Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, ministre de la Culture : «Nan fara fara la, an saara !»

Le ministère de la Culture a organisé, le 20 juin, au Centre international de conférence de Bamako, une journée de réflexion avec le monde de la Culture sur le thème : « la Culture pour un sursaut national pour la paix ». La ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a profité de cette tribune pour lancer un appel fort : « Nan fara fara la, an saara ».

Artistes-musiciens, cinéastes, photographes, peintres, communicateurs traditionnalistes, dignitaires religieux, écrivains et autres intellectuels, ils étaient nombreux à répondre à l’appel à la résistance culturelle de Mme N’Diaye Ramatoulaye. Un appel qui n’a qu’un seul but et n’est porté qu’une seule foi : « la foi en notre capacité à rester fidèles à notre destin ; la foi en notre capacité à rester un peuple débout; débout sur les remparts de la démocratie, débout sur les remparts du patriotisme, et surtout, débout sur les remparts de l’unité nationale !».

En paraphrasant le burkinabé Joseph Ki Zerbo quidisait « Naa laara, an saara».  “Si nous nous couchons, nous sommes morts’’, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo ajoute : ‘’« Nan fara fara la, an saara ! ». « Devisés, nous sommes morts ». Unis, nous vaincrons. C’est tout le sens de « Miiri blon », qui n’est pas un appel à l’action, j’insiste là-dessus, parce qu’Il y a des patriotes qui ne sont pas couchés. Il y a des patriotes qui agissent tous les jours, sans égard pour le témoignage et la reconnaissance des hommes, sans tapage médiatique, ni opportunisme politique. Il y a des compatriotes dont le seul but, la seule foi, c’est notre « Maliba » et sa préservation’’. 

Pour elle, il faut que « des fils et des filles du Mali qui se parlent, qui s’écoutent par-delà leurs différends et leurs différences, au nom de leur histoire commune, et au nom de notre destin en construction, pour triompher des forces négatives, et réaliser la promesse des pères fondateurs de notre nation ».

La ministre de la Culture appelle à la concertation et à la coordination des actions tous ceux qui sentent le souffle de nos ancêtres sur leur nuque.

« Nous avons des ressorts culturels pour rebondir » 

Elle a demandé aux participants de ne pas s’attarder sur l’analyse diagnostique des conflits et des tueries de masses indignes de notre patrimoine historique et culturel. « Je ne dis pas que l’analyse diagnostique de la crise n’a pas d’intérêt, loin de là. Comment soigner un mal dont on ignore la cause ? Je dis qu’à l’heure actuelle, cet exercice serait contreproductif parce que, plutôt que d’orienter notre attention sur ce qui nous unit, cet exercice porte davantage le risque de mettre en évidence ce qui nous oppose, parce que chacun a ses vérités, chacun a ses propres grilles d’analyse diagnostique », a justifié l’oratrice. Elle ajoute : ‘’ Un ainé, présent dans cette salle, m’a appris ceci : « Si la case de ton père prend feu, ton premier devoir n’est pas de savoir comment la case a pris feu, mais d’abord d’éteindre le feu et de sauver ce qui peut encore l’être »’’.  

La ministre N’Diaye Ramatoulaye Diallo a convié, au nom du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, les participants à un exercice de réflexion inclusive et d’actions concertées. « Nous ne sommes pas une civilisation décadente. Nous avons le moyen de le prouver à la face du monde. Nous avons des ressorts culturels pour rebondir », a-t-elle lancé avant d’annoncer la mise en place très prochaine du Conseil scientifique pour la résistance culturelle.

Elle a balisé le terrain en prenant l’engagement que les propositions sorties de cette journée seront analysées, amendées, validées, converties en feuille de route et soumises au Gouvernement pour être traduites en actions.

Une synthèse de Chiaka Doumbia

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