Niono : Le calvaire des populations

Des déplacées et des morts, c’est le résultat d’une insécurité qui sévit dans le cercle de Niono depuis un certain temps, malgré la présence des forces étrangères et des matériels volant chèrement acquis par l’armée malienne. Selon des sources non officielles, au moins 5507 déplacés soit 917 ménages sont à ce jour 12 octobre 2021 à Niono ville.  Ils sont répartis entre les écoles du Groupe scolaire, l’école de Niegue km23, l’école de Kolodougou coura, l’école de Koloni, l’école de station Sahel, l’école de Koyan Coura et dans certaines familles de la ville. Le village qui, a subi le socle de cette barbarie des terroristes est Sibi qui, s’est vidé de ses populations. Contraintes d’abandonner tout, elles vivent dans la détresse totale, dans le désarroi dans une autre localité du cercle.

Malheureusement aucune action militaire n’a été menée ici et aucun hélicoptère n’a effectué des frappes, contrairement ce qui se raconte sur les réseaux sociaux et dans les différents de causerie. Les pauvres populations qui ont fui le village de Siby et environs. Pareil pour l’école de N’debougou ; Niono, Segou, les villages environnants et même Bamako. Tous les 15 villages de la commune rurale de Marico ont été obligés de signer un pacte avec les terroristes, afin d’avoir la paix. Au moment où nous mettions sous  presse d’autres signatures seraient en cours

Dans une vidéo de plus de 6 minutes, circulant sur les réseaux sociaux, les  habitants de Sibi expriment leur désarroi, leur impatience. « Les populations de Sibi-12 sont fatiguées. Ça fait 25 jours que nous ne travaillons pas. Nous sommes fatigués et nous ne savons pas à qui nous confier. Le village s’est totalement vidé aujourd’hui. On ne peut pas faire la récolte par peur d’être tués par les djihadistes. Nous sommes dans la cour de l’école de Ndébougou. Les gens dorment en plein air malgré les moustiques. Ils n’ont pas de moustiquaires, ils n’ont pas à manger à plus forte raison de médicaments. Ils ont tout laissé dans le village. Nous avons faim et soif » se lamente un vieux déplacé.

«Si le Mali est vendu, qu’on nous le dise. Il faut que l’État nous dise la vérité. Qu’on nous dise même si on veut de nous ou qu’on doive aller du côté des djihadistes. On est fatigués. Nous ne sommes que des agriculteurs. Nous n’avons pas d’armes et ne pouvons pas les manier. Tout ce qu’on peut faire, c’est de cultiver et nourrir nos familles. Qu’on nous laisse faire notre récolte et qu’on nous laisse vivre en paix. Nous ne sommes à la période de récolte, nous avons notre riz, mais ne nous pouvons pas faire la récolte, car les terroristes ont pris tous les champs en otage », regrette un habitant de Sibi déplacé à Ndébougou.

Les mêmes sources indiquent que des mesures sont en cours, par l’administration et les collectivités en vue de faire un site de déplacés à Niono ville pour tous ces déplacés occupant les écoles. Elles précisent aussi que des vivres, bien que peu, vu le nombre de déplacés qui augmente de jour en jour, ont été  récemment partagés entre ces familles.  Également des ONG comme Solidarité, ALIMA, MSF,  Alphalog, Terre des Hommes, Croix Rouge,…accompagnent les collectivités chacune dans son domaine d’intervention !

Bréhima DIALLO

Le républicain

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