Escroquerie, abus de confiance, émission de chèque sans provision… Samaké invoque un enlèvement fictif pour flouer ses victimes et la Banque mondiale



Traqué par les créanciers, l’opérateur économique Boubacar Sidiki Samaké a fait courir la rumeur selon laquelle il a été enlevé par des hommes armés puis libéré après paiement d’une rançon de plusieurs dizaines de millions de nos francs. Un gros montage en complicité avec de hauts cadres de l’administration. Selon de sources sécuritaires crédibles, l’opérateur économique, qui avait tenté de trouver refuge à l’Assemblée nationale aux dernières législatives, avec l’espoir de se parer d’une immunité parlementaire, a imaginé cet enlèvement pour détourner l’attention de ses créanciers qui lui mettent la pression. Et pour flouer en même temps la Banque mondiale.   

Selon plusieurs témoignages, même à des niveaux insoupçonnés, Boubacar Sidiki Samaké, PDG du Groupe Kolly SARL, est l’objet, au niveau de la justice de plusieurs plaintes voire mandats. C’est pour un de ces motifs qu’il a séjourné à la grande prison de Bamako-coura. C’est dire que ses victimes sont innombrables et que Boucader Haïdara qu’il a soulagé de 56 millions de nos francs n’est qu’une victime parmi tant d’autres. Ce dernier, depuis plus de trois ans, court derrière son dû. En vain.

Le mode opératoire de ce multirécidiviste notoire connu des services de police et de gendarmerie? Approcher ses victimes pour leur demander un prêt. Afin de mieux abuser de leur confiance, il leur fait miroiter- en pleine connaissance de cause– un remboursement avec intérêt de plusieurs millions. Ainsi sa victime Haïdara, à qui il avait proposé 60 millions CFA en contrepartie de son prêt, lui a clairement fait comprendre seul l’intéresse le montant qu’il lui a pris.

A un certain M. D (que nous désignons pour l’heure par ses initiales) il a contracté également un prêt de plusieurs millions en lui promettant, de son propre gré, de rembourser pratiquement par le double. Ce dernier court aussi derrière ses sous. Idem pour un certain Guindo, dont nous taisons également l’identité surtout à cause de son statut. C’est au moment de payer, s’il ne donne de chèques sans provisions, il les traite d’usuriers. Le démon devient l’ange et l’ange le démon.

Toutes les victimes du sieur Samaké, qui adore la belle vie, ont été approchées par ses soins pendant ses périodes de vaches maigres. Or ce n’est plus le cas actuellement car il finit par avoir le projet de la Banque mondiale portant semble-t-il sur la réalisation d’une infrastructure dans le septentrion malien.

Flouer à la fois ses créanciers et la banque mondiale

Et c’est là qu’il a donné la preuve de sa mauvaise foi. Il se la coule douce alors que ses victimes, inconsolables, ne décolèrent pas contre lui, car convaincus qu’il reste impuni grâce à ses soutiens haut perchés dans l’appareil judiciaire. Ils se disent persuadés que c’est pour simuler son insolvabilité qu’il fait croire qu’il a été enlevé sur la route du nord par des terroristes qui lui ont exigé le paiement de plusieurs dizaines de millions de FCFA. Ses ravisseurs détiendraient encore certains de ses collaborateurs en otage en attendant le versement du reste de la rançon !!! Seul dieu connait le sexe des anges. Cependant des sources sécuritaires, auprès desquelles nous avons mené des investigations, croient savoir qu’il a plutôt utilisé ce subterfuge pour flouer à la fois ses créanciers et la Banque mondiale, son partenaire.

Drissa Togola/Le Challenger



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