Entre Nous: De gré ou de force !

Le Malien doit redevenir citoyen… plus qu’une nécessité, cela est devenue une urgence ! Or, par son comportement de tous les ours, il prouve qu’il est tout le contraire d’un citoyen et ça va de mal en pire. Désespérant !
Mardi 22 octobre 2019, scandale à Kayes : la phase régionale du Dialogue National Inclusif a été interrompue pendant plus de 3 heures. Les participants avaient boudé les travaux. Motif : quiproquo autour du perdiem. En un mot, une prise en otage des travaux pour une histoire de sous. L’image peut paraître banale mais elle est le reflet de l’état d’esprit d’une frange importante de la société malienne. Appelés pour discuter des maux qui freinent l’émergence de la nation, ils n’ont pas trouvé mieux que de menacer de suspendre les travaux à cause des perdiems. En septembre, la même question de perdiem avait encore empoisonné le Forum de la société civile organisé par le ministère des Réformes institutionnelles et des Relations avec la société civile. Sur les images publiées dans les réseaux sociaux, on voyait des participants attendre, tard dans la nuit, leurs frais de participation.
Il faut tout juste en déduire que les gens sont plus intéressés par les pécules que le contenu des documents. C’est plus que dommage ! Ce genre de comportement conforte davantage une thèse déjà répandue dans ce pays selon laquelle l’intérêt général est piétiné au profit des intérêts particuliers. L’argent et les biens matériels ont pris une place très importante dans la société. Les campagnes pour les élections présidentielle, législatives et communales sont les meilleures occasions pour se rendre compte de cet état de fait qui détruit petit à petit les fondements de la société malienne. Il faut à tout prix avoir de l’argent. Chacun veut devenir riche. Ainsi, s’engage une course effrénée pour amasser des fortunes, s’offrir à coups de millions ou de milliards de belles voitures et de luxueuses maisons.
Deux autres cas récents illustrent à suffisance la boulimie de certains de nos compatriotes à se précipiter sur les gains faciles. Un agent de l’Etat a, semble-t-il, osé dérober au magasin d’armes du commissariat de Mopti 33 Pistolets-Mitrailleurs pour aller les vendre. A qui ? C’est la grande interrogation. Le second cas est celui du caporal de la Direction du Matériel, des Hydrocarbures et du Transport des Armées (DMHTA) qui a tenté de voler le 12 octobre 2019 95 pistolets mitrailleurs de type ZASTAVA et 8 FSA. Selon les Forces armées maliennes, il avait enlevé ces armes pour les placer dans son véhicule. D’autres informations font état de la disparition de plus de « 400 pistolets mitrailleurs, 15 mortiers, 10 LRAC » attribuée au même caporal. Des pratiques honteuses et indignes ! Tout comme ce cancer de corruption et de détournement de deniers publics qui jette du discrédit sur la justice et les institutions de la République.
Dans ces conditions, comment voulez-vous que les autres nations nous respectent ou nous prennent au sérieux ? Il est temps pour nous de nous demander comment l’argent a pris une telle place dans notre société ? La gouvernance instaurée depuis quelques décennies par les dirigeants a largement contribué à formater les mentalités. Aujourd’hui, il y a une nécessité absolue de transformer, au besoin par la force, le Malien en citoyen. C’est le point de départ de tout le processus de refondation de la nation. Sans cela, tout serait voué à l’échec.
La citoyenneté ne se définit pas uniquement d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité malienne et de ses droits civiques et politiques. Dans une société, l’attitude individuelle des citoyens est importante. Nous insistons là-dessus car elle est devenue même un préoccupation au Mali. Au point que l’on pourrait légitimement s’interroger si le citoyen n’est pas mort au Mali. Les comportements de civisme (politesse, respect des biens publics…) sont pour beaucoup dans le caractère apaisé d’une société. C’est le résultat d’une éducation et quand on sait tout le problème que le Mali a aujourd’hui avec la question de l’éducation-démission des parents, forfaiture de l’autorité, il n’y a pas à se faire trop d’illusions. A moins qu’un fou ne vienne un pour mettre tout le monde au pas afin d’éviter le pire !
La citoyenneté se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Un citoyen peut choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique.
Toutefois, un citoyen actif a un rôle essentiel à jouer, qui prend tout son sens avec l’exercice du droit de vote. C’est à ce moment que le citoyen apporte sa contribution majeure à la société. En votant, mais aussi étant candidat à une élection, il fait valoir son point de vue, change ou confirme les gouvernants, ou encore (dans le cadre du référendum) décide des grandes orientations de la politique nationale.
En dehors des élections, les citoyens peuvent également, de façon quotidienne, jouer un rôle important dans la société. Par exemple, ils peuvent adhérer à une association, un syndicat ou un parti politique et, ainsi, tenter de faire évoluer la société dans laquelle ils vivent, de venir en aide aux autres ou d’influencer la politique nationale.

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