Le maire de Koulikoro, Eli Diarra à propos de l’affaire de la vente ” illégale ” du centre d’état civil secondaire : “Sur 29 conseillers, 23 ont approuvé la vente de ce bâtiment à l’Inps à 75 850 000 Fcfa, après expertise du lieu”

«Je suis blanc comme neige puisque nous avons respecté toutes les procédures. Nous avons versé l’argent au Trésor public”

Pour le maire de la Commune urbaine de Koulikoro, Eli Diarra, la vente du bâtiment abritant le Centre d’état civil secondaire de Koulikoroba à l’Institut national de prévoyance sociale (Inps) à 75 850 000 Fcfa est un faux débat puisque toutes les procédures ont été respectées. Selon lui, l’argent a été versé au Trésor public, qui servira à financer d’autres projets d’investissement au niveau de Koulikoro. D’ores et déjà, la Mairie a entamé la construction d’un nouveau Centre d’état civil secondaire.

Le maire de la Commune urbaine de Koulikoro, Eli Diarra, a finalement réagi suite à notre article intitulé : ” Vive tension à Koulikoro : le Maire Eli Diarra accusé de vente illégale du bâtiment du Centre d’état civil secondaire de Koulikoroba à l’INPS à 75 millions de Fcfa” paru dans le numéro 113 du vendredi 6 avril 2018. Alors que nous avions tenté de le joindre en vain pour prendre sa version des faits, avant la publication de cet article.

C’est dans une atmosphère très tendue que nous nous sommes entretenus avec ce jeune maire (il est élu Urd) dans son bureau en début de soirée de lundi dernier. D’un coup, il a rejeté toutes les accusations portées contre lui par le porte-parole du Collectif des conseillers pour la gestion transparente de la mairie, Sidi Moctar Fofana dit Chérif, notamment sur sa gestion opaque de la vente “illégale” du bâtiment abritant le Centre d’état civil secondaire de Koulikoroba. Pour le maire Eli Diarra, ce bâtiment a été vendu dans la plus transparence totale. “Nous avons respecté toutes les procédures requises pour la vente de ce bâtiment. Nous avons d’abord effectué l’expertise de l’endroit qui nous a donné une valeur de 75 850 000 Fcfa.  Après la lettre de manifestation d’intérêt, nous avons procédé à la vente à l’Inps pour un montant de 75 850 000 Fcfa avec l’acte notarié. Et l’argent a été versé au Trésor public. C’est pour vous dire que je suis blanc comme neige concernant cette affaire” nous a confié le maire Eli Diarra, visiblement très à l’aise. Selon lui : “Depuis le 26 septembre 2017, le Conseil a délibéré pour la construction d’un nouveau Centre secondaire à Koulikoroba parce que nous avons estimé que l’utilité de ce centre est nécessaire. L’ancien lieu était un vieux magasin récupéré, qui a été finalement aménagé pour être ériger en Centre d’état civil secondaire. Malheureusement aussi, cet endroit se trouve à l’entrée même du marché. Ce qui fait que l’accès devient très difficile. Les nombreux bruits font que les gens ne fréquentent plus ce Centre. Pour ceux qui connaissent Koulikoro, les dimanches, c’est le jour des foires et des mariages aussi. Donc, toutes les populations de Koulikoroba préfèrent célébrer leur mariage à la mairie centrale. Ce qui créée des embouteillages terribles chaque jour dans la ville. Raison pour laquelle, nous avons décidé de construire ce nouveau centre plus accessible à toute la population près du Stade de football. Cela a été décidé avec 29 votants sur 29”. Avant de préciser que ce projet fait partie d’une promesse de sa campagne électorale.

S’agissant du bâtiment du Centre d’état civil secondaire, Eli Diarra précise : “Ce sont les retraités qui ont demandé à la Direction régionale de l’Inps de leur trouver un guichet à Koulikoroba puisqu’ils parcouraient plus de 10 km pour venir prendre leur pension. C’est pourquoi, depuis 2013, bien avant notre arrivée, la Mairie avait autorisé l’Inps à construire un guichet dans l’enceinte du Centre, qui occupe les ¾. Et si nous devons construire un nouveau centre, il est nécessaire de faire une manifestation d’intérêt à l’Inps pour que le bâtiment ne soit pas utilisé par des privés ou que quelqu’un d’autre ne vienne pas l’utiliser autrement. Ce qui va nuire aux veilles personnes. C’est pour cela que nous avons décidé d’envoyer une lettre à l’Inps pour l’informer qu’il occupe déjà les ¾ du Centre. Et nous avons ensuite demandé à l’Inps s’il est intéressé par la vente. Ils ont répondu favorablement. C’est ainsi que nous avons convoqué une session, le 20 février 2018 pour délibérer sur la vente de ce bâtiment. Sur 29 conseillers, 23 ont approuvé “.

Aux dires du maire Eli Diarra, cette campagne est purement politique puisqu’il est maire Urd. Alors que sa seule ambition est de contribuer au développement de sa commune et à l’amélioration du bien-être de sa population. “C’est devenu une habitude maintenant. A chaque veille des élections, je deviens un homme à abattre” dira-t-il.

Notons que la Mairie est composée de 29 conseillers dont 14 élus du parti l’Urd et 6 du Rpm.  “Pour nous, il n’y a pas une question de partis, c’est plutôt une question de développement. Même le Rpm a voté à 100% pour la vente du bâtiment. Et tous les acteurs concernés ont été impliqués. Nous avons même eu l’aval du préfet, ainsi que celui des notabilités. Je ne vois pas où se trouve le problème dans cette affaire puisque l’argent a été versé au Trésor public. Je suis prêt à fournir toutes les preuves à qui de droit. C’est pour vous dire qu’il n’y a pas eu de détournement dans cette affaire. Je suis là pour le développement de ma commune. Malheureusement, quand vous voulez faire la transparence, on vous traite de tous les noms d’oiseau. Je pense que personne ne pourra me défier dans ce dossier”. Parole du maire Eli Diarra !

S’agissant de sa gestion au niveau de la mairie, Eli Diarra estime qu’il est à l’aise aujourd’hui.  “Nous avons une gestion transparente. Nous nous battrons pour le développement de notre commune. C’est pour vous dire qu’il n’y a pas de détournement chez nous. Quand nous sommes venus, il n’y avait pas d’électricité, pas d’eau, pas de téléphone à la Mairie. Nous avons trouvé que toute la cour était délabrée, les toilettes étaient salles. Pour la petite histoire, mon propre bureau a été aménagé par moi-même à mes propres frais.  Nous avons aménagé les espaces verts au niveau de la ville. Nous avons réalisé des salles de classe, des forages avec le concours du gouvernement. Nous avons dégagé les montages d’ordures au niveau de la ville puisque notre ambition, c’est d’avoir une ville propre pour le bien-être de la population. Aujourd’hui, la vile est nettoyée régulièrement par les femmes de Koulikoro. En tant que natif de Koulikoro, tout ce que je fais pour ma ville, je suis venu trouver que les autres l’ont d’abord fait pour moi. Je suis en train de me battre pour Koulikoro parce que j’ai constaté que les jeunes ne se sentaient plus en confiance dans leur propre commune”.

S’agissant de la santé financière de la mairie, Eli Diarra répond : “La Mairie se porte très bien. Nous ne sommes pas endettés. C’est vrai que nous sommes venus trouver qu’il y a des dettes. Dans nos comptes administratifs, vous ne verrez plus d’arriérés de payement de factures d’électricité. Nous avons établi un budget réaliste estimé à plus d’un milliard. Alors que nous sommes venus trouver que le budget était à 8 milliards Fcfa, mais jamais réalisé. Il ne s’agit plus de masquer les chiffres”.              A.B. HAÏDARA

 

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