Gouvernement Boubou Cissé : La montagne a, enfin, accouché…

Rendu public hier dimanche 5 mai, dans la mi-journée, l’équipe de Dr Boubou Cissé compte 38 membres, dont un ministre délégué et deux secrétaires d’Etat. L’équipe précédente en avait 32.

Directement de Koulouba comme d’habitude, le secrétaire général de la Présidence de la République, Moustapha Ben Barka a lu, hier dimanche, sur les antennes de la télévision nationale, la liste des membres du gouvernement de Dr Boubou Cissé. Une équipe de 38 membres, dont un ministre délégué et deux secrétaires d’Etat. 21 membres de l’équipe sortante, 17 nouveaux ministres, 9 femmes.

Pour la première fois, le Premier ministre est aussi nommé ministre de l’Economie et des Finances. Ce qui veut dire que le titulaire de ce poste depuis 2016 suite au départ de Mamadou Igor Diarra, le conserve en plus de celui de la coordination de l’action gouvernementale. Cette situation inédite au Mali donne déjà lieu à moult commentaires. 

Les nouveaux arrivants sont au nombre de 16. C’est le Général de Division Ibrahima Dahirou DEMBELE qui est le nouveau ministre de la Défense et des Anciens combattants. L’ancien Chef d’Etat-major des armées de la junte militaire pilotée par Amadou Haya Sanogo était précédemment inspecteur en chef des armées. Ancien maire de la commune V, c’est le président de l’Association des Municipalités du Mali (Amm), Boubacar Alpha BAH dit Bill, un ami du chef de l’Etat, qui devient ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

L’ancien patron de l’ONUSIDA Michel Hamala SIDIBE devient ministre de la Santé et des Affaires sociales. Le Président du Parena, Tiébilé Dramé, l’un des opposants le plus critique, prend les commandes des Affaires étrangères. Un poste qu’il a occupé pendant la transition à la belle époque du CTSP. Oumar Hammadoun Dicko du PSP devient du Ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique.

Un lieutenant de l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, en la personne d’Alioune Badara BERTHE prend les commandes du ministère des Domaines et des Affaires foncières. Le nouveau ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Logement social s’appelle Hama Ould Sidi Mohamed ARBI. Ibrahima Abdoul LY est ministre des Transports et de la Mobilité urbaine. Le jeune député Amadou THIAM en disgrace depuis peu au sein de sa formation politique, l’ADP-Maliba, dont il vient d’être éjecté de la tête, est nommé ministre chargé des Réformes institutionnelles et des Relations avec la Société civile.

Un cadre bon teint du RPM, Directeur de l’IPR de Katibougou, Pr Mahamadou FAMANTA, est ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. L’actuelle secrétaire général du ministre de l’Economie et des Finances, Madame BARRY Aoua SYLLA est ministre déléguée chargée du Budget auprès du Premier ministre, Chef du Gouvernement, ministre de l’Economie et des Finances.

Le Président du mouvement Sabati, Moussa Boubacar Bah devient secrétaire d’Etat chargé de la Promotion et de l’Intégration de l’Enseignement bilingue. Un opérateur économique, Adama SANGARE, pilote le secrétariat d’Etat chargé de l’Aménagement et de l’Equipement rural, auprès du ministre de l’Agriculture.

Parmi les revenants, il y a : Me Baber GANO, désormais ministre de l’Intégration africaine, Housseini Amion GUINDO, ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Garde des Sceaux, pendant la transition qui a suivi le putsch de 2012, Me Malick COULIBALY reprend le portefeuille de la Justice et des Droits de l’Homme.  

Restent à leurs postes : Général de Division Salif TRAORE, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Hamadou KONATE, ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Lassine BOUARE, ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Madame TRAORE Seynabou DIOP, ministre des Infrastructures et de l’Equipement, Sambou WAGUE, ministre de l’Energie et de l’Eau, Thierno Amadou Omar Hass DIALLO, ministre des Affaires religieuses et du Culte, Docteur KANÉ Rokia MAGUIRAGA, ministre de l’Elevage et de la Pêche ; Madame Nina WALET INTALLOU, ministre de l’Artisanat et du Tourisme ; Docteur DIAKITE Aïssata Kassa TRAORE, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ; Madame N’DIAYE Ramatoulaye DIALLO, ministre de la Culture, Madame LELENTA Hawa Baba BAH, ministre des Mines et du Pétrole.  

On note quelques permutations. Ainsi, Kamissa Camara quitte  la tête de la diplomatie pour le département de l’Economie numérique et de la Prospective. Le ministère de la Réforme administrative et de la Transparence de la vie publique est rayé de la carte. Madame Safia BOLY devient ministre de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Entreprenariat national. Yaya SANGARE quitte les Maliens de l’extérieur pour le ministère de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement. Mohamed AG ERLAF hérite du ministère de l’Industrie et du Commerce. Maître Jean Claude SIDIBE aura la charge de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Amadou KOITA est ministre des Maliens de l’Extérieur tandis que Moulaye Ahmed BOUBACAR monte quelques escaliers dans le même immeuble pour occuper le bureau du ministre de l’Agriculture.  

Le Rassemblement pour le Mali (RPM) a 9 ministres. On note un léger renforcement de l’ADEMA-PASJ. Tiémoko Sangaré quitte le navire pour laisser y entrer deux nouvelles abeilles. Ainsi, outre Boubacar Alpha Bah dit Bill, c’est l’ancien député, Dr Témoré Tioulenta, qui pilote désormais le département de l’Education. Adama Tiémoko Diarra et Yaya Sangaré restent dans le gouvernement.

L’équipe de Boubou Cissé compte 9 femmes contre 11 dans le dernier gouvernement. Un petit calcul permet de savoir que le quota de 30% n’est pas respecté cette fois-ci par le Président de la République et son Premier ministre.

Voilà ce à quoi ont abouti les concertations engagées par Dr Cissé dès le lendemain de sa nomination avec, dit-on, les forces vives du pays. D’abord pour la signature de l’Accord politique. Ensuite, la mise en place du gouvernement. Une équipe de 38 membres pour un pays en crise ? Un gouvernement de mission ou de partage de gâteau ?

En attendant d’être mieux édifiés dans les jours à venir quant aux véritables dessous de cet attelage, les Maliens se perdent en conjectures. Des confrères dans les secrets de Koulouba avaient bien prédit des surprises et elles sont venues d’IBK….

Chaka Doumbia

Le challenger

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *