Mali : La religion au-dessus de l’Etat

Il s’agit de l’épisode le plus intrigant du bouclier préventif que les autorités maliennes ont érigé contre la pandémie de la Coronavirus. Dans le chapelet de mesures édictées pour ce faire la religion et le culte ont été ouvertement épargnées et ont mérité de faire l’objet d’un traitement particulier. Le Gouvernement et ses porte-voix l’ont d’ailleurs clairement mentionné dans le communiqué ayant sanctionné son conseil Défense et qui énumère les précautions à observer.

Il est question notamment d’éviter les rassemblements humains et convergences de masse, dont l’interdiction ne saurait toutefois produire l’effet préventif escompté si elle est sélective et épargne les prières collectives par exemple. Mais, selon toute évidence, la crainte de fâcher les milieux religieux – musulmans en particulier – est une fois de plus passée par là. Après les génuflexions et autres actes d’allégeance aux leaders influents desdits milieux, la démarche met en exergue – s’il en est besoin – la grande frilosité qui caractérise le pouvoir politique sur le domaine du culte dominant. Chaque fois qu’une décision est susceptible d’affecter la religion musulmane, la précaution est de mise et atteint même souvent les dimensions d’une autocensure très contrariante pour notre système démocratique et les principes pompeux qui le sous-tendent. Le hic est qu’aucune voix protestataire, dans la forêt de formations politiques, ne s’est élevée contre cette soumission de l’Etat. Ils cautionnent tous, par conséquent, une dérive qui attestent de l’inconsistance de la laïcité au nom de laquelle leur pays mérite l’assistance de la communauté internationale contre la menace islamiste.
La Rédaction

Source: Le Témoin

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