Election présidentielle: Vers le vote des fantômes ?

Le gouvernement de la République s’apprête à organiser le 29 juillet 2018 le 1er tour de l’élection du Président de la République. Le 5ème premier ministre du Président Ibrahim Boubacar Kéïta, Soumeylou Boubèye Maïga, rassure sur la capacité de son gouvernement à organiser le scrutin à la date prévue. Jusque-là, le même gouvernement annonce orbi et urbi sa volonté de relever le défi de l’organisation est incapable de déployer les services administratifs dans plusieurs localités du nord et du centre. Pour des raisons évidentes de sécurité, les agents de l’administration refusent de rejoindre leurs postes. Le gouvernement compte organiser l’élection dans toutes ces zones interdites aux services administratifs et aux éléments des forces de sécurité. Plus grave, les populations se sont déplacées ou réfugiées à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.
Des soupçons pèsent sur l’équipe de Soumeylou Boubèye Maïga de travailler à procéder dans ces zones à des bourrages d’urnes en faveur du Président candidat IBK. Au nord et au centre du pays, la technique est connue de tous. Et l’on raconte que tous les présidents ont eu à bénéficier de cette fraude généralisée avec des taux de participation de 98% dont 99% en faveur d’un seul candidat. Dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudénit, il y a des experts qui pré-fabriquent des résultats qui seront comptabilisés par l’administration avant d’être validés par la Cour Constitutionnelle. Plusieurs raisons amènent les responsables politiques engagés dans la compétition à ne pas faire confiance aux neuf sages. Lors de l’élection législative partielle d’Ansongo, la Cour Constitutionnelle, en dépit de l’audition du responsable de la Ceni en charge de la supervision du scrutin, a légitimité le bourrage des urnes en faveur du candidat du Rassemblement Pour le Mali (RPM), le parti au pouvoir au détriment de la principale formation politique de l’opposition en occurrence l’Union pour la République et la Démocratie (URD). En 2013, le maire de la commune rurale de Tilemsi dans le cercle de Goundam a réussi à faire élire son grand frère député à l’Assemblée nationale grâce à un système de bourrages d’urnes le plus sophistiqué. Ce sont des zones nomades où toutes les populations sont réfugiées et où on enregistre un taux de participation de 98%.
On s’achemine donc vers le vote des fantômes pour tenter de faire passer le Président candidat dès le 1er tour. Le plein de voix permettra de combler le vide si les autres régions décident d’opter pour un vote sanction contre le candidat du Mali d’abord. Pour mater une éventuelle contestation des résultats, il se murmure que le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga travaillerait à la mise en place d’un dispositif de répression féroce. Comme 1997, certaines mauvaises langues parient sur l’existence d’un plan d’arrestation qui frappera les leaders de l’opposition qui s’engageront dans la voie de la contestation.
Pour déjouer ces machinations d’un régime aux abois par son incapacité et son incompétence, les différents candidats doivent maintenant travailler à établir une carte électorale en faisant ressortir toutes les zones où l’administration n’est pas en mesure de garantir un scrutin libre et transparence. Il faut éliminer les villages ou les bureaux de vote où il n’est pas possible de déployer un observateur de la Ceni, de la Cour Constitutionnelle et des délégués des partis politiques pour des raisons sécuritaires. Il faut éviter donc de donner le matériel électoral aux représentants de l’administration ou à des notables partisans qui font passer la journée sous un arbre avant de revenir avec des procès verbaux remplis en faveur d’un seul candidat.
Sans un tel combat, tous ceux et toutes celles qui réclament l’alternance doivent se préparer à affronter les gaz lacrymogènes et les matraques de Soumeylou Boubèye Maïga, un homme sans état d’âme et prêt à tout pour assouplir ses desseins machiavéliques.
Alamoko S Coulibaly
Source: L’Investigateur

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