Editorial : Le Maouloud vidé de son contenu

Le Maouloud de cette année a été célébré  dans un contexte particulier, marqué par la gravissime crise socio sécuritaire voire politiqueCette situation qui aurait dû interpeller toute conscience soucieuse de paix, d’unité et de stabilité, a été malheureusement reléguée au second plan par certains  leaders religieux dans leur prêche. Parmi ces leaders, on pourrait citer entre autres  le guide des Ançares Chérif Ousmane Madani Haidara et le  guide spirituel de Hizbou rahmane, Chouala Bayaya Haidara. Ces deux leaders se sont adonnés à des invectives devant leur auditoire.

Le premier, en l’occurrence Seid Ousmane Madani Haidara, a passé le clair de son temps au cours de son prêche au stade du 26 Mars, à critiquer certaines personnalités à la fois politique que religieuse  sans les citer nommément. Alors qu’à la veille de ce grand événement, son message diffusé à la Télévision nationale, était celui de  l’apaisement, du rassemblement et du dialogue entre toutes les filles et tous les fils de la nation pour juguler l’alarmante crise que traverse le pays. Pour ensuite s’adonner à cœur joie aux personnalités qui ne semblent pas regarder dans la même direction que lui. C’est après ces critiques qu’il a   terminé son homélie par un appel au rassemblement. Le très estimé guide est et restera une référence, d’où son interpellation par bon nombre de ses fans, pour qu’il revienne à ses premières amours celles du  combat pour la cause des démunis, des faibles et contre l’injustice. Il doit se démarquer des hommes politiques afin d’être ce qu’il fut sous Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et  Amadou Toumani Touré, à savoir celui qui disait plus haut ce que les gens murmurent plus bas.

Quant à Chouala Bayaya Haidara, son cas ne doit guère surprendre, car ce dernier a fait un revirement spectaculaire de l’Opposition vers la Majorité et cela à  six mois de l’élection présidentielle. Avant sa « transhumance politique », il a été de tous les combats de l’opposition et un farouche opposant  à IBK. Que ce dernier critique sans mesure  cette même opposition après avoir retourné la veste,  ne serait pas étonnant. Chouala Bayaya Haidara, comme pour plaire à ses nouveaux amis  a fait feu de tout bois, en commençant par critiquer  Soumaila Cissé, le qualifiant de prétentieux et d’assoiffer du pouvoir et non du Mali. Après  ce fut le tour de  Mohamed Ali Bathily en rappelant son score de 0%, un candidat qui n’a pas  pesé  pas lourd et qui veut détruire le pays. Il a ensuite voulu solder son compte avec   Ras Bath, le faisant passer pour un effronté. Il a,  enfin copieusement savonné l’artiste Fousseyni Fakoly Doumbia, qui a fait un single dans lequel il a  dénoncé Chouala Bayaya Haidara. A l’artiste Doumbia, il n’a trouvé autre qualificatif que d’enfant raté. Dans son homélie, au lieu de rassembler, il avait plutôt fait le  procès de  toutes les voix opposées à celles des princes du jour qui sont ses amis.

En somme, ce qui est attendu des hommes de culte c’est de prêcher la bonne parole pour apaiser la situation. Ils gagneront en crédibilité et en estime en quittant le ring politique.

Youssouf Sissoko

Infosept

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