrive à un moment où la situation de faim était déjà alarmante en raison des chocs climatiques, des conflits et de l’instabilité économique. Les enfants réfugiés et les déplacés internes sont les plus vulnérables. Nous espérons que ce rapport sera un point de départ pour informer les plans de réponses à COVID-19 par les gouvernements et les organisations en Afrique » a poursuivi Mme Mpoumou.

Comment protéger une génération à risque a été lancé en ligne lors d’un dialogue virtuel entre des jeunes Africains, des représentants de l’Union Africaine pour les ressources humaines, la science et à la technologie et pour les affaires sociales, le Ministre de l’Education et de l’alphabétisation au Burkina et un représentant du gouvernement de la Zambie.

Les jeunes ont exhorté l’UA et les gouvernements africains à prendre des décisions favorables à l’endroit des enfants, à mettre en place des actions concrètes et fortes pour protéger les enfants africains et à veiller à ce que leurs droits soient respectés pendant et après l’épidémie de COVID-19.

Mariam, 20ans, jeune ambassadrice de Save the Children au Nigeria, a déclaré :

« Des fermetures d’écoles ont été imposées comme mesure pour ralentir la propagation du virus à l’échelle mondiale, ce qui touche des millions d’enfants, y compris des enfants d’Afrique. Certaines écoles ont introduit des plates-formes d’enseignement à distance, ce qui exclut numériquement les élèves vivant dans des foyers à faibles revenus. En outre, de nombreuses écoles publiques ne disposent pas des ressources, de la technologie et des équipements nécessaires pour dispenser un enseignement en ligne. La dépendance des enfants aux plateformes d’enseignement à distance en ligne a également augmenté le risque d’exposition à des contenus web inappropriés et à des prédateurs en ligne ».

« Les enfants des zones de conflit, ainsi que ceux qui vivent dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées internes, courent également un risque élevé d’être victimes d’abus, par exemple d’exploitation sexuelle en échange de nourriture ou d’eau. Ils risquent également de tomber facilement malades et de mourir de maladies évitables ».

Avec l’une des populations les plus jeunes du monde, le continent africain est exposé à de nombreux impacts collatéraux de la COVID-19. Si les gouvernements africains ont réagi rapidement à la pandémie, ils doivent à présent s’assurer que ce leadership est conforme à leur engagement à la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.

Save the Children exhorte les gouvernements, avec le soutien de l’Union africaine, à :

  • Garantir les droits des enfants pendant la pandémie COVID-19 en veillant à ce que les enfants aient accès à des services de santé, d’éducation et de protection de qualité ;
  • Reconnaître et intégrer les besoins spécifiques des enfants les plus vulnérables, y compris les filles, dans leurs plans de réponse à COVID-19.
  • Développer et mettre en œuvre des mécanismes et des politiques de protection sociale pour protéger les enfants et les familles contre les futures pandémies et autres chocs.

FIN

source: Save the children

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