Internationale face à la presse à Bamako : « Le bureau du procureur de la CPI n’a pas fini d’enquêter au Mali, il continue d’enquêter pour qu’aucun criminel n’échappe à la justice…»

Les responsables de la Cour Pénale Internationale (CPI) étaient face à la presse, le mardi 15 octobre 2019, à l’Hôtel Sheraton de Bamako pour parler de la situation d’insécurité et judiciaire au Mali. Au cours de cette conférence de presse, les conférenciers ont déploré les tueries au centre du Mali dont le massacre d’Ogossagou en mars 2019. A cet effet, les conférenciers ont signalé que la situation au Mali est sous enquête de la CPI depuis janvier 2012. « L’affaire Sanogo ou l’affaire des bérets rouges du faite qu’elle est survenue après janvier 2012, rentre dans l’ensemble des incidents qui ont fait l’objet de l’examen préliminaire par le bureau du procureur… Le bureau du procureur n’a pas fini d’enquêter au Mali, il continue d’enquêter pour qu’aucun criminel n’échappe à la justice, que ça soit la justice malienne, que ça soit devant la CPI », a souligné Richard NSANZABAGANWA, conseiller en coopération internationale du Bureau du Procureur de la CPI.

Cette conférence de presse fait suite à un atelier de formation des journalistes sur le fonctionnement de la Cour pénale internationale. Ladite conférence de presse était animée par Fadi El Abdallah, porte-parole de la Cour Pénale Internationale (CPI) et Richard NSANZABAGANWA, conseiller en coopération internationale du Bureau du Procureur. Répondant aux questions des journalistes, le conférencier Fadi El Abdallah a fait savoir qu’ils sont au Mali dans le cadre d’une mission de sensibilisation afin d’apporter plus de justice dans le pays. Avant de mettre l’accent sur les affaires des deux Maliens (Al Madi, Al Hassan) devant la CPI. Quant à Richard NSANZABAGANWA, conseiller en coopération internationale du Bureau du Procureur, il a rassuré de l’appui de la CPI aux juridictions nationales. « Le bureau du procureur de la CPI appui et voudrait appuyer autant que faire se peut la justice nationale dans le cadre des enquêtes voir des poursuites concernant l’affaire Sanogo voir d’autres affaires qui peuvent bénéficier justement de l’assistance du bureau en ce qui concerne notamment les échanges d’information. L’affaire Sanogo ou l’affaire des bérets rouges du fait qu’elle est survenue après janvier 2012, rentre dans l’ensemble des incidents qui ont fait l’objet de l’examen préliminaire par le bureau du procureur. En même temps, il n’a pas été question pour le bureau de vouloir s’approprier les incidents qui ont été perpétrés durant cette période sous enquête », a-t-il dit. Avant de signaler que lorsque la justice malienne a entrepris de poursuivre l’un ou l’autre des affaires survenues durant la période de 2012 à nos jours, le bureau s’est montré disposé à appuyer dans le cadre de ses moyens et de son mandat pour que la justice nationale puisse mener à terme ses poursuites et ses procédures. Selon lui, le bureau du procureur de la CPI encourage le Mali dans ses initiatives de poursuite contre les criminels. Le conférencier Richard a fait savoir que la situation dans le centre du Mali préoccupe le bureau du procureur. Pour preuve, dit-il, le 25 mars 2019, au lendemain des massacres d’Ogossagou (Région de Mopti), Mme la Procureur a fait une déclaration pour exprimer son indignation et pour appeler à la retenue. Selon lui, Mme le procureur de la CPI, Fatou Bensouda a encouragé le gouvernement malien à prendre des mesures nécessaires pour s’assurer que ces incidents cessent. « En ce qui est de ses fonctions et de son mandat, elle a rappelé que la situation au Mali est sous enquête depuis janvier 2012, que des incidents qui sont de nature à comporter des crimes de la compétence de la Cour sont des incidents qui peuvent faire l’objet de son enquête. En même temps, elle a interpellé, encouragé le gouvernement toutes les mesures nécessaires pour que la justice nationale se dote des ressources qu’il faut, des moyens nécessaires pour enquêter et poursuivre. En même temps que les enquêtes nationales sont encouragées, le bureau reste présent et suit ce qui se passe et surtout sera disponible pour toute forme de synergie nécessaire entre la justice nationale et le bureau du procureur », a souligné le conférencier. Il a précisé que la situation dans le centre du Mali, que ce soient les malheureux incidents de mars, mais aussi, les incidents antérieurs, mais aussi, ceux qui ont suivi après font l’objet de suivi de très près par le bureau de la CPI. « C’est important de souligner que l’ensemble des crimes qui tombent sous la compétence de la Cour sont des crimes potentiellement poursuivables devant le bureau du procureur et il n’y a aucun moyen qui devrait être préservé quand il s’agit de s’assurer que les victimes de ces crimes obtiennent justice », a-t-il dit. A l’en croire, Mme le procureur de la CPI, Fatou Bensouda a dépêché une délégation auprès des autorités maliennes au surlendemain des incidents d’Ogossagou pour s’assurer que la justice est rendue et les moyens de prévention sont déployés sur le terrain pour protéger la population. « Le bureau du procureur n’a pas fini d’enquêter au Mali, il continue d’enquêter. Mais en même temps, nous faisons cela en s’assurant qu’au niveau national, les ressources nécessaires sont dotées à la justice, pour qu’à un moment donné, on soit à mesure de s’assurer de l’ensemble des crimes qui sont commis, qui doivent être poursuivis pour qu’aucun criminel, aucun responsable de ces crimes n’échappe à la justice, que ça soit la justice malienne, que ça soit devant la CPI », a déclaré le conférencier Richard. Enfin, il dira que la cour est déjà saisie sur tout ce qui se passe au Mali.

Aguibou Sogodogo

Le Republicain

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *