Secteur minier : L’or bientôt raffiné au Mali

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La nouvelle raffinerie offre plusieurs avantages comme la réduction de la dépendance du secteur minier vis-à-vis de l’extérieur, l’augmentation des contributions du métal jaune au développement de notre pays et un meilleur contrôle de l’état sur le commerce de l’or.

Affichée par le Code minier de 2019, entré en vigueur en 2020, la volonté de valorisation du contenu local se concrétise peu à peu. Une partie de notre or, exportée brut, va être désormais transformée sur place pour ajouter de la valeur. Pour y arriver, le directeur national de la géologie et des mines (DNGM), Cheick Fanta Mady Keita et le directeur général de la société Marena Gold Mali (MGM), Ismaïl Siby ont signé vendredi dernier, une convention de partenariat relative au raffinage de l’or au Mali. Le secrétaire général du ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Soussourou Dembélé, a présidé la cérémonie de signature organisée à cet effet. C’était en présence de plusieurs invités.


La signature de cette convention de partenariat matérialise la volonté de l’État quant à la valorisation du contenu local qui est l’une des innovations majeures du Code minier de 2019, a affirmé le directeur national de la géologie et des mines. Cheick Fanta Mady Keita a ajouté, comme pour étayer ses propos, qu’elle va permettre de fédérer les capacités des deux structures concernées. Objectif : accompagner le processus de développement économique et social à travers la capitalisation de la production aurifère artisanale par le «poinçonnement» (déformation d’un élément de structure -plaque- sous l’effet d’une charge) de l’or.


Ce «poinçonnement» par l’État va, selon les termes de ce pacte scellé pour une période de deux ans renouvelables, se faire sur les produits et objets en or créés par la société MGM. Il prévoit également la formation et le perfectionnement du personnel du laboratoire du Programme pour le développement des ressources minérales (PDRM) dans les domaines du raffinage et de l’analyse des métaux précieux. Outre l’appui au PDRM en équipements, le protocole envisage l’élaboration et la conduite par les deux structures, de projets et programmes d’intérêt commun, l’échange d’expériences entre elles et l’échange de documentation et d’informations.

GRAND PAS- Ce qui fera dire au directeur national de la géologie et des mines que la convention se veut un cadre fédérateur de collaboration publique-privée dans un esprit gagnant-gagnant. En ce sens que l’approche permet, de l’avis de Cheick Fanta Mady Keita, d’accroitre les initiatives et la cohérence des actions pour plus d’efficacité et de résultats.


Exigences nécessaires pour maximiser les retombées de l’or dans l’économie de notre pays : le Mali étant l’un des principaux producteurs du métal jaune sur le continent. La production industrielle de l’or, en 2021, au Mali s’est établie à 63,4 tonnes, contre environ 6 tonnes répertoriées pour la production artisanale. Ce dernier secteur mérite d’être davantage valorisé, a noté le directeur général de la société Marena Gold Mali (MGM). «De nos jours, l’extraction dite artisanale de l’or ou l’orpaillage attire une population rurale jeune dans des zones minières.

Elle permet certes à beaucoup d’entre eux d’avoir une activité lucrative, mais elle comporte également des risques majeurs sur le plan économique, environnemental et sécuritaire», a estimé Ismaïl Siby. Selon lui, cette initiative permettra, sur cinq ans, notamment la création d’un réseau de petits sites miniers à caractère formel et industriel, l’évolution du statut d’artisans ou mains d’œuvres informelles à celui d’employés ou techniciens qualifiés et formels pour au moins 750 personnes, dont les emplois seront directs. Elle verra la création, dans le sillage des emplois directs, d’un peu plus de 2.000 emplois indirects et la production d’un minimum d’une tonne d’or par an.


Notre Code minier est très clair là-dessus : les raffinages d’or doivent en priorité se faire au Mali, a rappelé le secrétaire général du ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau. Mais, a indiqué Soussourou Dembélé, il faudrait que le Mali dispose en conséquence d’une unité de raffinerie à la hauteur. Cette signature «est un grand pas vers cet idéal, visant à faire en sorte que l’or qui est produit au Mali soit raffiné chez nous», a-t-il salué, précisant que ce partenariat répond également à une des recommandations fortes formulées lors des Assises nationales : «créer au Mali une raffinerie afin d’augmenter la valeur ajoutée de l’or pour le pays».


La raffinerie MGM est un projet structurant qui s’inscrit dans la perspective de la valorisation des ressources de notre sous-sol. À ce titre, elle ambitionne de devenir l’une des plus importantes unités de raffinage industrielles du pays et de la sous-région. Disposant d’une unité pour le raffinage des métaux précieux et d’un laboratoire moderne d’analyse des substances minérales, la raffinerie MGM offre à notre pays de nombreux avantages, notamment : la réduction de la dépendance du secteur minier malien vis-à-vis de l’extérieur, les contributions au Trésor public, la création d’emplois pour les jeunes et le meilleur contrôle par l’État de la sortie de l’or du territoire national.

Amadou GUÉGUÉRÉPublié lundi 15 août 2022 à 07:30

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