L’Afrique du Nord devient une arène d’affrontement de l’OTAN contre la Russie et la Chine

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L’Afrique du Nord fait désormais partie de la zone des intérêts stratégiques de l’OTAN, car c’est une arène de confrontation avec la Russie, écrit le média panarabe Al Araby Al Jadeed. Et l’Espagne jouera un rôle significatif dans cet affrontement.

Le nouveau concept stratégique de l’OTAN a placé l’Afrique du Nord dans la zone des intérêts stratégiques de l’Alliance sur le flanc méridional. Ainsi, la nouvelle carte politico-militaire de l’organisation a pour la première fois fait état d’une ligne de front déplacée vers le sud, vers le continent noir, même si les déclarations, les documents et les projets de l’OTAN accordent le rôle principal au flanc oriental de l’Europe, où la Russie mène son opération militaire en Ukraine.

L’Afrique du Nord est mentionnée parmi les régions constituant une arène de confrontation avec la Russie. Étant donné que l’ampleur locale de l’influence de Moscou varie au niveau économique, militaire et autres (en Libye, en Algérie et au Maroc), la position de l’OTAN vis-à-vis de la région est définie par le déroulement du vote contre la Russie sur le dossier ukrainien.

L’Algérie s’est abstenue lors du vote, la Mauritanie a condamné les actions russes, alors que le représentant du Maroc n’était même pas présent à la session de l’ONU. Cela a montré que les intérêts nationaux étaient déterminants dans la décision de chaque État, mais cela n’a pas empêché la situation d’évoluer ni d’adopter un positionnement plus net dans le conflit imminent.

Le rôle de l’Espagne est probablement l’un des aspects qui fait la lumière sur l’avenir de l’Afrique du Nord au vu des évènements stratégiques. Il est devenu décisif car Madrid a réussi à rédiger une nouvelle feuille de route de l’Alliance et à la faire adopter. De plus, l’Espagne a tout fait pour une organisation réussie du sommet. Son objectif consistait à affirmer la notion que le flanc méridional de l’Alliance est tout aussi important que les autres. Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré : « Nous avons fait en sorte que le flanc sud de l’OTAN ne soit pas oublié ». C’est pourquoi le rôle de l’Espagne est une clé importante pour comprendre la situation actuelle en Afrique du Nord et ses perspectives.

L’Espagne est entrée dans une nouvelle phase de relations stratégiques avec le Maroc et, grâce à son rôle dans l’organisation du sommet, elle est devenue un représentant de l’OTAN pour la migration et le terrorisme. Et l’avantage de la situation actuelle avec le voisin au sud est la signature d’accords dignes du XXIe siècle. Pendant ce temps, la Mauritanie a relancé la ratification de l’Accord de coopération, de bon voisinage et d’amitié avec Madrid signé en 2008.

Les Espagnols se tiennent à l’écart de l’Algérie à cause du problème du Sahara occidental parce qu’ils ont pris une décision historique contestée par Alger. La situation tendue entre ces deux pays a conduit à l’utilisation du pétrole et du gaz comme d’une arme, ce que l’OTAN considère comme interdit envers tout pays membre.

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a mentionné dans la liste des crises qui surviennent dans l’espace africain voisin de l’OTAN le terrorisme, la migration clandestine, la menace d’utilisation du gaz et du pétrole comme une arme et ce qu’on appelle les guerres hybrides dans le cadre desquelles les territoires de l’Afrique du Nord sont soit une source, soit une arène de conflit et d’influence des forces extérieures. C’est probablement le sens des déclarations de Jens Stoltenberg, qui a noté que les États membres étaient préoccupés par l’aspiration de la Russie et de la Chine à l’expansion politique, économique et militaire au sud de l’OTAN. L’Alliance pointe l’instabilité qui pourrait être provoquée par leur influence accrue, c’est pourquoi elle persuadera ses partenaires dans la région d’adopter une position intransigeante selon le principe « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous ».

La Chine se trouve en première ligne et l’Alliance a décidé pour la première fois de l’accuser de créer des menaces systématiques. Si le reste du monde est devenu un front antichinois, notamment dans la région du Pacifique, l’Afrique du Nord est préoccupée par les futurs investissements stratégiques de Pékin en Méditerranée, dans les pays d’Afrique au sud du Sahara et en Afrique du Nord. La Chine élargit son influence dans la région, notamment dans le secteur économique et en tant que partenaire stratégique, sans y avoir de présence militaire formelle et informelle. Pékin entretient des relations solides avec le Maroc, un allié de l’OTAN et de l’UE. La Mauritanie ne renonce pas non plus aux perspectives de la coopération économique avec la Chine. C’est également le cas de l’Algérie.

L’avenir proche ne sera pas radieux pour les pays, à l’exception de ceux qui ont réussi à adopter une position ferme dans la guerre trilatérale qui occupe toutes les pensées de l’Europe, ainsi qu’une autre question stratégique qui inquiète les alliés de l’OTAN. En particulier, ces pays adoptent une approche fiable et convaincante en matière de sécurité. Il s’agit de la lutte contre le terrorisme, c’est-à-dire d’une stratégie pour créer les conditions pour la stabilité et le développement, et des mesures politiques pour défendre la souveraineté pendant la mise en place d’un partenariat international basé sur les intérêts nationaux. La plus grande erreur serait certainement d’opter pour une vision étroite de la situation et renoncer à toute coopération et à la main tendue pour construire une coalition efficace d’Afrique du Nord capable de jouer un rôle dans la mise en place d’un équilibre stratégique mondial.

source : Observateur Continental

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