Élections législatives La Cour punit SBM et son parti

Soumeylou Boubeye Maiga, ancien Premier ministre de IBK, réalise à ses dépens ce qu’il en coûte de se servir d’une position de pouvoir pour fausser les règles du jeu démocratique, des élections en particulier. Du haut de l’assurance de sa toute puissance, il avait mis l’appareil d’Etat, les instances juridictionnelles au service de la victoire fabriquée de IBK à l’élection présidentielle de juillet-août 2018, rejetant avec dédain et sourire narquois tous les griefs de l’opposition notamment du candidat Soumaila Cissé. Le communiqué bilan de ASMA-CFP est un tir groupé sur la Cour constitutionnelle avec des arguments tout à fait recevables, mais il y a comme un goût d’inachevé, un manque de courage à dénoncer le donneur d’ordre pour cette mascarade qui ne peut être que son ancien patron et son ancien allié le RPM. Mais Manassa et les huit autres juges de la Cour ne sont pas à leur coup d’essai. Ils ont sévi avec le même déni de droit en faveur du candidat IBK pour créer sa victoire à la dernière élection présidentielle. Où était SBM quand la Cour constitutionnelle, au mépris des textes, s’est permis de donner un avis au ministre de l’administration territoriale sur le vote par procuration quand la loi et son propre règlement intérieur lui interdisent d’opiner sur une question susceptible de lui être soumise dans le cadre du contentieux électoral. Le premier ministre Boubeye devait être content de ce zèle à défaut de le susciter. L’ASMA-CFP affirme dans son communiqué qu’il n’y a presque pas eu de vote à Kidal du fait que « la majorité des électeurs ont été invités à accomplir leur devoir dans le seul chef-lieu ». On croit rêver ! Qui ne se souvient encore de l’image (vidéo) de ces chefs de tribus avec les urnes sur les genoux à les remplir à volonté pour le candidat IBK qui gagnait 100% des voix dans tous les bureaux, mais100% de 100% des électeurs inscrits, ce qui signifie que depuis l’établissement des listes électorales, ces tribus nomades n’avaient enregistré ni décès, ni malades le jour du vote, ni déplacement d’électeur de son lieu de résidence. C’est qui l’idiot qui a dit que la perfection n’est pas de ce monde ! On vous passe les autres griefs de SBM qui ressemblent étrangement aux récriminations des autres candidats contre l’élection de IBK en 2018. « Les urnes saccagées » ou « l’irruption d’hommes armés dans les bureaux de vote » qui rappellent à s’y méprendre à la violence organisée dans le Centre du pays (la région de Mopti) pour priver Soumaila Cissé d’un supposé fief électoral. La dénonciation de toutes ces irrégularités ne parut aux yeux de SBM que l’expression de l’amertume des vaincus. Et à tout considérer, le régime qu’il a fait réélire au forceps avec l’appareil administratif, sécuritaire et à coup de centaines de millions pour les chefs rebelles, ce régime-là a compris qu’on peut faire plus simple en s’appuyant sur la Cour constitutionnelle pour déterminer l’issue du vote. Le seul problème, SBM s’est trouvé entre-temps du côté des victimes. On peut être infiniment triste pour la démocratie au Mali, mais ce n’est vraiment pas une mauvaise chose que le fondateur de ASMA- CFP n’aie pas emporté au Paradis le butin politique du hold-up électoral de 2018. « Quoique Dieu soit lent à punir, il n’est pas oublieux ». C’est un proverbe basque, Monsieur le Premier ministre ! Bakary Diarra in Refondation du Mali

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