Serge Beynaud, grand lauréat du Primud à Abidjan

Exit les Awards du coupé-décalé, samedi 1er septembre, la troisième édition de la cérémonie récompensant les artistes ivoiriens s’est tenue sous sa nouvelle appellation, le Primud. Une vingtaine de catégories étaient à l’honneur, aux côtés du coupé-décalé : les musiques urbaines telles que le zoulou et le rap.

Avant d’enjailler les oreilles, la cérémonie du Primud était un véritable plaisir pour les yeux. Veste lumineuse, boubous aux paillettes étincelantes, lunettes de soleil vitrées couleur or, robes transparentes aux motifs éclatants… les étoiles du show-business ivoirien ont redoublé de créativité pour assister à cette troisième édition au palais des Congrès de l’hôtel Ivoire.

Cette année, le Prix international des musiques urbaines et du coupé-décalé n’a voulu oublier personne. Si les récompenses dans les vingt-deux catégories concernaient avant tout les chanteurs, les acteurs opérant dans l’ombre de l’industrie musicale ivoirienne ont également été mis à l’honneur. Ont donc été primés les meilleurs danseur de coupé-décalé, arrangeur, manager, et même le meilleur humoriste-chanteur et directeur de maquis, lieux emblématiques de la vie nocturne ivoirienne et principaux vecteurs de diffusion des nouveautés musicales en vogue.

Le rap et le zouglou à ľhonneur

« C’est vraiment une vision générale de notre musique. Les choses ont commencé à progresser et à évoluer, insiste Molaré, star historique du coupé-décalé et organisateur du Primud. Et la concurrence de la musique naija (nigériane, NDLR) pousse tout le monde vers le haut. On a envie d’être plus professionnels et apporter notre pierre à l’édifice en organisant ce genre de gros événement. » La grande nouveauté de cette troisième édition, c’est aussi la mise à l’honneur officielle des autres musiques urbaines. Le collectif Leaders a été récompensé dans la catégorie Zouglou, pendant que les jeunes prodiges de Kiff no Beat ont raflé le prix du meilleur artiste rap et du meilleur clip avec leur vidéo Osef.
Moins nombreuses parmi les nominés, les femmes de la scène coupé-décalé ont également joué leur partition. La chanteuse Vitale repart avec le Prix de l’artiste féminine pour la deuxième année consécutive. « Je suis très contente. C’est un honneur pour moi. Mais ça ne m’empêchera pas de redoubler d’efforts pour les années à venir. » En allant chercher sa statuette sur scène, l’artiste ivoirienne a fait monter la température de la salle, réveillant un public de 1 400 personnes un peu trop stoïques pour ce genre d’événement. « Mes soeurs, montez me rejoindre ! », a-t-elle notamment lancé à Eudoxie Yao, personnage atypique de l’industrie musicale dont la popularité vient surtout de sa plastique particulièrement généreuse.

Serge Beynaud, Primud d’Or

Mais les grands gagnants de cette cérémonie sont sans nul doute Safarel Obiang et Serge Beynaud. Le premier, bien qu’actif depuis une décennie sur la scène locale, est la révélation de l’année avec sa chanson Manger, chier qui lui a d’ailleurs valu d’être primé du meilleur concept de danse coupé-décalé. Le phénomène, qui a aussi remporté le prix du meilleur artiste masculin, se contentait de décompter ses récompenses en guise de remerciement, par de sobres : « Ça fait un. Ça fait deux. »

Serge Beynaud, considéré comme une valeur sûre de la scène ivoirienne, rafle facilement le prix de meilleur artiste et le Primud d’Or : « Nous travaillons toute l’année et avoir un tel prix c’est dire que le travail est reconnu par tous les mélomanes, confie le musicien. Le coupé-décalé s’exporte maintenant et est beaucoup copié par des artistes d’autres pays. Aujourd’hui, on est très fiers, même si on n’a pas encore percé là où on veut percer, mais petit à petit nous allons atteindre notre objectif. »

Le Primud a également tenu à récompenser les meilleurs artistes d’Afrique de l’ouest et d’Afrique centrale. Ce sont le Malien Sidiki Diabaté et la Gabonaise Shan’l, absents à la fête, qui ont remporté ces distinctions. Seul bémol à cette troisième cérémonie : l’absence notable de DJ Arafat, ambassadeur incontesté de la musique ivoirienne à travers le monde. La star a boycotté la cérémonie à cause d’un différent financier et artistique avec l’organisateur Molaré.

Par : Sidy Yansané
Source: Rfi

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