Désarmement au centre : Dogons et Peuls adhèrent à la décision du PM

Le gouvernement a décidé de désarmer les Dogons et les Peuls qui s’entre-tuent dans le cercle de Koro. Une décision partagée par les deux communautés. L’une d’entre elles demande la création d’un groupe d’autodéfense commun pour aider l’armée à combattre les terroristes qui sévissent dans la zone.

Dans un communiqué, le 14 avril, le Premier ministre “ordonne aux Forces de défense et de sécurité de désarmer systématiquement tous les détenteurs d’armes, y compris ceux titulaires de permis de port d’arme dans les cercles de notre pays, particulièrement dans la zone de Koro”.

Cette décision de Soumeylou Boubèye Maïga, qui intervient après une visite de terrain, est justifiée par “la persistance de l’insécurité dans la zone” où les communautés Dogon et peule s’affrontent régulièrement. Le dernier affrontement en mi-mars a fait près d’une trentaine de morts et d’énormes dégâts matériels tel l’incendie de greniers, etc.

En plus du désarmement, le chef l’exécutif national demande aux autorités administratives régionales “de suspendre la délivrance de permis de port d’arme jusqu’à nouvel ordre”.

Parallèlement à ces mesures, “des poursuites judiciaires seront engagées contre tous ceux qui seraient impliqués de près ou de loin dans les actions de violence, la diffusion de messages de haine ou d’incitation à la violence”, prévient le chef du gouvernement.

Réclamation d’un groupe d’autodéfense avec toutes les communautés  

Les Dogons tout comme les Peuls jugent utile cette décision du Premier ministre. “J’ai été le premier à dire de désarmer tout le monde. Si le gouvernement prend la décision et parvient à l’appliquer, je pense que les problèmes entre les populations de la 5e région vont prendre fin”, estime Mamadou Togo, président de Ginna Dogon. En plus du désarmement, explique-t-il, il faut la sensibilisation, il faut faire régner la confiance entre les gens.

“Sans le désarmement, la paix ne peut revenir. C’est bon qu’on arrive à désarmer tout le monde”, souligne Amadou Mody Diall, président de l’association peule Deental Pulaku. Mais, selon Diall, seul le désarmement des Dogons et des Peuls ne pourra pas ramener la paix dans la zone.

“Ce sont les jihadistes qui ont mis dos à dos les communautés. Ils sont toujours actifs dans la zone. Il y a des Dogons et des Peuls parmi eux. Ces jihadistes qui échappent l’emprise des communautés et de l’Etat doivent être combattus. Pour ce faire, il est bon de créer un groupe d’autodéfense composé des Peuls, des Dogons et toutes les communautés de la localité. Cela permettra non seulement de combattre les terroristes mais aussi créer la confiance entre les communautés”, soutient le président de l’Association Deental Pulaku.

La première sanction gouvernementale

Le même 14 avril, le gouvernement a suspendu Etienne Poudiougou maire de la Commune de Koporona, cercle de Koro à la suite des “agissements dirigés contre la communauté peule. Le Parquet a été saisi aux fins de diligenter les poursuites qui s’imposent”.

“En outre, le gouvernement du Mali a aussitôt engagé une procédure de suspension du maire de Koporona dont le comportement contrevient gravement aux lois de la République”, indique le communiqué de la Primature.

Selon des informations, le maire en question aurait diffusé un message pour demander aux Peuls de quitter sa commune dans les 48 heures.

Maliki Diallo   

Source: L’Indicateur du Renouveau

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