Sondage de Plan International : Le harcèlement sexuel est le plus grand danger auquel les filles sont confrontées dans les villes du monde entier

(LONDRES) : Le harcèlement sexuel présente un risque majeur pour la sécurité des filles et des jeunes femmes dans le monde, selon une enquête réalisée auprès d’experts mondiaux dans 22 villes publiée aujourd’hui par Plan International, l’organisation œuvrant en faveur des droits des enfants.

L’enquête est la première de ce type à examiner les risques menaçant la sécurité des filles et des jeunes femmes dans de nombreuses villes différentes du monde entier.

Pour 78 % des experts de 22 villes interrogés pour cette enquête, le harcèlement sexuel représente un risque très élevé ou extrêmement élevé pour les filles et les jeunes femmes dans leur ville et selon 77 % d’entre eux, il se produit très souvent ou assez souvent en public.

Près de 400 experts à travers six continents ont participé à l’enquête en ligne fondée sur la perception. Ces spécialistes travaillent dans les domaines des droits des femmes, des droits des enfants et de la sécurité urbaine. 60 % de ces experts ont dit que le harcèlement sexuel qui sévissait dans leur ville n’est jamais ou presque jamais signalé aux pouvoirs publics.

Il est également inquiétant de constater que la violence sexuelle est répandue dans les villes du monde entier, 57 % d’experts la décrivant comme constituant un risque très élevé ou extrêmement élevé pour les filles et les jeunes femmes dans leur ville. Près de la moitié (47 %) ont dit qu’elle se produisait très souvent ou assez souvent en public. Plus d’un tiers (35 %) ont dit qu’elle n’était jamais ou presque jamais signalée aux pouvoirs publics.

 Anne-Birgitte Albrectsen, la Directrice générale de Plan International, a déclaré « Les villes offrent d’immenses opportunités aux filles et aux jeunes femmes, mais comme le montre cette étude innovante, elles constituent des lieux incroyablement dangereux pour elles, avec des conséquences qui peuvent changer le cours de leur vie. Les villes dans les pays en développement affichent une croissance sans précédent. D’ici 2030, des millions de filles vivront en milieu urbain. Nous devons agir maintenant ou bien nous risquons de priver toute une génération de filles de leur droit à apprendre, à gagner leur vie et à jouer un rôle actif dans la société ».

Le sondage qui a été mené entre le 30 mai et le 14 août a été validé par la société de conseils en sondage ComRes.

Oliver Wright, le PDG de ComRes, a déclaré : « Ce travail d’enquête original et passionnant s’est servi d’une méthodologie qui est parvenue à saisir les perceptions d’experts de la sécurité des filles dans les villes, en apportant de précieux renseignements sur les enjeux de sécurité qu’elles doivent relever globalement ».

Bien que dans de nombreuses villes, les filles puissent sortir seules ou utiliser les transports publics sans encourir de risques pendant la journée, selon près de la moitié des experts, il est dangereux ou extrêmement dangereux pour elles de sortir seules ou d’utiliser les transports publics le soir.

Selon plus des deux-tiers (69%) des experts interrogés, les filles et les jeunes femmes modifient toujours ou la plupart du temps leur comportement en réaction aux dangers qui les menacent dans leur ville. Beaucoup d’autres experts ont indiqué clairement que les filles et les jeunes femmes ne participaient jamais ou très rarement aux prises de décision concernant la sécurité dans leur ville et que leurs vues n’étaient jamais ou rarement prises en considération dans les politiques et planification locales relatives à la sécurité urbaine.

D’après plus de la moitié des experts (53 %), les systèmes d’appui aux filles victimes de violence ou de harcèlement sexuels n’existent pas ou ne sont pas du tout efficaces, ou ils sont dans le meilleur des cas peu efficaces.

Résultats concernant les villes :

• Lorsqu’on a demandé aux experts d’établir le classement des risques de harcèlement sexuel dans leur ville, Bogota et Johannesburg s’avéraient être les villes les plus dangereuses tandis que Stockholm affichait les meilleurs résultats.

• Johannesburg était la ville la plus dangereuse pour la violence sexuelle ainsi que pour les vols et les cambriolages, tandis qu’Hanoï et Tokyo étaient considérés les plus sûrs concernant ces dangers particuliers.

• Lorsqu’on leur a demandé d’évaluer la sécurité des villes pour les filles qui sortent seules ou utilisent les transports publics, Lima venait en tête des villes les plus dangereuses, tandis que Stockholm était la plus sûre.

• Kampala était considéré comme la ville où les filles couraient les plus grands risques d’être victimes d’enlèvement ou de meurtre.

Faridah, une jeune femme de 19 ans qui a deux enfants, a participé au programme de Plan International Villes plus sûres pour les filles à Kampala, et elle a personnellement pu se rendre compte des dangers auxquels les filles sont exposées dans les rues de la capitale.

« Lorsque la nuit tombe ici, les filles ne sont pas en sécurité » a-t-elle confié. « J’ai été agressée à plusieurs reprises, et il y a un an de cela, alors que j’étais enceinte, je marchais dans la rue avec une amie, lorsqu’elle a été violée et tuée par un gang de trafiquants de drogue ».

L’enquête a saisi les solutions proposées par les experts pour rendre leur ville plus sûre pour les filles et les jeunes femmes.

Selon une participante à l’enquête de Sao Paulo Luciana Temer, qui est la directrice du Liberta Institute, une organisation qui combat l’exploitation sexuelle des enfants au Brésil, sa ville a terriblement besoin de changer sa culture qui consiste à blâmer les filles victimes de violence. « La violence contre les filles et les femmes est monnaie courante » a-t-elle déclaré. « Les filles qui sont les victimes sont culpabilisées. Il s’agit d’un enjeu culturel tellement fort dans la société qu’il devient invisible. « Nous devons nous y attaquer de toute urgence ».

Un autre expert originaire de Dublin, a dit en parlant de sa ville : « Il doit y avoir un changement de culture, si l’on veut que les filles et les jeunes femmes n’hésitent pas à signaler les incidents de harcèlement et d’actes  violents, et qu’elles aient la certitude que cela entraînera des conséquences ».

Les résultats sont basés sur un minimum de 15 experts dans chaque ville.

Au nombre des répondants, il convient de relever des professionnels des ONG, des universitaires, du personnel de santé et des travailleurs sociaux, des fonctionnaires et des représentants du gouvernement, des commentateurs sociaux et des militants, et des représentants d’organisations internationales et de groupes de réflexion.

Source: Plan International

 

 

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