Insécurité-Crise économique-COVID : La transition face aux urgences

Le Président de la Transition s’est adressé, jeudi 31 décembre 2020, à la Nation à l’occasion du nouvel an. Dans son discours, Bah N’Daw, a souligné l’urgence de se mobiliser pour faire face à la pandémie du Coronavirus de plus en plus inquiétante. Il s’est également prononcé sur la situation de notre Armée et sur les élections générales à venir. Entre la pandémie de la Covid, l’insécurité galopante, la crise économique, la grogne sociale…, la transition fait face à de nombreuses urgences qui demandent toutes des « solutions urgentes ».

Dans cette adresse à la Nation, le Président de la Transition, Bah N’Daw, a rappelé que le 25 septembre 2020, qu’il avait parlé de la nécessité pour les Maliens de se mobiliser contre la COVID 19 : « Le temps est venu de le faire, les rangs plus serrés que jamais ; car, il s’agit de notre survie, la survie individuelle, mais aussi la survie collective. Le fléau, vous le voyez et vous le vivez, est en train de se répandre dans notre pays à une allure inquiétante, avec son lot de malades et de morts. La côte d’alerte est atteinte, ne nous le cachons pas… Et, au-delà des mesures préventives destinées à rompre la chaine de contamination, le Gouvernement ne ménagera aucun effort pour prodiguer des soins de qualité standards. Je puis vous assurer que les diligences appropriées ont été entreprises en vue de l’acquisition des vaccins. La santé et la vie des Maliens n’ont pas de prix… ».

Ainsi, lors du dernier Conseil des Ministres, le Ministre de la Santé a présenté l’état des préparatifs de la vaccination des populations contre la Covid-19.

Dans ce cadre, 8.444.800 doses de vaccins seront achetées avec la contribution financière de l’Alliance Mondiale pour les Vaccins et la Vaccination et de la Banque Mondiale. C’est pour un coût global de 31,261 milliards FCFA. Les premières doses de vaccins seront livrées en fin mars et le début de la vaccination est prévu pour le mois d’avril 2021.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a rassuré : « Oui, l’essence de la Transition réside dans la préparation et la tenue des élections incontestablement propres, où un vainqueur accepté et congratulé par tous conduira les destinées du pays, renouant avec le projet démocratique pour notre honneur à tous, pour notre bonheur à tous. Des élections tenues à date, des élections méthodiquement organisées, des élections préparées de manière transparente et inclusive. Que personne ne s’y trompe ! Notre salut passe par ce projet démocratique qui vise à instaurer un Etat de Droit, où tous les Maliens sont égaux ». Et de poursuivre : « Je le dis clairement : personne ne prendra le processus en otage ; mais, en retour, personne ne doit en être exclu ».

L’insécurité gagne du terrain

Le Président N’Daw annonce que « l’Armée est au front. Elle se bat. Elle est consciente des responsabilités qui pèsent sur ses épaules. Elle remporte des victoires. Elle participe à toutes les opérations conjointes avec ses Alliés. L’ennemi perd du terrain. Mais la lutte contre le terrorisme, c’est connu, est une lutte de longue haleine. Elle ne se gagne ni en un jour ni en une année ». Pour lui, la guerre sera gagnée, certes, par les FAMAS et leurs Alliés ; mais, il estime qu’il faut l’attachement d’un grand prix à l’édification d’une Armée disciplinée, républicaine, respectueuse de la vie humaine et des Droits de l’Homme. Il rassure que la montée des soldats maliens en puissance se poursuit et que l’Armée prête pour accompagner le retour de l’Administration sur toute l’étendue du territoire national. « Elle sera là pour assurer la sécurité des élections générales dont le calendrier est en discussion », fait-il savoir…

Aujourd’hui, la réalité est que l’insécurité a atteint son paroxysme depuis sous le Régime IBK.

En effet, les 2 tiers du territoire national (la quasi-totalité des Régions du Nord et du Centre) sont laissés à la solde des rebelles et/ou terroristes-djihadistes, des groupuscules, des milices armées et des narcotrafiquants. Au plan sécuritaire, le défunt Régime d’IBK était carrément passé à côté de la plaque. Son règne a été, c’est sans doute, l’un des plus meurtriers de l’Histoire du Mali.

La situation sécuritaire dans le Nord et le Centre du pays reste toujours préoccupante.

Ainsi, l’insécurité s’est accrue dans une grande partie du pays et n’a pas reculé d’un iota. Et, au-delà des Régions du Nord qui sont sous le contrôle ou la menace constante des groupes armés dont la CMA (signataire de l’accord de paix), tous des terroristes, djihadistes et bandits armés, ceux-ci ont étendu leurs tentacules jusqu’au Centre et au Sud du pays en instaurant presque partout un climat d’insécurité chronique et de terreur sans précédent dans les Régions de Ségou, Mopti et Koulikoro voire même jusqu’aux portes de Bamako.

Ainsi, les Régions du Nord ainsi que celles du Centre sont prises en tenaille par ces nébuleuses qui s’en prennent soit à tout ce qui est représentation de l’Etat, soit aux forces étrangères opérant sur le territoire malien, notamment la MINUSMA et la force de Barkhane. Des forces qui n’arrivent pas, malgré tous leurs moyens et professionnalisme, à empêcher la propagation des foyers de violences et, plus largement, dans ces Régions. Mines, embuscades, attaques kamikazes, tirs de mortiers, etc. Et l’amplitude de ces attaques ne faiblit pas. La contagion d’insécurité se propage du Nord au Sud du pays dans un mouvement qui semble irrésistible. Ce phénomène a commencé, il y a plus 5 ans, par l’effondrement de la sécurité dans la Région de Mopti. La loi, l’ordre et tout ce qui restait comme symbole ou représentativité administrative de l’appareil de l’Etat malien dans cette Région fortement peuplée s’est retiré.

En outre, les groupes armés à l’origine de cette débandade des Représentants de l’Etat agissent dans une impunité totale et au plus grand désarroi des populations. Ce qui explique les différentes attaques à Ogossagou I et II, Sabane Da et autres Farabougou.

Ainsi, au fil des années (2015-2020), la violence est montée crescendo pour atteindre les pires proportions.

Aujourd’hui, plusieurs localités de Mopti sont totalement ou partiellement occupées par une meute en armes, des Hommes de Hamadoun Kouffa, des bandits de grands chemins et milices armées jusqu’aux dents qui appliquent leur loi en occupant systématiquement le terrain. Les Administrateurs civils, les Enseignants, les Agents de santé et autres Représentants de l’Administration publique ont été contraints de déserter une grande partie du Centre. L’Etat n’y est quasiment plus représenté qu’à travers quelques postes militaires, si éparpillés et limités sur le plan opérationnel qu’ils ne gênent pratiquement en rien les terroristes-djihadistes dans leurs actions. Les populations sont prises en otage, elles n’ont plus le droit de franchir des limites fixées par les occupants. Toute personne, soupçonnée ou accusée de collaboration avec l’Administration, est sévèrement punie… En longueur de journée, elles font l’objet d’exactions de toutes sortes : meurtres, assassinats, coups et blessures, enlèvements de bétails, vols d’engins et d’objets de valeur de la part des Rebelles, des djihadistes et autres redoutables Bandits et leurs complices locaux.

Même la ville de Bamako n’est pas épargnée. La capitale, elle aussi, est en proie à un phénomène d’insécurité galopante. Crimes crapuleux, attaques et braquages deviennent le lot quotidien des populations dans presque tous les quartiers du District de Bamako.

Mohamed Sylla

l’Aube

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