Halimatou Dembélé, auteur du livre « Le soleil qui brille » : « Je compte apporter ma pierre à l’édifice littéraire de ce pays »

N’a-t-on pas l’habitude de dire qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ? La jeune Halimatou Dembélé, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, en est une parfaite illustration. A 18 ans seulement, elle vient d’écrire un livre intitulé ‘’Le soleil qui brille’’. Titulaire d’un diplôme universitaire de technologie en sciences de gestion, spécialité gestion des ressources humaines à l’institut supérieur de gestion appliquée, Halimatou fait partie certainement des plus jeunes écrivains du Mali. Au cours d’un entretien, elle nous a livré les raisons et motivations qui l’ont poussée à écrire si jeune. Lisez plutôt !
Journal Le Challenger : Présentez-vous à nos lecteurs SVP
Halimatou Dembélé : Je me nomme Dembélé Halimatou, auteur du livre « Le soleil qui brille ». Je suis née à Bamako en janvier 2000. J’ai effectué une partie de ma scolarité primaire à Bamako avant de la poursuivre dans la mine d’or de Sadiola avec la mutation de mes parents. Quand j’étais en 6ème année, j’ai été admise au concours du Prytanée militaire de Kati, ensuite je suis revenue ici à Bamako pour continuer mes études. En 2016, j’ai été admise au baccalauréat, session de juin de la même année avec la mention assez bien. Je viens d’obtenir mon diplôme universitaire de technologie en sciences de gestion spécialité gestion des ressources humaines à l’institut supérieur de gestion appliquée.
Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire un livre si jeune ?
Depuis toute petite, je me suis familiarisée avec le monde du livre. Depuis ce moment, ma maman m’amenait au centre culturel français, l’actuel institut français et là, j’ai commencé à avoir de l’affection pour les livres et pour l’écriture. L’écriture n’était pas mon premier rêve mais comme les gens ont coutume de le dire, quand des rêves meurent d’autres naissent. Suite à l’envol d’un de mes rêves, j’ai commencé à écrire pour me consoler et depuis lors, j’écris. L’écriture a été pour moi un second rêve mais qui m’a permis de m’épanouir et maintenant j’en tire profit même si ça n’a pas été facile d’abandonner le premier rêve.
Le titre de votre livre « Le soleil qui brille » sous-entend quoi ?
Qui dit soleil dit d’abord l’arrivée d’un nouveau jour, d’un nouveau départ, donc ce soleil peut avoir deux aspects, un aspect négatif et un aspect positif. Positif pour donner la chance à ceux qui veulent avancer. Par exemple le soleil peut donner de la lumière par sa brillance, son rayon à ceux qui se noient dans les ténèbres, qui se perdent dans l’obscurité.
L’aspect négatif. Qui dit soleil, dit forcément chaleur, donc ce soleil peut donner chaud aux paresseux, à ceux qui veulent donner un frein au développement et à l’émergence du pays. Qui dit soleil dit également lumière donc ce soleil sera la lumière pour donner de l’espoir à ceux qui pensent que la littérature malienne n’a pas d’héritiers et qu’elle tendait vers sa fin.
Avez-vous reçu un financement pour éditer votre livre ?
C’est la famille qui m’a aidée financièrement, mes parents m’ont aidée à faire l’édition mais du côté moral, j’ai eu le soutien de mon professeur du Prytanée militaire de Kati qui est lui-même écrivain. Il m’a toujours encouragée, il corrigeait mes poèmes, même si je n’avais pas envie d’écrire, il me réconfortait et m’épaulait. J’ai également reçu l’aide de mes camarades de plumes par exemple Sadiya Touré, Aminata Boré, Aïssata Amadou Bocoum et autres. Même si je n’avais pas envie d’écrire, elles étaient là à m’épauler, au moment où les gens disaient que je ne pouvais pas y arriver, elles étaient là à me consoler.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées pour l’édition de votre livre ?
Sincèrement, je n’ai pas rencontré de grandes difficultés. Seulement dans la famille, mon père n’était pas d’accord pour l’édition parce que j’ai abandonné les sciences au profit de la littérature. Donc ces 5 ans j’ai pu me rendre dans une maison d’édition grâce à l’aide de ma maman surtout. Mais après, il a fini par accepter et dès lors, il a commencé à me comprendre et maintenant il me soutient totalement.
Quand est ce que le livre « Le Soleil qui brille » a été édité ?
Le livre ‘’Le Soleil qui brille’’ a été édité le 13 juillet 2018.
Pouvons-nous savoir votre futur projet ?
Je compte apporter ma pierre à l’édifice littéraire de ce pays, sensibiliser les jeunes à aller vers l’écriture. Les jeunes ne lisent pas. Qu’on ne dise pas que c’est la faute des professeurs. C’est vrai, certains professeurs ont démissionné mais, c’est aux parents d’acheter des livres pour les enfants au lieu d’aller investir de l’argent dans des choses qui ne sont pas bénéfiques. Il serait préférable d’aller investir dans les livres au lieu de blâmer l’Etat. Il faut d’abord que les parents s’assument avant d’indexer les professeurs. Quant aux professeurs, ils peuvent également aider les enfants à lire, par exemple, si chaque professeur à la fin de chaque semaine ou de chaque mois faisait un jeu de mots en classe, que chacun apporte un mot et en fasse des phrases, peut être à la fin de chaque année, plusieurs écoles pourront avoir des livres à leur disposition, elles seront même accompagnées par l’Etat ou par des maisons d’édition. Ce sera un moyen de sauvegarder l’écriture au Mali.
Quel appel avez-vous à l’endroit des autres filles qui veulent écrire mais qui n’ont pas eu le courage ?
Qu’elles se mettent au travail et qu’elles n’écoutent personne à côté. C’est vrai au début, ce n’est pas facile avec les amis, les camarades, etc., d’autres essayent de nous dénigrer, de nous décourager, de dire qu’on veut se comporter en blanc. Je leur dis de n’écouter personne, de rester sourdes et aveugles face au jugement des autres, de ne pas hésiter à approcher ceux qui s’y connaissent un peu dans la matière, c’est le seul moyen pour elles d’avancer.
Réalisée par Bintou Diarra et Bourama Camara

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