Dépravation des mœurs: L’exhibition du corps devient une mode pour les jeunes de Bamako

Au Mali tout comme au plan universel, le bon sens recommande à ce que l’Homme porte des habits décents. Mais, tristement, sous l’influence des images de l’extérieur, les jeunes maliens, principalement les filles, ne choisissent plus le moment ni le lieu pour porter des tenues sexy souvent à la limite de l’acceptable.

L’habillement des jeunes, surtout chez les filles, devient de plus en plus problématique. À force d’imiter les modes occidentales, ils en oublient leurs propres valeurs. Ils y vont jusqu’à ignorer la différence entre tenues de soirée et autres. Difficile, pour ne pas dire impossible, de vivre sans voir ces jeunes filles à moitié nues. En lieu et place des tenues descentes, elles ont choisissent celles qui couvrent à peine leurs corps, leurs parties intimes.

Ce tout en oubliant que le chic qui est en mode à leurs yeux n’est qu’au Mali. Ici, les jeunes portent des habits à n’importe quelle heure de la journée, la nuit comme la journée. Et, souvent, ils vont avec à n’importe quel endroit. Il suffit d’effectuer un tour dans les rues pour se rendre compte de la gravité du phénomène frisant la dépravation des mœurs à l’extrême.

Au parc national, par exemple, qui est devenu, depuis son ouverture, le lieu de rencontres favori des jeunes filles et garçons de la capitale. Mini-jupes, bas collant, robes et pantalons moulants sont désormais devenus la mode pour les filles bamakoises, comme s’il était impossible de se rendre belle en portant des tenues décentes.

Certes, l’habit ne fait pas le moine ; a-t-on l’habitude d’entendre ; mais, dans la culture malienne, « n’importe qui ne doit pas porter n’importe quel habit qu’il veut et à n’importe quand ou à n’importe quel endroit ». Tellement que le phénomène est devenu monnaie courante, on voit facilement la différence entre les femmes mariées et non mariées rien qu’à travers leurs habillements.

Pourtant, le bogolan, le bazin et le wax valorisent mieux le corps de la femme.

Les jeunes filles de Bamako expliquent diversement ce qui pourrait être à l’origine de cette déviance comportementale. Fatou Haïdara croit savoir qu’«on porte les habits sexy parce que les hommes aiment. Si tu ne t’habilles pas comme ça, on te prend pour une fille qui n’est pas évoluée; donc, les hommes ne te considèrent même pas».

De son côté, Oumou Kané prend le contrepied de Fatou Haïdara. «Je pense que nous, les jeunes filles, nous devons éviter de porter certains habits en ville, surtout en pleine journée. On  se croit branchées alors qu’on s’écarte de nos valeurs sociétales, je crois qu’il faut essayer d’intensifier les campagnes de sensibilisation à l’endroit des jeunes filles. Car, pour être respecté, il faut que tu te respectes d’abord », insista-t-elle.

Aïchata Cissé estime que l’habillement d’une personne dépend d’elle-même. « Si l’intéressée aime s’habiller en tenue sexy, je n’y vois pas de problème ; chacune de nous est libre de faire sa vie. Ce n’est pas une question d’éducation comme les gens le disent, mais plutôt un choix personnel», s’est-elle défendue,  mais sans convaincre.

Et, d’après certains parents et Enseignants, cette attitude est honteuse.

Hamadoun Djiguiba, Professeur de Philosophie, pense que «les parents et les Enseignants ont failli un peu à leurs responsabilités; car, l’éducation d’un enfant commence à bas âge », a-t-il martelé.  Puis il ajoute : «Comment peut-on comprendre que, dans un pays à majorité musulman, une minorité de filles s’habille correctement ? Ce n’est vraiment pas normal ».

Moussa Coulibaly, Chef de famille, pense également que ce problème est dû au manque de responsabilités des parents, parce qu’ils  ne jouent plus leur  rôle. «Par affection ou pour des petits intérêts sordides, on laisse les enfants faire tout ce qu’ils veulent. Si l’on veut que les choses changent, il faut, donc, que chacun se mette à sa place », conseilla-t-il

Ada Djiga, Stagiaire  

Le combat

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