Problématique de conditionnement et d’accès du vaccin anti-covid-19 en milieu rural : Le Mali dispose d’une chaîne de froid adéquate

Le 5 mars dernier, le Mali recevait 396.000 doses de vaccin anti-COVID-19 du type AstraZeneca. Selon l’OMS, la conservation de ce vaccin exige des températures extrêmement basses entre 2 et 8°c. Dans un pays sahelien comme le Mali où le thermomètre peut grimper jusqu’à 41, 42, 43 voir même 45° par endroit, la conservation et l’accès au précieux sésame sur l’ensemble du territoire national se dressent comme un défi majeur aux autorités sanitaires, quand on sait que la couverture énergétique est faible surtout en milieu rural.

Nous avons rapproché les acteurs en charge de la vaccination contre la maladie à coronavirus pour en savoir plus.

Markatié Daou, chargé de communication au ministère de la santé : « Le Vaccin pour lequel le Mali a opté qui est l’AstraZeneca est assez facile à conserver. Il se conserve à des températures comprises entre +2 et +8°c contrairement à d’autres vaccins qui demandent des températures très négatives jusqu’à -70°c. Si on optait pour ces vaccins, les conditions de conservation allaient nous poser énormément des problèmes. La chaîne de froid que nous avons, nous permet de garder les vaccins AstraZeneca…dans des conditions très optimales y compris le transport au niveau des régions. Nous avons suffisamment de matériel qui permet de prendre le vaccin de la chaîne de froid mère à Bamako jusque dans les structures de santé de l’intérieur du pays. Donc en la matière, il n’y a pas feu en la demeure ».

Selon le Dr Modibo Coulibaly de l’hôpital Somino Dolo de Sevaré, la Direction régionale de la santé de Mopti dispose, avant même l’avènement de la Covid-19, de deux chambres froides prêtes à accueillir le vaccin qui peut être conservé entre 2 et 8°c. « Donc sur ce plan, nous n’avons pas de problème. Si le Mali souscrivait par exemple au vaccin Pfizer qui doit être conservé à -80°c, la conservation allait être problématique ».

A en croire le médecin colonel Lamine Mohamed Diakité, Directeur régional de la protection civile de Menaka, le problème de conservation des vaccins ne se pose plus depuis un certain temps. « Aujourd’hui la plupart des CSCOM en milieu rural dispose de système de réfrigérateur solaire. Ce qui règle le problème du faible taux de couverture en électricité au niveau rural ».

Ces propos rassurant sont corroborés par le magazine Vidal ‘’l’intelligence médicale au service du soin’’ (https://www.vidal.fr/). Selon ce magazine « à la différence des vaccins à ARN messager (ARNm), le vaccin COVID-19 VACCINE ASTRAZENECA se conserve au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C. Il se présente en suspension injectable conditionnée en flacon de 10 doses (boîte de 10 flacons). Une fois la première dose prélevée, la durée de conservation est de 48 heures si le flacon est remis au réfrigérateur, ou 6 heures si le flacon est conservé à température ambiante (jusqu’à 30 °C) ».

Il faut ajouter que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a autorisé le 15 février 2021 deux versions du vaccin d’AstraZeneca/Oxford contre la COVID-19 pour une utilisation d’urgence et a donné son feu vert pour que ces vaccins soient déployés à l’échelle mondiale par l’intermédiaire du Mécanisme COVAX. Ces vaccins sont produits par AstraZeneca-SKBio (République de Corée) et par le Serum Institute of India. Dans le cas des deux vaccins d’AstraZeneca/Oxford, l’OMS a évalué les données sur la qualité, l’innocuité et l’efficacité, les plans de gestion des risques et l’adéquation programmatique, par exemple en ce qui concerne les conditions à respecter en matière de chaîne du froid.

Cet article est publié avec le soutien de JDH-journalistes pour les Droits Humains et Affaires Mondiales Canada.

Daouda T. Konaté

Source: mali24.info

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