Recrudescence des attaques meurtrières au centre du Mali : Et si ATT remplaçait Dioncounda Traoré pour plus d’efficacité ?

Le Président de la République a nommé l’ancien Président de la Transition le Professeur Dioncounda Traoré comme son haut représentant dans la résolution de la crise sécuritaire et pour consolider le vivre-ensemble au centre du Mali. Pour des raisons évidentes d’efficacité et étant issu de cette région, ce poste revient à Amadou Toumani Touré, ATT, après son retour au bercail. Il serait à même de parler aux différents protagonistes et connaitrait toutes les zones en conflit. En annonçant Urbi et Orbi que les caisses  de l’Etat sont vides, IBK ne pourra-il pas réduire les charges en supprimant certaines institutions et en mettant l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ?  Ne  pourra-t-il pas  abroger  le décret de nomination de Dioncounda Traoré et nommer ATT à sa place ? 

Il y a plus d’un an, IBK a porté son choix sur  l’ancien Président de la Transition, le Professeur Dioncounda Traoré  pour être son représentant dans la résolution de la crise au centre du Mali. Un an après, l’évaluation ne donne pas grand-chose. Le hic est qu’on ne voit rien et on  se rend aisément compte que les lignes n’ont pas bougé  et on entend très peu l’ancien Président Dioncounda Traoré égrener le moindre chapelet d’intentions et de projets de médiation, alors que c’est l’argent du contribuable malien qui est utilisé pour la prise en charge de son cabinet. En se rendant à l’évidence, IBK doit maintenant rectifier le tir, surtout qu’il a déroulé déjà le tapis rouge devant ATT pour l’accueillir à son retour de son exil forcé.  Il doit  nommer ATT à ce poste au lieu de créer une autre commission, à la fois budgétivore et inopportune.

En tous les cas, si tant est que les caisses de l’Etat saignent et que le gouvernement demande aux syndicats d’observer une trêve sociale en attendant de sortir de cette zone rouge, il doit alors prendre des mesures drastiques pour minimiser les dépenses et faire face aux priorités du moment. Créer une autre commission pour mettre ATT à la tête, alors qu’il jouera le même rôle que Dioncounda Traoré, serait synonyme de gâchis et risque de provoquer une véritable levée des boucliers  de la part des différentes couches socioprofessionnelles qui ont mis sous veilleuse leurs revendications pour contribuer à l’effort de guerre.

Pourquoi ATT à la place de Dioncounda Traoré ? Une question légitime et qui nécessite une réponse claire et sans passion. Le choix d’ATT pourrait s’expliquer par deux raisons essentielles : la première raison est qu’il est originaire de la région de Mopti quand son homologue ancien président Dioncounda Traoré est de Koulikoro ou plutôt Nara, l’une des nouvelles régions. Et mieux, ATT parle presque tous les dialectes de la région de Mopti et particulièrement ceux des deux protagonistes, à savoir le Dogon et le Peul. Deuxième raison,  parce qu’ATT, en tant qu’ancien Président qui a gouverné le pays pendant dix ans, est censé connaitre  les causes  profondes de ces conflits intercommunautaires. Une autre raison subsidiaire serait sa grande disponibilité et sa popularité certaine dans la région en question et même dans d’autres régions, contrairement à Dioncounda Traoré.

En somme, IBK est face à ses responsabilités. Et s’il a sollicité et  répété à satiété, une trêve sociale, il doit lui-même donner le bon exemple en réduisant énormément son train de vie et celui de l’Etat. Le remplacement de Dioncounda Traoré par ATT s’inscrira en droite ligne de cette nouvelle dynamique.

Youssouf Sissoko

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