Escroquerie à ciel ouvert à Djélibougou en Commune I : Des marchands d’illusions arnaquent des milliers de personnes !

Une simple coïncidence ou un acte osé pour renforcer davantage la confiance à l’endroit des victimes. Dans la même rue qu’habite le ministre Mahmoud Ben Kattra de l’emploi et de la formation professionnelle au quartier Djélibougou en Commune I du district, la coordination des associations et regroupements de la société civile (CARSOC) y accueille depuis un certain temps, des milliers de personnes par jour avec la promesse de financer intégralement et gratuitement leurs projets. Mais avant d’être enregistré, le postulant doit d’abord remplir une fiche A4 dont les frais varient entre 300 à 1500 FCFA, tout dépend du prix qu’aura fixé celui qui fait l’enregistrement. L’équipe de Mali24 leur a rendu visite !

Au bout de cette rue, à l‘ouest, c’est un monde à part : ‘‘Ils sont tous là pour s’enregistrer en vue de bénéficier du financement de l’homme Arabe’’, lance -t-on à notre question de savoir ce qui se passait dans le parage. Notre interlocuteur, un jeune homme, la vingtaine, a pour tâche de convaincre les postulants à aller s’enregistrer. Ici chaque personne qui fait l’enregistrement a son petit clan. La fiche d’enregistrement est à la portée de tout le monde, il suffit d’en faire les copies et mettre en place son petit clan. Sur les lieux, notre interlocuteur essaie de nous convaincre : ‘‘Vous ne l’avez jamais entendu, et pourtant même la TV Cherifila en parle chaque jour, c’est un milliardaire Arabe qui dit qu’il va financer les projets, il suffit de s’enregistrer, l’Arabe lui-même viendra demain (vendredi 30 MARS) et tout sera OK. Allez-y prendre une fiche et la remplir, c’est 350 FCFA seulement ! ’’

A l’image de ce jeune homme, beaucoup d’autres rodent, chacun pour son clan tapi dans un coin de la rue. Même atmosphère à l’intérieur de la cour où opèrent les lieutenants de l’organisation en question, CARSOC. Difficile d’y accéder, à l’intérieur de cette cour avec quelques constructions, des jeunes mandatés par la CARSOC font aussi des enregistrements. A notre arrivée, ils annonçaient l’arrêt des ‘‘travaux’’, il n’était pas encore midi ce jeudi 29 mars : ‘‘C’est fini pour aujourd’hui, revenez le lundi, nous avons des problèmes, nous allons résoudre ça d’abord’’, nous lance-t-il, à haute voix au milieu d’une cour remplie de monde.

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De quel problème s’agit-il ? Un jeune mandaté nous fait savoir que d’autres personnes mal intentionnées se sont accaparées de la fiche d’inscription pour en faire un fonds d’escroquerie : ‘‘Ils sont en train de prendre 1000 à 1500 FCF avec les gens dans les rues et autres quartiers pour les enregistrer alors que le prix normal est 300 FCFA, nous allons mettre ça au clair d’abord. La police vient d’arrêter certains d’entre eux au quartier Yirimadio en commune VI’’, nous confie cet interlocuteur qui a du mal à nous dire de quoi s’agit-il concrètement.

‘‘Oui ce sont des Arabes qui vont financer des projets d’un million de personnes, donc nous sommes en train de les enregistrer. ‘‘‘Tout’’, répond notre interlocuteur. Qui sont ces Arabes qui vont financer ces projets et dans quel secteur ? ‘‘C’est un regroupement de plusieurs pays arabes dont le Nigéria (Sic)’’, répond notre interlocuteur !

Occasion pour nous alors de demander à voir le premier responsable des lieux, un certain Docteur Adama Traoré. L’homme est connu dans le milieu politique pour sa prise de position. Et pour preuve, il était l’un des éléments clés de la COPAM sous le leadership d’Amadou Amion Guindo pendant la transition en 2012. Ses hommes de mains, sous ses ordres, refusent de nous communiquer son numéro de téléphone sous le prétexte qu’il ne décroche pas un numéro inconnu. ‘‘Il n’est pas ici, il est rentré à la maison.’’ Son numéro ? ‘‘Même si vous l’appelez, il ne va pas décrocher’’.
Faux ! En réalité, c’est en ce moment même que ce premier responsable des lieux était auditionné au 12ème arrondissement de police qui l’avait interpelé sur l’alerte d’un conseiller municipal de la Commune I, Moussa Sey Diallo, fils du quartier de Djelibougou. Joint par téléphone, cet élu de la commune I nous indique qu’entant que responsable de la commune, il a cherché à savoir ce qui se passe dans cette rue noire de monde.
Surprise, une vraie escroquerie à ciel ouvert. D’après le conseiller, le nommé Docteur Adama Traoré et ses hommes n’ont aucune autorisation de la part de la mairie pour mener cette activité. Avec l’appui du secrétaire général de la mairie, le conseiller municipal a alerté le 12ème arrondissement sur l’opération.

Par ailleurs beaucoup ont été victime de vols leurs téléphones portables : ‘‘C’est sur répondeur, ils l’ont éteint, chacun vient ici avec ses propres intentions’’, déplore ce sexagénaire en compagnie de sa vieille épouse qui atrendent d’être enregistré à leur tour. Ce qui est inquiétant, c’est que depuis le 03 mars, date du démarrage de l’opération, aucune personne n’a eu un franc pour le financement de son projet de rêve. Au moment nous mettions cet article en ligne, le premier responsable était toujours au 12 ème arrondissement.

Djibi Samaké

Mali24

 

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5 Replies to “Escroquerie à ciel ouvert à Djélibougou en Commune I : Des marchands d’illusions arnaquent des milliers de personnes !”

  1. Ce soi disant Dr Adama Traore est un vrai escroc, il fut un moment il nous fatiguait avec Laydou telecom? Aujourd’hui il berne les gens sous le pretexte les arabes vont financer les projets de travail. C’est un escroc

  2. c’est de la naivité totale au Mali comment on peut donner l’argent comme sans un petit critere de selection au moins. Il faut etre un Babani Sissko pour donner l’argent aux passants

  3. Tans que les continuerons à croire à la fatalité dans réussite :
    Exemple : gagner beaucoup d’argent sans travailler. À l’aide des sacrifices, des bénédictions de marabouts, des grigris, des magies, des jeux d’hasards…
    L’escroquerie aurait de bon vent devant lui.

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