Manifestations en marge de la visite du PM Boubou Cissé à Mopti : • Des manifestants, hostiles à la présence des forces étrangères au Mali, vandalisent des dépôts de la Minusma • Les épouses des militaires du camp de Sévaré protestent contre le déploiement de leurs maris sur le front

Deux actions se sont déroulées, en marge de la visite du Premier ministre Dr Boubou Cissé à MoptiD’abord, le vendredi 11 octobre, les épouses des militaires du camp de Sévaré ont refusé le déploiement de leurs maris sur le front. Ensuite, le samedi 12 octobre, des manifestants, hostiles à la présence des forces étrangères au Mali, ont pillé des dépôts de la Minusma. »

L’idée que leurs maris soient déployés sur la ligne de front dans la lutte contre le terrorisme n’enchante pas les épouses des militaires du camp de Sévaré. Le vendredi 11 octobre, elles ont bloqué l’entrée principale du camp de Sévaré. Objectif : protester contre le départ de leurs maris au front. Selon les manifestantes, après le bilan très lourd de la double attaque contre l’armée malienne à Boulkeissi et à Mondoro, envoyer leurs maris à Boulkeissi, c’est les envoyer à la mort. « Que les choses soient très claires : nous refusons que nos maris servent de chair à canon contre les terroristes. Cela ne peut plus continuer. A quoi sert donc la présence des forces étrangères au Mali ? », se plaint une manifestante. Dix jours avant, le mercredi 2 octobre, les femmes et les enfants du camp des Bérets Rouges de Djicoroni Para et ceux de Kati sont sortis pour barricader des routes. Les manifestants criaient leur colère après les attaques terroristes contre les camps militaires de Boulkessi et Mondoro.

Le samedi 12 octobre, Des manifestants ont, à nouveau, exigé le départ des forces étrangères du Mali. Selon les manifestants, l’aggravation de la crise malienne est due à « la présence des Forces étrangères et leur inertie face à la situation sécuritaire dans le centre de notre pays ». La manifestation pacifique, encadrée par les forces de l’ordre, a vite dégénéré. Des pneus ont été brulés dans les artères de la ville. Ensuite, des manifestants ont pris d’assaut le camp de la Minusma où ils ont pillé des dépôts, devant des éléments de la Police de la MINUSMA. Dans un communiqué, le gouvernement malien indique que le bilan provisoire fait état d’une cinquantaine de conteneurs remplis de matériels vandalisés, dont neuf (09) incendiés à moitié, deux (02) véhicules MINUSMA incendiés. « Il n’y a pas eu de perte en vie humaine ni de blessé. », précise le gouvernement malien.

« Le Gouverneur de la région, le Général Abdoulaye Cissé a fait le déplacement sur le terrain et tenu une réunion de crise. La situation s’est calmée en début d’après-midi avec des dégâts matériels importants. Le Gouvernement appelle les manifestants au calme et à la retenue ; les invite à privilégier le dialogue dans les revendications sociales. Il souligne qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violences ni vandalisme. Nous devons étonner le monde, en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes », selon le gouvernement malien.

« Ces actes de vandalisme sont totalement inacceptables et indignes »

Pour sa part, la Minusma a, dans un communiqué,  appelé au « calme et à la retenue. » « Des manifestations organisées par la Plateforme Fasso Ko, censées être pacifiques, se déroulent à Sevaré depuis quelques jours, mais ont dégénéré aujourd’hui en ciblant plusieurs dizaines de containers de stockage de la MINUSMA situés à l’extérieur du camp. Les manifestants ont également dérobé du matériel logistique et de construction. D’autres se sont mis en danger aux alentours de citernes de carburant qui, heureusement n’ont pas explosé malgré la proximité d’un camion qui a été brûlé », explique, dans son communiqué, la Minusma.  « La MINUSMA respecte la liberté d’expression et la tenue de manifestations pacifiques. Bien que la sécurité du camp n’ait pas été impactée, ces actes de vandalisme sont totalement inacceptables et indignes. Conformément à son Mandat, la Mission se doit de défendre ses installations et son personnel. »

Pour rappel, le mercredi 9 octobre, scandant des slogans hostiles à la France, des manifestants ont exigé la fin de la présence des troupes étrangères considérées comme les sources de leurs problèmes. « Trop c’est trop ! Nous, paisibles citoyens du Mali, avons protesté par les moyens légaux contre la présence des forces étrangères Barkhane, MINUSMA, G5 Sahel, qui ont d’autres missions contrairement à leur mandat », ont indiqué les marcheurs dans la ville de Sévaré, près de Mopti.

Ces deux manifestations se déroulent au moment où le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, est en visite dans la région de Mopti. Le 10 octobre, à Mopti, il a procédé au lancement des travaux de la 1ère réunion du Comité régional du Cadre politique de Gestion de la Crise au Centre. A Soufroulaye, situé à une vingtaine de kilomètres de Mopti, il a procédé au lancement du DDR spécialisé dont l’objectif est d’enregistrer les combattants volontaires du centre pour les intégrer dans l’armée, l’administration ou encore les réinsérer dans la vie socioéconomique. « Le présent programme offre de réelles opportunités à notre pays de se retrouver et de se réconcilier autour des valeurs qui ont fait la grandeur de notre nation. Il offre également une occasion à tous ceux qui, pour une raison ou une autre, se sont retrouvés en travers de la république, de faire acte de repentir, et de venir joindre leurs efforts à ceux des Maliens et des Maliennes pour faire face à la seule bataille qui vaille: celle du développement. Ce à quoi le gouvernement est résolument engagé », selon le Premier ministre lors de la cérémonie de lancement.

Madiassa Kaba Diakité

Le Republicain

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