Crise politique malienne : IBK et sa famille en prison?

Sommes-nous dans un Etat de droit au Mali ? Alors, force doit rester à la loi, qui interdit toute privation de liberté en dehors de toute procédure judiciaire. Le président IBK et des membres de sa famille seraient-ils en détention ou en séquestration?

En démocratie, la liberté est la règle, la privation de cette liberté l’exception. Celle-ci est alors bien réglementée, depuis le principe de l’habeas corpus. Habeas corpus, plus exactement « Habeas corpus ad subjiciendum et recipiendum », est une notion juridique qui énonce une liberté fondamentale, celle de ne pas être emprisonné sans jugement, contraire de l’arbitraire qui permet d’arrêter n’importe qui sans raison valable…

Même si l’on a eu à exercer de hautes fonctions au service du pays ou simplement membre de la famille d’un l’ex-haut dirigeant, l’on ne devrait pas être privé de la liberté d’aller et venir sans aucun motif.

Au cours de son interview du jeudi dernier, à la question de savoir si le président IBK est actuellement tenu par les autorités, en résidence surveillée, à la disposition de la justice, le Premier ministre Moctar Ouane n’a pu cacher sa gêne. « Il n’est pas en résidence surveillée, puisque la résidence surveillée suppose qu’il soit poursuivi ou qu’on lui reproche quoi que ce soit, ce qui n’est pas le cas à ce stade. » Et le confrère d’enfoncer le clou : «Est-il libre de sortir de chez lui ? ». Moctar Ouane se montra alors confus, trahissant un aveu sur une privation de liberté de l’ex-locataire du palais de Koulouba. « Ça, je ne saurais vous le dire ».

Des propos qui démontrent clairement que l’ancien locataire du palais présidentiel ne jouit pas de sa liberté de mouvement. Idem pour des membres de sa famille, en particulier, son fils cadet, Bouba Kéita qui est considéré comme une personne séquestrée.

En effet, interdit de sortir du domicile familial par la junte, depuis les événements du 18 août, le fils cadet de l’ancien président IBK, serait privé de se déplacer librement dans la résidence de Sébénikoro. Il serait, dit-on, surveillé et gardé, comme s’il était un détenu… 

Et le conseil de Bouba Kéïta avait même récemment saisi le ministre de la Justice, Garde des sceaux afin de demander la levée de cette séquestration de son client. Bouba Kéïta, faut-il le rappeler, avait été obligé par les militaires  de rester dans la résidence de Sébénicoro, le jour de la chute du pouvoir de son père avant d’être empêché de quitter le pays avec IBK, lorsque ce dernier avait été, pour raison de santé, autorisé  (par la junte) se rendre à Abu Dhabi pour suivre les soins médicaux. Et, depuis son retour, IBK n’est visiblement pas libre de sortir.

L’on remarquera son absence criarde(les présidents Alpha Oumar Konaré et Dioncounda Traoré étaient présents) aux obsèques du président ATT, le 17 novembre dernier. Alors que tout le monde connaît l’humanisme et l’attachement viscéral aux valeurs de fraternité et de compassion humaine chez IBK. Idem pour les obsèques du ministre Hamadou  Konaté, réputé très proche de la famille présidentielle. IBK n’était pas présent à Niaréla pour accompagné son « frère et ami » Hamadoun Konaté à sz dernière demeure.

Par ailleurs, l’épouse de l’ancien locataire du palais de Koulouba semble aussi privée de liberté, puisque même à des cérémonies de sa fondation AGIR, Mme Kéita Aminata Maïga brille par son absence. Tel fut le cas de la cérémonie qui vient de se déroulée à Sikasso, qui n’a été dirigée que par le coordinateur de la fondation.

Si l’on ajoute à tout cela le fait qu’il y ait une forme d’intimidation ou de menace de poursuite judiciaire contre Karim Kéita, le fils aîné d’IBK presque contraint à séjourner à l’extérieur du pays, l’on se perd en interrogations ; IBK et sa famille sont-ils des prisonniers dans la résidence familiale de Sébénikoro ?

Les autorités de la Transition de la Transition doivent rapidement répondre à cette question pour rassurer les uns et les autres. Car les arrestations ou détentions extrajudiciaires ne doivent plus avoir cours dans un Etat de droit !

Bruno D SEGBEDJI

Mali-horizon

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