Gestion oligarchique du pouvoir : quand le CNSP s’appuie sur l’imam Dicko pour canaliser les maliens

Le constat est aberrant et très inquiétant. Le nouveau Mali peut attendre. Les militaires putschistes qui ont renversé le régime IBK par un coup de force se sont révélés être de véritables affairistes. Ils ont accaparé tous les leviers du pouvoir qu’ils ont pris suite à la lutte hautement patriotique du peuple contre le régime d’IBK. De la gouvernance par tâtonnements du régime IBK, on se retrouve dans la gouvernance par incertitudes et la marche à tue-tête. Et, aujourd’hui, le monde entier se rend compte que le facteur de risque pour cette transition n’était pas le M5RFP.

Le CNSP s’est appuyé sur Mahmoud Dicko pour canaliser les Maliens et par la même suite, les tentatives de dislocation du seul mouvement capable de fédérer les Maliens pour toutes les réformes à venir.

Aujourd’hui, les grognements au sein de l’administration se sont amplifiés à tous les niveaux. Nous avons été pris de vitesse avec des campagnes de soutien financées et qui avaient pour objectif de montrer au reste du monde combien les maliens réclament un régime militaire. Aujourd’hui la plupart des acteurs qui coupaient le sommeil à IBK, veulent que les maliens se taisent et assistent sans murmurer à toute cette mascarade.

Mahmoud Dicko peut rassembler une masse humaine à la place publique et leur faire prier, mais Mahmoud Dicko n’a aucune leçon de morale à donner au médecin en manque du minimum pour travailler. Il n’a rien à dire aux administrateurs civils qui réclament des conditions minimales pour exercer leur fonction. De la même manière qu’il est incapable de résoudre quoique ce soit dans la situation des enseignants qui réclament leur dû. Il ne peut non plus rien faire pour empêcher les médias de parler.

Si malgré la récupération politique massive des hauts parleurs de la république, les charlatans politiques et activistes de tous poils, les discours, les audiences interminables, et les actions posées, tout semble tellement s’éloigner que nous avons l’impression que toute l’énergie dont disposent les militaires se redirige pour lutter contre le peuple.

Tenter d’employer des techniques d’intimidation pour restreindre les individus, est une tentative suicidaire. Si vous ne voulez pas être pointés du doigt, vous devez expliquer clairement en quoi consiste votre mission, parce que détenir l’arme et détenir la solution pour toute une nation, s’expliquent différemment. Personne n’a vu l’effort de diviser les salaires et réduire les coûts de fonctionnement d’une administration qui a toujours souffert de lourdeur.

Les solutions finales ne peuvent que venir du peuple. Et ce n’est pas la junte militaire le peuple. Le peuple, ce sont ceux qui vont en grève et ceux qui se tiennent debout pour ne pas accepter que le Mali s’effrite par incompétence ou manque d’expérience.

Même si nous serons d’accord de la dégradation politique du système durant ces 30 dernières années, nous ne sommes pas assez naïfs pour croiser les bras et subir avec des militaires qui n’ont pas été en mesure de sécuriser tous les maliens.

Si la souveraineté nationale a été conquise sur le plan militaire et que la délégation de militaires viennent prendre le pouvoir pour restaurer le Mali, personne ne se poserait aucune question, puisque le Mali a été libéré par ceux-là mêmes qui sont au pouvoir.

30 ans de passe-passe politique; en guerre depuis 2012, Qu’est-elle devenue notre armée sur le plan des réformes et de financement pour équiper les soldats au front? On parle de détournements de plus mille milliards.

Cela revient à dire que le bateau Mali est troué de tous les côtés. Un seul groupe ne peut pas exclure le peuple pour donner l’assurance de boucher tous les trous. Si cette transition marche, elle le sera pour le bonheur de tous les maliens. Si elle échoue également, elle échouera pour tous les maliens. C’est pourquoi elle doit revoir sa copie et tenir compte de tous les autres enjeux sociaux pour le pays tout entier.

Touré Abdoul Karim

Source: Le Démocrate

Laisser un commentaire