Entre Nous: Deux images !

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a nommé son septième gouvernement avec la mise en place de l’équipe du Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga. Quatre premiers ministres, sept gouvernements en trois (3) ans, sept (7) mois et sept (7) jours de gestion des affaires publiques. Cette instabilité gouvernementale est suffisamment révélatrice du difficile choix des hommes de la part de celui qui fut plébiscité en août 2013 par le peuple malien pour guérir ce pays au chevet duquel se trouvait toute la planète. L’exercice du pouvoir temporel suprême a-t-il révélé au monde d’autres facettes  de l’homme ? Nous avons deux images du Président Ibrahim Boubacar Kéïta.

La première image est celle d’un homme qui se sent trahi par les siens, notamment ceux en qui il a placé sa confiance pour l’aider à redresser le Mali. Ceux qui échangent régulièrement avec le locataire du Palais de Koulouba décrivent un homme qui a à cœur le devenir de la nation mais qui comprend difficilement les traitrises des siens. Le commandant en chef, racontent-ils, ne dort pas à cause de ces coups de poignard portés sur lui par les hommes et les femmes de confiance. Le chef de l’Etat voit comme un film défilant devant ses yeux toutes ces traitrises et les difficultés du pays. Et il est au courant de toutes les combines et malversations auxquelles les uns et les autres s’adonnent pour s’enrichir au détriment des intérêts supérieurs de la nation. Ce sont ces images qui lui coupent le sommeil et l’empêchent de fermer l’œil. Ce qui lui cause régulièrement des ennuis de santé. Le commandant en chef serait déçu au point qu’il ne sache plus en qui faire confiance.  

La seconde image est reflétée par les actes posés par le Chef de l’Etat, notamment son choix des hommes. Une inconstance permanente dans l’architecture gouvernementale caractérisée à chaque remaniement ministériel  par la création d’un nouveau département qui disparaît des radars lors du prochain changement de l’attelage gouvernemental.

Un chef d’Etat en déphasage avec les attentes du peuple ? Le sentiment de déception qui a accueilli l’annonce du gouvernement d’Abdoulaye Idrissa Maïga est une parfaite illustration de ce désamour entre le Président de la République et son peuple.

Premier ministre et Président de l’ADEMA-Pasj (alors parti au pouvoir) pendant six ans, Président de l’Assemblée Nationale (cinq ans), « Monsieur Inch Allah » pour reprendre une formule si chère à Feu Pr Mohamed Ali Thiam, dignitaire religieux et ancien Président du Haut Conseil Islamique du Mali,  est censé  connaître les hommes et les institutions. En un mot, il est censé savoir qui est qui. Sur ce plan, le Chef de l’Etat peut difficilement s’abriter derrière des excuses. « L'erreur fondamentale de IBK est essentiellement de n'avoir pas compris que le plébiscite électoral qui fut le sien au sortir des élections, n'est pas pour sa personne, encore moins pour son parti mais avant tout l'expression du rejet d'un système d’État et surtout d'individus qui l'incarnaient plus que lui », a écrit Pr Issa N’Diaye dans sa tribune publiée par Médiapart en mai 2014 intitulée « Faut-il désespérer du Mali d’IBK ».

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