Lutte contre les changements climatiques : L’UNAJOM et la FIJ renforcent les capacités des journalistes

Inciter les organes de presse à avoir un point focal au sein de leur rédaction , pérenniser la formation des journalistes sur les changements climatiques, construire un cadre de partenariat avec les services de l’Etat concernés par les changements climatiques et organiser des activités d’information, de sensibilisation et de communication sur les changements climatiques, telles sont quelques recommandations issues de deux jours de formation sur les changements climatiques. Cette session a été organisée par l’Union des journalistes du Mali (UNAJOM) en partenariat avec la Fédération internationale des journalistes (FIJ) à l’intention d’une vingtaine de journalistes de la presse écrite, de la presse en ligne et de l’audiovisuel. Elle s’est déroulée les 14 et 15 septembre derniers à la Maison de la Presse.
L’objectif était de renforcer les capacités des journalistes dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques afin de participer à la synergie commune engagée par les autorités et les partenaires œuvrant dans le domaine du changement climatique. Pendant deux jours de travaux, journalistes et communicateurs ont été largement outillés sur les différents thèmes qui ont été brillamment exposés par les experts en la matière.
Il s’agit des thèmes suivants : « la politique et la stratégie de lutte contre les changements climatiques, la sécurité en eau » exposé par Bakary Traoré, expert en Gestion des ressources intégrée en Eau (GIRE) ; « les enjeux des changements climatiques » développé par le géophysicien Sinè Aly Badara Pléah ; « le rôle des journalistes dans la lutte contre les changements climatiques » présenté par Fakara Faïnké, journaliste et président de l’UNAJOM ; « le genre et le changement climatique » exposé par Ramata Diaouré, journaliste consultante et spécialiste en genre ; « les techniques de reportage » présenté par Siratigui Traoré, communicateur, journaliste planificateur en communication.
Dans son exposé, le directeur de la radio rurale de l’ORTM et spécialiste des questions environnementale, Siratiqui Traoré, a rappelé que l’implication des journalistes dans la sensibilisation des populations face aux risques climatiques a commencé depuis la naissance des différents phénomènes. Définissant la notion de climat, il dira que le climat est une succession de temps. Cela veut dire que la variabilité du temps entraîne forcément un changement du climat qui en est la somme. « Le changement climatique désigne l’ensemble des variations, des caractéristiques climatiques au cours du temps, par exemple le réchauffement ou le refroidissement. Donc, cela influe sur tous les êtres vivants, les cours d’eau et les écosystèmes ».
Selon le présentateur, dans le domaine de l’adaptation aux effets des changements climatiques, le journaliste pour être utile dans la chaîne, il doit se fixer des objectifs d’information comme la sensibilisation dont la vulgarisation des semences à cycle court, l’abandon des banques génétiques très anciennes, la vulgarisation des techniques agricoles nouvelles et les équipements afférents, la campagne de reboisement, les énergies propres non polluantes, la prévision quotidienne du temps, les prévisions saisonnières et les données climatiques, les bulletins hydrologiques et les bulletins de la qualité des eaux, la visibilité des institutions impliquées dans la gestion des risques et des catastrophes climatiques, la lisibilité des législations en matière de changements climatiques (lois, traités, protocoles et conventions). « Dans le domaine de l’atténuation des effets des changements climatiques, l’objectif d’information doit porter sur des reportages didactiques : les bonnes pratiques culturales par la diffusion de bons exemples (utilisation de la fumure organique, des cultures intensives opposées à celles extensives) l’effet de la déforestation et l’exploitation abusive des ressources naturelles ; les conséquences des feux de brousse ; l’avantage des schémas d’aménagement des terroirs (domaines agricoles, passages des animaux, etc.), la capacité de restauration des sols par l’utilisation des dispositifs de lutte antiérosive (cordons pierreux, haie vive, bande enherbée, etc.), les avantages de l’agriculture écologique (agriculture, élevage, pêche, sylviculture, etc.) ». Toujours dan son exposé, M. Siratigui a expliqué à l’assistance que dans le domaine des changements climatiques, l’approche stratégique c’est la nomenclature du texte de reportage et la hiérarchisation de l’information. « Elles ne divorcent pas avec les règles journalistiques. Pour la nomenclature c’est l’attaque, le corpus, la chute. Pour la hiérarchisation c’est l’information primaire, secondaire, tertiaire. La stratégie opérationnelle fait appel aux outils et aux supports, c’est le choix des heures d’écoute (radio et télé), les journaux les plus lus (presse, nombre de tirage, périodicité) et bien sûr la crédibilité du canal de diffusion et celle du reporter. Les genres rédactionnels : l’interview, la narration, le compte-rendu, les brèves, les radios ou télé services, les communiqués, le magazine, le débat (confrontation des expériences, des méthodes avant diffusion), la table-ronde », a fait savoir M. Siratigui.

A la fin des travaux, les participants ont formulé des recommandations allant dans le sens de la poursuite par la FIJ de l’appui aux initiatives de l’UNAJOM dans le domaine du renforcement des capacités des hommes/femmes des médias de l’UNAJOM. Ils ont aussi recommandé d’inciter les organes de presse à avoir un point focal au sein de leur rédaction, de pérenniser la formation des journalistes sur les changements climatiques, de construire un cadre de partenariat avec les services de l’Etat concernés par les changements climatiques, d’organiser des activités d’information, de sensibilisation et de communication sur les changements climatiques par les soins de l’UNAJOM, de construire un cadre de partenariat entre l’UNAJOM et l’Etat pour la formation des journalistes sur les questions de changement climatique, la conduite des campagnes d’information et de sensibilisation sur les changements climatiques, la facilitation de l’accès des journalistes à l’information sur les changements climatiques.
A noter que lors de la cérémonie d’ouverture, le président de l’UNAJOM avait salué la présence de la représentante de la FIJ et son appui constant à l’endroit de l’UNAJOM. « En effet, la FIJ, notre Organisation Faîtière, depuis de nombreuses années, n’a cessé d’accompagner notre syndicat dans son combat pour la promotion et la défense des droits des journalistes. Pour rappel, en 2017 la FIJ a accordé 3 formations à 4 de nos représentants, respectivement au Cameroun, en Gambie et au Sénégal. En plus, elle a financé l’organisation à Bamako d’un atelier sur la liberté d’association ». M. Fakara a également ajouté que l’atelier sur le changement climatique est la suite logique de la très bonne collaboration entre les deux organisations. « Les changements climatiques se sont produits naturellement sur des siècles ou des millénaires à cause de divers cycles astronomiques, des variations de l’énergie solaire et de l’activité volcanique. Pendant ces dernières décennies, les activités humaines modifient la composition atmosphérique à travers la dégradation de la couche d’ozone dont le rôle est d’absorber la plupart du rayonnement solaire ultraviolet ».
Mme Sokhona Dia s’est réjouie d’être à Bamako pour lancer l’activité sur les changements climatiques 2018 qui fait partie du projet « Union to Union » initié depuis 2014, avec une extension en 2018. Les changements climatiques, selon elle, restent un défi majeur pour la plupart des pays d’Afrique car l’Afrique est le continent le plus durement touché par les conséquences des changements climatiques. Au cours des dernières années, diverses mesures ont été prises à l’échelle mondiale pour limiter les effets des changements climatiques, notamment en ce qui concerne l’émission de gaz à effet de serre et le partage des connaissances et expériences relatives aux meilleures pratiques d’adaptation et d’atténuation. Elle indiquera qu’en Afrique, cependant, comparé à d’autres pays du monde, les médias ont manqué de reportages efficaces sur les changements climatiques et l’impact souhaité nécessaire pour améliorer le changement de comportement du côté des citoyens. « Les médias africains ont sans aucun doute sérieusement sous-estimé les problèmes des changements climatiques, malgré les dommages colossaux que les conséquences des changements climatiques ont accumulés sur le continent, en particulier dans le secteur agricole, endommageant les moyens de subsistance de la majorité des citoyens sur le continent. C’est pourquoi en juillet 2014, la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), dans le cadre du projet UTU, a organisé la conférence internationale sur les médias et les changements climatiques à Nairobi, au Kenya, afin d’élaborer des stratégies pour renforcer les capacités des journalistes africains », a-t-elle déclaré.
Quant à Mahamane Hameye Cissé, représentant de la Haute Autorité de la Communication, il a encouragé les deux organisations à accentuer les efforts pour davantage former les jeunes journalistes qui sont l’avenir de la presse afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans le développement du pays.
Bintou Diarra

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