Accès des aide-ménagères aux méthodes de contraception : Dr Ben Moulaye Idriss donne son avis !

Dans notre enquête sur la thématique d’accès des aides ménagères aux méthodes de contraception, suite à une formation en Santé et droit sexuel et reproductif (SDSR) initiée par le réseau Journalisme des Droits Humains (JDH) en collaboration avec l’ONG Layidu-mètre, Dr Haïdara Ben Moulaye, Directeur Général de l’Office National de la Santé de la Reproduction qui est la direction générale qui s’occupe désormais de la santé de la reproduction c’est à dire la santé de la mère et l’enfant au Mali s’est prêté à nos questions
1- Depuis quand l’Office existe ?
Depuis le 03 avril 2020, l’Office a été créé. Mais le premier directeur de l’Office a été nommé en novembre 2021.
Notre Direction est la dernière-née des Directions de la santé mère enfant de l’Afrique de l’Ouest.
2 – Quelles sont les grandes missions de l’ONASR ?
L’Office a comme mission de mettre en œuvre la politique de la santé de la reproduction au Mali de la coordination au suivi en passant par les aspects préventifs aux curatifs de la santé de la mère et de l’enfant pour lutter contre la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile au Mali.
En effet à travers ses centres spécialisés: de formation, de recherche et de documentation de bonnes pratiques, de communication et d’audiovisuel , l’ONASR améliorera respectivement la capacité des praticiens de tous les niveaux, la capitalisation des bonnes pratiques, l’orientation des stratégies d’intervention avec l’intégration de la recherche opérationnelle et l’amélioration de la communication sur la santé de la reproduction pour lever toutes les barrières sociaux culturelles
L’Office est chargé de l’amélioration du plateau technique à tous les niveaux de l’aire de santé au CS Réf donc les trois retards seront adressés à travers des interventions innovantes à haut impact.
Aussi la mémoire de la santé de la reproduction de 1960 à nos jours sera reconstituée à travers une bibliothèque physique et numérique au grand souhait des chercheurs et chef de projets et programmes.
La santé de la deuxième décennie de vie de l’enfant est notre priorité pour construire un capital humain sûr et l’ONASR est chargé de coordonner tous les intervenants et les partenaires pour atteindre notre objectif de réduire la mortalité maternelle au moins de 325 à 240 pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030.
3 – Quelles sont vos difficultés et les besoins pour l’atteinte des objectifs ?
Parlant des difficultés, l’ONASR est une nouvelle direction qui vient d’être créée, la première difficulté est la méconnaissance de la direction par les utilisateurs. Pour que les directions puissent être accessibles sur le plan information, et pour appuyer les utilisateurs du service il faut améliorer la communication autour.
Une direction est aussi un maillon du système de santé, il est important aussi à ce niveau qu’une communication particulière différente de l’autre communication pour les utilisateurs pour que dans le système de santé les différentes structures se rendent compte que c’est l’ONASR qui s’occupe effectivement de la thématique santé sexuelle reproductive.
La troisième difficulté c’est que c’est une nouvelle structure qui a besoin de beaucoup de ressources pour pouvoir démarrer ses activités. Sur ce plan aussi les difficultés c’est de faire organiser des tables-rondes, de mobiliser des partenaires…ce sont des difficultés qui peuvent être réglées mais il faut y travailler pour mobiliser assez de ressources d’abord des partenaires mais aussi celles de l’Etat pour qu’effectivement l’ONASR puisse atteindre ses objectifs.
Il y a aussi des difficultés organisationnelles qui sont en cours et c’est des choses assez importantes que nous allons réglées, plus on avance, plus ces difficultés-là peuvent aussi disparaitre. Toutes ces difficultés sont en train d’être résolues.
Nous vous félicitons vous les journalistes qui connaissent l’ONASR parfois mieux que les agents de santé. Pour vous dire que c’est important pour nous.
4 – Parlez-nous de la Loi SR au Mali
Pour ce qui concerne la loi SR au Mali : est une loi assez importante qu’on appelle loi 02044 du 24 juin 2002 relative à la santé de la reproduction au Mali. C’est une loi assez importante qui a révolutionné la santé de la reproduction au Mali et dans toutes ses dispositions que ça soient les soins et les services, les principes et les droits en matière de santé sexuelle et reproductive, que ça soient les dispositions pénales, la contraception, les dispositions transitoires et finales, il y a plusieurs dispositions qu’on peut bouger les lignes en matière de santé sexuelle et reproductive.
5 – Qu’est-ce que l’Etat prévoit de faire ou quelles sont les actions entreprises par l’Etat dans la promotion de la santé sexuelle des aide-ménagères ?
Donc, vous savez que les aides ménagères, c’est la tranche d’âge, adolescent et jeune. C’est ce que nous appelons habituellement la deuxième décennie de vie de l’enfant. Et qui est une décennie assez cruciale donc un défi en termes de prévention et de prise en charge surtout dans le domaine de la Santé sexuelle et reproductive.
L’Etat du Mali a pris des engagements comme l’adaptation des services à la tranche d’âge, la gratuité des services de PF, l’implication des jeunes dans l’élaboration des stratégies et de leur coordination entre autres.
Le département avec ses partenaires ont bouclé l’évaluation des couts sur la gratuité de la PF. Concernant les autres aspects à travers une lettre circulaire du département plusieurs CS Réf et CSCom ont créé des espaces jeunes. Nous sommes à notre deuxième génération de plan quinquennal multisectoriel ado-jeunes qui un document stratégique dont son élaboration a concerné aussi les jeunes pour une meilleure prise en charge de leurs besoins. Les pairs éducateurs et les Jeunes Ambassadeurs SR/PF sont impliqués dans la mise en œuvre des plans au Mali.
Justement à travers ces plans que le gouvernement finance en partie, l’Office mobilise les partenaires pour les gaps de financement qui en général impliquent les ONGs et Associations pour sa mise en œuvre. En effet les ONGs développent des stratégies qui mobilisent les aides ménagères vers les services en matière de santé sexuelle reproductive pour prévenir les IST, les MST, les grossesses à risque et les avortements à risque qui sont incriminés parmi les causes de mortalité.
Donc ces actions ciblent tous les jeunes et les adolescents en matière de santé sexuelle reproductive. Parmi ces jeunes, il y a aussi des jeunes vulnérables comme les handicapés et les aides ménagères.
Mais il s’avère aussi indispensable de vous dire que ces aides ménagères, constitue un groupe cible assez difficile à mobiliser parce que leurs heures de mobilisation sont différents des autres celles des autres à cause de la particularité de leur emploi de 24 h sur 24 h. Donc, elles sont ciblées à travers les ONG et les associations à partir de leurs lieux de regroupement hebdomadaire en général chez leurs logeurs. Mais il reste beaucoup à faire pour adresser les insuffisances constatées dans leur prise en charge.
6 – Si vous avez un appel à l’endroit des aide-ménagères ou à leurs employeurs (euses) ?
L’appel que j’ai c’est effectivement à l’endroit des employeurs des aides ménagères. Pour que les employeurs comprennent que ces aides ménagères doivent être traitées comme leurs enfants parce que c’est des enfants qui arrivent chez eux dans le cadre de l’emploi donc elles ont des droits. En effet toute la responsabilité de la santé de ces aides ménagères incombe à leurs employeurs. Les employeurs doivent faciliter leur accès aux services SR à travers la mobilisation des associations et des ONG. Les employeurs doivent veiller sur la mise à jour de leur carnet de santé, vaccination et autres. Donc, c’est un appel vibrant à l’endroit de ces employeurs pour veiller au respect des droits des aides ménagères. C’est important que ces droits ne soient pas piétinés. Ce n’est pas seulement le salaire mais c’est aussi leur bien-être social, sanitaire, psychologique qui leur incombe.
Ce reportage est publié avec le soutien de JDH et FIT en partenariat avec WILDAF Mali et la Coalition des OSC/PF.
Propos recueillis par Bourama Camara.

Source: Mali24.info

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