Wassoul’or : Le candidat Aliou Boubacar Diallo refuse de mettre Pearl Gold dans ses droits

Les arguments avancés par Aliou Boubacar Diallo sur l’épineuse question du transfert des 5 millions d’actions de Pearl Gold n’ont jamais pu convaincre. Bien au contraire, ils lancent les semonces d’un vrai flou artistique sur un patrimoine qui visiblement ne profite qu’au PDG de Wassoul’or et à ses acolytes. Selon la justice, l’homme d’affaire malien doit environ 40 milliards F CFA à Pearl Gold.
L’on ignore à présent ce que sont devenus les 5 millions d’actions de Pearl Gold transférés dans le compte suisse d’Olivier Couriol. Sans la moindre justification économique, Diallo a tout le temps avancé que les 60 millions ont été injectés dans Wassoul’or. « Ces actions ont été transférées à Martagon en lui donnant un mandat pour les vendre et reverser les produits de la vente en faveur du projet minier au Mali, pour financer les activités de Wassoul’or », défend-il.
En effet, la société Sodinaf de Diallo a transféré en avril 2012, 5 millions d’actions soit 60 millions d’euro vers un compte suisse de la Société Martagon Investments Limited détenue par Olivier Couriol.
Le magot a couru tous les rouages du monde offshores arpentant différents paradis fiscaux, si l’on se réfère aux documents confidentiels qui nous sont parvenus. Les états financiers non plus ne permettent pas de voir les traces de cette opération.
Un festival de briguants
Ce que certains experts ont qualifié de « broutilles » parlant des ressources tirées de la mine de Kodieran et celles du complexe gazier Petroma, n’aurait manifestement permis d’arranger les choses pour le candidat à la présidentielle de juillet 2018.
L’on s’interroge depuis lors sur les sources de financement de l’opérateur minier quand on sait que les deux mines dont il est détenteur sont quasiment aux arrêts. Lancé pour produire 5 tonnes par an, Kodieran ne produit que mirage. Une mine qui devrait atteindre ses objectifs de production en 2016. Hélas !
Qu’à cela ne tienne, sa connexion avec le franco suisse est une panacée. La relation aux contenus strictement voilés entre Diallo et Olivier Couriol laisse planer une odeur d’argent sale. Olivier Couriol est connu pour être l’homme des gros montages financiers dans les opérations capitalistiques les plus audacieuses des grands groupes. Le franco suisse est cité dans les sulfureux documents swissleaks avec des connexions à plusieurs sociétés offshores. Il étend ainsi son contrôle sur une panoplie de sociétés offshores.
Des centaines de travailleurs sur le carreau
En 2013, Diallo s’est vu dans l’obligation de mettre à la porte 300 travailleurs pour motif économique. S’en est suivi d’autres limogeages, notamment ceux de hauts cadres de la mine.
Moussa Konaté, un ancien bras droit de Diallo à Kodieran, semble limité dans sa maitrise de l’homme. Il ne tait pas les micmacs de son ancien patron dont aucun employé n’a pu véritablement cerner les comportements.
Doit-on comprendre que le patron de Wassoul’or prospère dans les jeux troubles pour émerger politiquement ? Son intimité avec le monde offshore en dit long sur cette hypothèse qui tranche véritablement avec le concept de bonne gouvernance tant attendu par le peuple malien.
Requiem pour Wassoul’or ?
Un rapport sur les dettes et les charges de Wassoul’or fait encore craindre beaucoup d’investisseurs. Quand bien même, une expertise diligentée récemment dans la plus grande opacité par la société DMT, membre du groupe TÜV Nord, déclare que Wassoul’or vaut 345 millions de dollars. Au-delà de sa valeur théorique, aucun calcul n’a prouvé que Wassoul’or est un gisement.
C’est avec Olivier Courriol qu’il avait manigancé l’entrée de Airbus dans le capital de la société Pearl Gold. Et rien de surprenant, on connait la suite. Depuis 2016, une plainte pour escroquerie a été introduite contre Diallo au parquet de Paris.
En 2014, Diallo se réjouissait des initiatives judiciaires perdues par son allié Pearl Gold, lequel détient 25 % d’actions dans la mine de Kodiéran.
La cour d’Appel de Bamako avait en effet jugé qu’à compter du juin 2015, Aliou Diallo avait 2 ans pour verser 60 Millions d’Euro à Pearl Gold. Hélas, la justice malienne a laissé le dossier aux calendres grecques, laissant planer le doute et une grosse velléité de corruption.
Ainsi, la faillite de Wassoul’or n’a jamais été entérinée par la justice malienne. Qu’attend-elle donc pour remettre Pearl Gold dans ses droits.
Aliou Boubacar Diallo, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2018 va-t-il crouler sous le joug de ses casseroles ? Même si l’homme d’affaire a largement bénéficié des faveurs de la justice, l’on compte à ses trousses une kyrielle d’actionnaires qui lui réclament leur dû.
Par Alcofris
Source: L’Investigateur

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